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Section de l'Orne


ENCLENCHEMENT DE LA FRANCE LIBRE en 1940
16 juin : Formation à Bordeaux du Gouvernement du Maréchal Philippe Pétain
17 juin : Le Général de Gaulle gagne l'Angleterre
18 juin : Premier appel à la BBC
23 juin : L' Armistice est signé



L'APPEL du 18 JUIN 1940
"Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.
Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.
Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.
Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.
Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres


Le DISCOURS du 22 JUIN 1940
Le gouvernement français, après avoir demandé l'armistice, connaît, maintenant, les conditions dictées par l'ennemi.
Il résulte de ces conditions que les forces françaises de terre, de mer et de l'air seraient entièrement démobilisées, que nos armes seraient livrées, que le territoire français serait totalement occupé et que le gouvernement français tomberait sous la dépendance de l'Allemagne et de l'Italie.
On peut donc dire que cet armistice serait non seulement une capitulation mais encore un asservissement.
Or, beaucoup de Français n'acceptent pas la capitulation ni la servitude pour des raisons qui s'appellent l'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la patrie.
Je dis l'honneur, car la France s'est engagée à ne déposer les armes que d'accord avec ses alliés.
Tant que ses alliés continuent la guerre, son gouvernement n'a pas le droit de se rendre à l'ennemi.
Le gouvernement polonais, le gouvernement norvégien, le gouvernement hollandais, le gouvernement belge, le gouvernement luxembourgeois, quoique chassés de leur territoire, ont compris ainsi leur devoir.
Je dis le bon sens, car il est absurde de considérer la lutte comme perdue.
Oui, nous avons subi une grande défaite.
Un système militaire mauvais, les fautes commises dans la conduite des opérations, l'esprit d'abandon du gouvernement pendant ces derniers combats nous ont fait perdre la bataille de France.
Mais il nous reste un vaste empire, une flotte intacte, beaucoup d'or.
Il nous reste des alliés dont les ressources sont immenses, et qui dominent les mers.
Il nous reste les gigantesques possibilités de l'industrie américaine.
Les mêmes conditions de la guerre qui nous ont fait battre par cinq mille avions et six mille chars peuvent nous donner, demain, la victoire par vingt mille chars et vingt mille avions.
Je dis l'intérêt supérieur de la patrie car cette guerre n'est pas une guerre franco-allemande, qu'une bataille puisse décider.
Cette guerre est une guerre mondiale.
Nul ne peut prévoir si les peuples qui sont neutres, aujourd'hui, le resteront demain.
Même les alliés de l'Allemagne resteront-ils toujours ses alliés ?
Si les forces de la liberté triomphent finalement de celles de la servitude, quel serait le destin d'une France qui se serait soumise à l'ennemi ?
L'honneur, le bon sens, l'intérêt supérieur de la patrie commandent à tous les Français libres de continuer le combat là où ils seront et comme ils pourront.
Il est, par conséquent, nécessaire de grouper partout où cela se peut une force française aussi grande que possible.
Tout ce qui peut être réuni en fait d'éléments militaires français et de capacité française de production d'armement doit être organisé partout où il y en a.
Moi, général De Gaulle, j'entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale.
J'invite tous les militaires français des armées de terre, de mer et de l'air, j'invite les ingénieurs et les ouvriers français spécialistes de l'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui pourraient y parvenir, à se réunir à moi. J'invite les chefs, les soldats, les marins, les aviateurs des forces françaises de terre, de mer, de l'air, où qu'ils se trouvent actuellement, à se mettre en rapport avec moi. J'invite tous les Français qui veulent rester libres à m'écouter et à me suivre.
Vive la France libre dans l'honneur et dans l'indépendance !


Cet "Appel" fait écho au discours d'investiture que le Premier Ministre britannique Sir Winston SPENCER - CHURCHILL a prononcé un mois auparavant devant la "Chambre des Communes" House of commons

DISCOURS D'INVESTITURE de PREMIER MINISTRE et du Gouvernement de Sir WINSTON S. CHURCHILL le 13 MAI 1940

« Il faut garder en mémoire que nous nous trouvons à l'aube de l'une des plus grandes batailles de l'Histoire, que nous sommes engagés sur de nombreux théâtres d'opérations, en Norvège, et aux Pays-Bas, que nous devons nous préparer au combat en Méditerranée, que la bataille des airs continue et que nous devons en même temps mener à bien de nombreux préparatifs sur notre propre sol. Dans cette crise, j'espère qu'on ne m'en tiendra pas rigueur si je ne m'adresse que brièvement à la Chambre* aujourd'hui. J'espère que tous mes amis et collègues, ou anciens collègues, qui sont concernés par ces bouleversements politiques ne s'offusqueront pas, en aucune manière, de la manière cavalière sans doute avec laquelle tout cela a été mené. Je veux dire à la Chambre, comme je l'ai dit à chacun de ceux qui ont rejoint ce gouvernement : « Je n'ai à vous offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur ». Nous avons devant nous une feuille de route d'une terrible difficulté. Nous avons devant nous de longs mois de combat et de souffrance. Vous vous demandez : quelle va être notre politique ? Je vous répondrai : mener la guerre, sur la mer, sur terre et dans les airs, avec toute la volonté et toute la force que Dieu voudra nous donner mener la guerre contre une monstrueuse tyrannie, jamais dépassée dans le sinistre et sombre catalogue des crimes humains. Voilà quelle est notre politique. Vous vous demandez quel est notre but ? Je vous répondrai en un seul mot : notre but c'est la victoire, la victoire à tout prix, la victoire en dépit de la terreur, la victoire quelque longue et difficile la route puisse être parce que sans victoire, il n'y aura pas de survie. Gardons cela à l'esprit : pas de survie pour l'Empire britannique, pas de survie pour tout ce que l'Empire britannique a porté et combattu pour, pas de survie pour l'héritage de notre Histoire selon lequel l'humanité progresse pas à pas vers son objectif. Mais je considère ma mission avec sérénité et espoir. Je suis certain que notre cause ne souffrira pas des hommes qui la soutiennent. Je me sens aujourd'hui fondé à réclamer l'aide de tous, en disant : « Venez, avançons ensemble, fort de notre unité ! »


Brève Chronologie des premières semaines après la déroute française, suivie de la débâcle et enfin du sursaut parcimonieux mais immédiat, qui débute avec les 1300 soldats (venus essentiellement du Corps expéditionnaire de Norvège)

JUILLET 1940 :
3 Juillet : Destruction de la flotte française à MERS EL KEBIR
22 Juillet : Premier ralliement à la France Libre : le Condominium Franco Britannique des Nouvelles Hébrides

AOÛT 1940 :
26 Ralliement du Tchad à la France Libre (Fort Lamy, aujourd'hui Ndjamena) par le Gouverneur Félix Eboué
27 ralliement du Cameroun (Yaoundé) grâce à l'action du Commandant Leclerc et de son adjoint le Capitaine Hettier de Boislambert
28 ralliement du Congo (Brazzaville) grâce à une action du Colonel de Larminat
29 Ralliement de l'Oubangui Chari, Bangui, Gouverneur de Saint Mart, (Centre Afrique en partie aujourd'hui)

SEPTEMBRE 1940 :
2 Ralliement de Tahiti
9 Ralliement des cinq établissements français de l'Inde (Chandernagor, Karikal, Mahe, Pondichéry et Yanaon)
24 Ralliement de la Nouvelle Calédonie

Winston Spencer CHURCHILL, si proche du Général de Gaulle culurellement, malgré leurs antagonismes, avait connu, alors qu'il était Premier Lord de l'Amirauté, une cruelle désillusion lors de l'expédition désatreuse (dont il est injustement tenu pour responsable, réhabilité plus tard par une enquête parlementaire) des Dardanelles (Gallipoli), d'avril 1915 à janvier 1916, contre les forces Ottomanes et leurs alliés allemands. Il avait écrit dans "Mes Jeunes Années - My Early Years" en 1930 ! les lignes ci-dessous dignes des incantations ou des analyses des auteurs antiques de Sénéque à Tacite ou d'Homère à Eschyle.

« Il nous faut apprendre notre leçon. Jamais, jamais, jamais on ne doit croire que la guerre sera simple et facile, ou que quiconque entreprend ce singulier voyage est capable de prévoir les marées et les ouragans auxquels il devra faire face. L'homme d'État qui cède à la fièvre de guerre doit prendre conscience du fait qu'une fois le signal donné, il n'est plus maître de la politique, mais l'esclave d'évènements imprévisibles et incontrôlables. Des ministres de la guerre surannés (War Office), des commandants en chef faibles, arrogants ou incompétents, des alliés peu fiables, des neutres hostiles, un destin malveillant, de mauvaises surprises, d'effroyables erreurs de calcul – tous prennent leur place à la direction suprême au lendemain, de la déclaration de guerre. Si sûr que vous soyez de pouvoir l'emporter facilement souvenez vous qu'il n'y aurait pas de guerre si l'adversaire ne pensait pas, lui aussi, avoir une chance de l'emporter ». Winston CHURCHILL, "Mes jeunes années", 1930
Photos des Armes de Winston Spencer Chrurchill, du fac simile de l'Appel du 18 juin, ainsi qu' emblêmes et symboles de la France Libre


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