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Section de l'Orne

Photographie du dernier reportage des figures

L'ASSASSINAT DU BOIS DE COUTERNE

Le 9 juin 1937, Mlle BESNEUX, sur la route de Bagnoles à Couterne voit deux "conduites intérieures " noires à l'arrêt. Elle voit des hommes qui s'agitent autour des véhicules. Qui démarrent en trombe à son approche. En arrivant à l'emplacement où étaient immobilisées ces voitures elle remarque une flaque de sang. Vers 20h le même jour, deux cultivateurs Mrs JOUANNE et COSNEAU, notent que deux voitures passent à vive allure sur la route de Juvigny à la Chapelle Moche, l'un des véhicules est abandonné sur le bas côté. Ils en relèvent le numéro. Le même jour Mr Henri JARRY, serrurier à Couterne, s'arrête sur le bas côté de cette même route deux cadavres tassés l'un contre l'autre, attirent son regard. Un poignard a été abandonné. Le juge Brochard de Domfront est chargé de l'instruction. Il est aidé du commissaire Belin de Paris. Plus de 200 000 personnes vont suivre les funérailles des deux frères Rosselli au cimetière du Père Lachaise à Paris.

Les frères Rosselli

Carlo Rosselli, opposant déterminé de Mussolini, sera interné en 1927 à la prison de l'ile de Lipari il s'en évade en 1929 et se réfugié en France. Carlo a choisi Bagnoles, réputée pour les vertus de ses eaux thermales, pour soigner une blessure au cours d'un combat en Aragon, dans les rangs républicains. « Justice et Liberté » sa maxime et "Non Mollare" (ne pas faiblir), le titre de son mouvement antifasciste le décrivent. Nello Rosselli, historien réputé, son frère cadet, l'a rejoint dans la ville de cure thermale. Il a obtenu son visa de sortie d'Italie en deux jours, à sa grande surprise. Ils sont les deux derniers frères d'une famille qui en comportait trois. Leur frère ainé Aldo est tombé au champ d'honneur lors de la grande guerre.

L'enquête aboutit rapidement

Le juge retrace l'itinéraire des deux victimes le 9 juin 1937. Après avoir déposé Mme Marion Rosselli (épouse de Carlo), qui partait à Paris, à la gare de Bagnoles, les deux frères on été à Alençon faire des emplettes. Puis ils reprennent leur voiture pour retourner à Bagnoles et y trouver leurs assassins. Mlle BESNEUX témoigne malgré les menaces qu'elle reçoit et les frais qu'elle doit régler elle même pour les déplacements à Paris. Mlle BESNEUX va fournir des signalements précis déterminants. Elle apprendra par la suite que les tueurs ont hésité à la supprimer pour éliminer un témoin gênant!!! Une lettre anonyme parvient à la police qui dénonce Jean Bouvyer en train de faire son service militaire en Algérie. Son interrogatoire sera riche en informations. Les policiers bouclent l'enquête et en janvier 1938, le ministre de l'Intérieur peut annoncer que l'on connait les coupables. Sept personnes sont impliquées à des titres divers.

Huguet et Bouvyer sont descendus dans un hôtel de Tessé en face de l'Hôtel Cordier où séjournaient les frères Rosselli. Ils sont chargés de surveiller les faits et gestes des deux frères qui après avoir déposé Marion Rosselli, sont suivis par Bouvyer et Jacques Fauran au volant de leur Oldsmobile et rejoignent les tueurs qui roulent en Peugeot 402. Dans ce deuxième véhicule piloté par René Puireux se trouvent, Fernand Jakubiez, Jean Filliol et Tenaille. Ils vont coller aux futures victimes dans leur périple alençonnais.

Un peu avant l'endroit du crime, la 402 double la Ford des frères Rosselli, puis se met en travers du chemin. La Ford s'arrête, les frères descendent de leur voiture, pensant à un incident technique, d'autant que les tueurs ont ouvert le capot du moteur qui les masque. Les coups de feu claquent. Les deux frères sont blessés. Nello lutte encore mais les deux hommes sont achevés au poignard par Jean Filliol et Jakubiez. Le poignard de Jakubiez est abandonné. Jean Filliol lui utilise une baïonnette, sciée en deux pour la raccourcir et dont l'extrémité a été affutée. On arrête, Bouvyer, Jakubiez, Tenaille détenus à la Santé, Fauran et Puireux à la maison d'arrêt d'Alençon. Filliol est arrêté le 27 juin, interrogé, laissé en liberté. Il fuit en Espagne. La stèle en mémoire des frères Rosselli près du Château de Couterne vient d'être restaurée en présence de M. Ginadomenico MAGLIANO, Ambassadeur d'Italie en France.

Docteur Pierre PETITBON

Philippe Bourdrel "La Cagoule" Albin Michel - octobre 1992

Le N° 159 de "L'Histoire" - octobre 1992

La famiglia Rosselli, una tragedia Italiana" Aldo Rosselli – 1983

http://dormirajamais.org/rosselli/

Jean Filliol, du Perigord à la Cagoule, de la Milice à Oradour, Brigitte et Gilles Delluc.



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