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Photographie de la dernière activité

Jacques FRENEHARD nous parle. (portrait dans reportages/figures de proue)


Paris, le 5 décembre 2018

Jacques Frénehard, Président du Comité de l'AIGLE de la SMLH61 bien connu et estimé nous expose le point de vue du METI (Mouvement des Entreprises de Taille Intermediaire) sur l'annulation de l'ISF. Jacques Frénehard est administrateur du Conseil d'Administration de ce Mouvement. Son avis est intéressant car il éclaire les motifs économiques de cette annulation et dissipe des informations rapides et des jugements à l'emporte pièce. L'annulation de cet ISF a du être mal expliquée. Jacques Frénéhard nous fait comprendre qu'hormis une information partielle, le lien entre le combat des gilets jaunes (non casseurs, cf communiqués SMLH et ONACVG en page d'accueil) n'a rien à voir avec cette annulation. Jacques Frénehard est entrepreneur et farouche défenseur de l'emploi dans notre région. Les Gilets jaunes ont voix au chapitre dans les médias. Leur point de vue est recevable (en dehors des casseurs nous le répétons), leurs revendications doivent être prises en compte. Dans une société le symbole est ressenti et concerne l'intuition, la réalité un fait qui s'adresse à la raison. Entre les deux la formation, la vie quotidienne, l'environnement, l'effet d'entraînement et la communication s'interposent


ARGUMENTAIRE

La restauration de l'ISF condamnerait nos entreprises


Contexte :

A peine 11 mois après la suppression de l'ISF, des responsables politiques de tous bords répondent à la crise des Gilets Jaunes en demandant que cet impôt soit réinstauré.
Le Gouvernement et la Majorité ont prévu de faire l'évaluation de l'impact économique et social de sa suppression au printemps prochain. Ce travail va être confié aux parlementaires.


Position du METI :


1/ L'ISF était un drame économique français dont nous payons encore le prix


- En 35 ans, l'ISF a contribué à détruire le tissu industriel français. En 1983, lorsqu'il a été instauré, la France comptait autant d'ETI que l'Allemagne. Elles sont aujourd'hui 2,5 fois moins nombreuses. Ce sont des filières entières – ski, horlogerie, mécanique, machine outils - qui ont disparu ou ont été vendues. Avec les conséquences que l'on connaît en termes de désindustrialisation : 2 millions d'emplois industriels détruits et 27 300 sites fermés entre 2006 et 2015,


- Rien qu'entre 2007 et 2017, la France avait perdu la moitié de ses investisseurs individuels : résultat, les entreprises françaises, à commencer par les plus grandes, sont pour bon nombre passées sous contrôle majoritaire de capitaux étrangers.


2/ En cause, l'assiette anti-économique de l'ISF qui taxait la simple détention des parts d'entreprise.


- C'est mal connu mais l'ISF était payé par les PME et les ETI. Les actionnaires dirigeants pouvaient en être exonérés sous certaines conditions contraignantes. Et les actionnaires non dirigeants qui étaient soumis à l'impôt n'avaient souvent pas dans leurs revenus et dans leur patrimoine les moyens de s'en acquitter. Pour maintenir leur actionnariat de long terme, les entreprises étaient obligées de distribuer des « dividendes pour impôt ». C'était autant qui n'allait pas à l'investissement, à l'innovation, à l'emploi


- L'ISF est à l'origine de bien des ventes de belles entreprises car il poussait les actionnaires redevables à vendre leurs parts ou à exiger la vente totale de l'entreprise. Associé au blocage de la transmission dans les années 90, c'est ce phénomène qui a conduit en 15 ans plus de 1 000 fleurons français à se vendre à des groupes étrangers.


3/ On ne revient pas en 11 mois sur 35 ans d'effets nocifs
- En économie, l'effet immédiat n'existe pas et il faut du temps aux entreprises pour repenser leur stratégie d'investissement et faire les bons choix de développement. Il faut entre dix-huit mois et deux ans pour déclencher un investissement dans l'outil industriel (chaîne de montage, robot, ligne de production, laboratoire, atelier spécialisé, etc )
- Et pourtant de premiers signes sont encourageants, notamment dans la remontée au capital des grandes entreprises françaises d'actionnaires et d'investisseurs français. C'est une première pour le CAC depuis 2011
- A moyen terme, la suppression de l'ISF aura un impact significatif. L'institut économique COE Rexecode estime que, d'ici 5 à 7 ans, la dynamique relancée par cette décision aura généré de 0,9 à 1,3 points de PIB supplémentaires.

Jacques FRENEHARD


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