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Section de l'Orne

Photographie du dernier reportage des figures

Françoise PAYSANT- COMTE

Étudiante, 16 ans à peine lorsque sa famille animée d'un patriotisme militant, refuse d'accepter la défaite de 1940. Dès 1941 elle participe aux actions clandestines de son père, Edouard PAYSANT qui assume de grandes responsabilités dans la résistance Normandie-Bretagne avec le réseau « CENTURIES ».

Agent de liaison, de renseignements Françoise COMTE parcourt à vélo des étapes de 40kms pour transporter dans ses sacoches, déposer courriers, fausses cartes d'identité et armes légères. Elle apporte une précieuse contribution à la Résistance. Elle réussit, en relevant sur un croquis, la station de BRUNEVAL au cap d'ENTIFER à contribuer à la destruction de ce centre de surveillance, par des plongeurs Anglais aidés de la résistance de Seine Maritime. Malgré ces dures conditions elle passe son baccalauréat avec succès en juin 1943. « Passeur » d'un groupe d'aviateurs polonais sera la cause de sa perte !! Le 4 juillet une des 105 forteresses volantes qui viennent de bombarder les usines Gnome et Rhône du Mans est abattue et s'écrase à Saint Clair de Bellefonds après avoir largué 6 parachutistes (4 valides et 2 blessés). Edouard Paysant, ,son groupe, sa famille, associés à un médecin, des volontaires et des gendarmes retrouvent, camouflent et soignent les aviateurs. Les 4 valides retrouveront l'Angleterre deux mois plus tard, les blessés en décembre. Le prix du sauvetage sera lourd 14 Français seront déportés, 7 le paieront de leur vie. Edouard PAYSANT a été repéré. Le grand père, la grand-mère de Françoise seront arrêtés le 15 juillet. Le 21 juillet sa mère, elle-même, sa jeune soeur et frère sont arrêtés. Son frère et sa soeur très jeunes sont relâchés et confiés à une tante et un oncle. Le cauchemar commence pour Françoise et sa mère.

Emprisonnées à la caserne Valazé à ALENÇON, elles sont transférées au Palais de Justice de ROUEN. Longuement, durement interrogées à la Tour Jeanne d'Arc, on les transfère ensuite, toujours à ROUEN, à la prison Bonne Nouvelle. Quelqu'un a parlé sous la torture, Françoise est de retour à Alençon au Château des Ducs puis transférée au Mans. Enfin retour à Alençon dans les locaux de la SS rue Anne Marie JAVOUHEY. Rappelons-nous que Françoise n'a que 16 - 17 ans. Terrible périple. Françoise n'a jamais parlé. Ce silence décide de son sort ce sera la déportation : départ le 3 août 1944 pour RAVENSBRUCK (matricule 51345) où le 14 août elle retrouve sa mère. Devenue matricule 1366 elle est envoyée à GARTENFELD (Kommando de SACHSENHAUSEN) pour travailler dans l'Usine SIEMENS KABL WERK. Travail pénible de transports de câbles de cuivre sur chariots. Fine mouche elle retardera la production. GARTENFELD et l'usine SIEMENS détruits par un bombardement les prisonniers rapatriés sur SACHSENHAUSEN sont libérés par les Russes le 25 avril 1945. Échangée contre des prisonniers soviétiques elle rejoint les rangs américains.

Dirigée vers le LUTETIA, à Paris, désinfectée, vêtue, on lui donne son billet de train pour SÉES. Sa mère opérée au REVIER de Sachsenhausen revient un peu plus tard. La maison de Sées dévastée, elle se réfugie chez un oncle à ALENÇON. Elledéclenche une double pleurésie. Elle est soignée à la pénicilline (médicament prescrit à partir de 1943).
Après un an de repos forcé elle repart, précurseur, en « formation » en « alternance » 4 jours à SÉES 3 jours à PARIS à l'Institut de Technique Féminine. Elle obtient son diplôme d'ingénieur. Elle se marie avec Pierre COMTE. Ils auront 4 enfants. Chevalier de la Légion d'Honneur en 1970, Officier en 1983, Commandeur en 2006. Françoise COMTE est décorée de La Croix du Combattant, de la Croix du Combattant Volontaire, de la Médaille de la résistance, de la Croix de Guerre 1939-1945 avec palme (Citation à l'Ordre de la Nation)
. Françoise COMTE aura une vie après la guerre, une famille, une entreprise et une vie tournée vers la collectivité ! Elle anime des débats dans les écoles pour rappeler ces périodes aux jeunes. Belle vie que celle de Françoise COMTE : rescapée des camps, rescapée d'une maladie dont on mourrait avant la Pénicilline. Toujours gaie et souriante malgré cette avalanche de drames. Françoise COMTE a bien mérité le respect, l'estime et l'admiration de tous, toutes générations confondues.

Décédée à 90 ans ses obsèques ont eu lieu à Sées le 25 janvier

Madame Isabelle DAVID, Préfet de l'Orne a prononcé son éloge funèbre au nom de l'Etat et de la Légion d'honneur

Colonel Didier Godey,Joseph Onfray,Sidonie et Gilles Schneider, Pierre Petitbon


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