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Section de l'Orne

Madame Chantal CASTELNOT, Chevalier de la Légion d'honneur, récente Préfète de l'Orne a commémoré, à Alençon, en tant que Préfète son premier 11 novembre. Ce baptême de commémoration d'une guerre tragique et devenue pédagogique a été très émouvant. Nous la remercions pour sa simplicité bien digne. Madame CASTELNOT a écouté attentivement, avec nous, des Lettres de soldats exhumées des archives et bouleversantes de sobre rédaction. Ces témoignages étaient énoncés de façon très distincte par des élèves des Collèges en mélange harmonieux et appuyé de la diversité. Le texte de la lettre de Mme Geneviève DARRIEUSECQ, secrétaire d'État auprès du Ministre des Armées, lue par Mme la Préfète, rappelait les ravages de cette guerre sur la démographie française, tant d'hommes jeunes disparus dans nos campagnes. Les monuments aux morts de nos villages illustrent avec une force de tristesse indicible les noms gravés de ces jeunes disparus dans ce terrible maelström destructeur.


A la cérémonie, les membres de la SMLH61 étaient présents le Colonel (er) Alain MARTIN, Président du Comité d'Alençon, Madame Danielle MAZELINE, le Colonel Pierre BAILLARGEAT, Chef du Corps de Gendarmerie de l'Orne notamment et évidemment Madame la Préfète et le Président de la SMLH61. Tous recueillis en mémoire de ces hommes de l'Orne et de France ayant donné leur vie pour que les assistants à cette cérémonie sans entraves, sans préjugés, puissent entonner la Marseillais en toute liberté


La Grande Guerre est une guerre classique où l'homme, le fantassin, était encore la force vive des armées. Il était soudain exposé au monde moderne du feu, de la fonte, de l'acier, des éclats, des schrapnells, des gaz toxiques. Le monde antique réactualisé passant de l'arbalète au Lebel (remplaçant du Chassepot qui avait fait merveille), de l'arc à la mitrailleuse Hotchkiss et de la baliste à la Grosse Bertha (les obus pouvaient franchir 120 kms!!). Tout cet armement automatique et lourd utilisé à profusion a provoqué les ravages que nous connaissons. Les monceaux de morts terrés dans les tranchées écrasés sous les obus (plus gros, dévastateurs et projetés de plus en plus loin) et lors des assauts fauchés par les mitrailleuses (arme relativement nouvelle, à répétition depuis la Maxim en 1885, à cette échelle elle devient répandue lors de cette guerre) évoquaient les montagnes de corps qu'avaient laissés les Huns d'Attila et les Mongols de Gengis Khan.


L'aviation militaire nait en force en cette première guerre mondiale et Madame Monique GALLAIS, Institutrice de Flers puis de Bellême, en retraite, dans son ouvrage documenté (dix ans de recherches) suscité par le Souvenir Français et son délégué départemental, le Lieutenant-Colonel Y. DUPREZ, rappelait que nombre d'Ornais ont été aviateurs (56) dont beaucoup décorés de la Légion d'honneur (20 Chevaliers, 3 officiers, 1 commandeur, 1 grand Officier : Le Général Georges AUBE, Polytechnicien). Nous reviendrons plus longuement sur cet ouvrage. M. Alain LAMBERT, ancien ministre, ancien Président du Conseil Général, accueillait l'assemblée nombreuse, pour célébrer ce livre de Monique GALLAIS, au sein de cette assistance les descendants des pilotes, mitrailleurs, observateurs et personnels de maintenance de l'Orne.


La Secrétaire d'État auprès de la Ministre des Armées, Madame Geneviève DARRIEUSECQ, rappelait dans le texte prononcé par Mme la Préfète, que 1917 est une année charnière. La Russie malgré des troupes initialement très mobiles et offensives résistent en 1917 aux allemands. Mais le complexe militaro industriel russe est désorganisé et faible. Il faut 30 000 obus par jour, les troupes disposent de 30000 obus par mois. Les Allemands ont voulu la guerre contre la Russie. Ils ont toujours voulu contrer cette hégémonie qu'ils redoutaient. Il s'agissait bien d'une guerre préventive. Le front a été enfoncé en 1915 après la bataille de TANNENBERG et a permis aux Allemands et Autrichiens de FALKENHAYN commandant en Chef des Troupes impériales et aux Généraux HINDENBOURG et LUDENDORFF, commandants en chef sur le front de l'Est de s'enfoncer en Pologne russe et de saigner à mort l'Empire russe. La révolution en octobre 1917 emporte le Tsar NICOLAS II et sa famille qui sont faits prisonniers (exécutés en juillet 1918). Cette victoire de HINDENBOURG et LUDENDORFF, sur les Russes, leur confèrera ultérieurement un prestige immense. Leur soutien lors de la montée du Chancelier HITLER en 1933, s'appuiera malheureusement sur cette légitimité victorieuse. Le Führer, on le sait, retrouvera ce désir malsain de s'étendre à l'Est. On connait la suite.


Le front de l'Est ne pose plus de problèmes aux Allemands qui transfèrent leurs divisions vers l'Ouest contre le front anglo-français. Les bolcheviks de LENINE et TROTSKY après un armistice en décembre 1917 signeront plus tard la paix de BREST LITOVSK en février 1918. Cet afflux, de troupes allemandes transférées, revenu du front de l'Est va-t-il suffira à vaincre le front de l'Ouest ? Non car les États-Unis bouleversés par le torpillage du Lusitania (en 1915) mettront en un an et demi pour se ranger aux côtés de la Triple entente et la déclaration de guerre sera votée en avril 1917. Les États Unis seront 2 millions sur le front à la fin de la guerre en 1918.


1917 l'année de PASCHENDAELE et du CHEMIN des DAMES.

PASCHENDAELE près d'YPRES verra en 4 offensives de Juillet à Novembre un nombre terrible de morts chez les Canadiens, Britanniques et Néozélandais qui supportent essentiellement, aidés par les Français, cette action de soulagement de l'armée française. Près de 300 000 morts (les chiffres demeurent encore à ce jour évalués) de chaque côté allemands et alliés. Chez les Néo Zéandais la mort de Dave GALLAGHER (capitaine de l'équipe de rugby lors de la première tournée en France de 1905 - 1906) symbole du rugby fondateur de l'esprit de la nation Néo Zélandaise demeure un souvenir très fort. Il est volontaire à 40 ans pour combattre en France. Il meurt à 44 ans. Son nom est toujours celui du Trophée du Match annuel de rugby franco néo-zélandais attribué au vainqueur évidemment.

Le CHEMIN des DAMES nom charmant certes, dans l'AISNE, qui verra la mort de 180 000 soldats français. Après la Victoire de VERDUN et de la SOMME comment poursuivre l'offesive victorieuse. NIVELLE joue sur artillerie et les chars. Ceux-ci accompagnent les fantassins et contrairement à leur concepteur, le Général Jean ESTIENNE, Polytechnicien, le Père des chars, ne sont pas regroupés. NIVELLE se heurte au commandement de LUDENDORFF. Le CHEMIN des DAMES ou "OFFENSIVE NIVELLE" comportera des résultats militaires peu probants. NIVELLE sera remplacé par le Général PETAIN qui utilisera en fin d'offensive, artillerie, chars et troupes de façon coordonnée pour obtenir une victoire au saillant de la MALMAISON. L'offensive du CHEMIN des DAMES conduit les troupes aux premières mutineries et assure la prise de commandement de PETAIN des armées françaises en remplacement de NIVELLE. Le Généralissime des troupes alliées est FOCH. PETAIN quoique homme toujours pessimiste et "marmoréen" conduira les troupes vers la victoire et réprimera les mutineries avec une parcimonie reconnue. La Chanson de CRAONNE, le chant de la contestation des mutins provient du nom d'une colline du CHEMIN des DAMES.

1917 l'ANNEE de GEORGES CLEMENCEAU, le PERE LA VICTOIRE" (cf article dans reportages/actualités) Raymond POINCARE (Polytecnicien, froid et rigoureux) appelle à la Présidence du Conseil le 16 novembre 1917 le Médecin, fougeux, duelliste, homme politique, journaliste et le briseur de grève de 1908 (2 morts). Le vote est massif à l'exclusion de 68 députés socialistes et d'une quarantaine d'abstentions (socialistes pour la plupart). Cet homme de 74 ans, diabétique "a peur du pouvoir", Georges CLEMENCEAU dit POINCARE est " engraissé, sa surdité s'est accriue mais son intelligence est intacte". Georges CLEMENCEAU a connu le second Empire, la Commune, il a défendu DREYFUS, il est l'ami de MONET et fait installer à l'Orangerie ses NYMPHEAS. Il avait été dans sa carrière politique l'opposant à Jules FERRY et au colonialisme. Lorsqu'il est élu le 16 novembre 2017 sa profession de foi est simple "La Victoire". Il va résister au défaitisme qui a envahi la France tant au niveau des troupes (les mutineries) que le moral qui flanche à l'Arrière (les grèves).

Il va donner le commandement en chef des Armées françaises au Général Philippe PETAIN malgré ce pessimisme qu'il lui connait. Il fait confirmer par les Anglais, Ferdinand FOCH comme Généralissime des Armées Alliées en le soutenant constamment C'est lui qui avait dit en boutade, lâchant le Général BOULANGER en 1887 que la "Guerre est une chose trop grave pour être confiée aux militaires". Son autorité sur la conduite de la guerre redonnera du lustre au commandement militaire en symbiose avec la conduite coordonnée des actions. "Je fais la guerre" a-t-il affirmé naturellement. De superbes biographies à lire la plus remarquable et complète celle de Jean Baptiste DUROSELLE (Fayard, 1988), celle de Michel WINOCK Perrin en 2007 et celle récente de Jean Jacques BECKER Armand Colin (2012).


Madame Chantal CASTELNOT, Préfète de l'Orne déposera une gerbe aux Monuments aux morts après celles du Maire d'Alençon M. Emmanuel DARCISSAC, de Madame Christine ROIMIER, Vice Présidente du Conseil déprtemental, représentant M. Christophe de Balorre, Président du Conseil départemental, de M. Bertrand DENIAUD, Vice Président du Conseil Régional de Normandie représentant M. Hervé MORIN, de M. Sébastien LEROUX, nouveau sénateur, de M. Joaquim PUEYO, député. Chacune de ces autorités étaient donc accompagnée d'un jeune collégien. Puis Madame Chantal CASTELNOT, Préfète de l'Orne déposait, accompagné par les parents de Julien, une gerbe sous la plaque du Sergent Chef Julien BARBE, mort au Mali, en avril 2017, promu chevalier de la Légion d'honneur et sergent-chef à titre posthume.


Le Lieutenant-Colonel Jérôme THIEULART (DMD), à son habitude réglait la cérémonie au cordeau. La sonnerie du cessez-feu est comme la sonnerie aux morts, authentiquement poignante, elle est répétée règlementairement trois fois. Le trompette Pierre SELLIER sonna, le premier, cette sonnerie le 7 novembre du côté français pour ouvrir la voie aux plénipotentiaires allemands qui se présentent, drapeau blanc en tête, (pour marquer non la reddition, comme on le croit communément, mais la volonté de parlementer). Les allemands seront guidés vers Compiègne. Le 11 novembre, tous les trompettes du front, sonneront cette mélodie qui a du rendre tous les soldats du front, fous de joie et d'émotion. On sait que quelques soldats (trop nombreux) enfouis dans leurs tranchées loin des sonneurs ont ignoré cet armistice et sont morts de part et d'autre sous les derniers coups de feu, rafales et obus.

Madame Chantal CASTELNOT,devant le peloton et les drapeaux qui présentaient les armes et la musique qui ouvrait le ban remettait trois Médailles à des porte-drapeau et deux Médailles de la Valeur Militaire à des combattants valeureux. Madame la Préfète achevait cette cérémonie, commencée, au square du poilu, par une revue des porte-drapeau en tête desquels le nouveau drapeau de la SMLH61 fièrement présenté par M. Jean CHANTEPIE, flottait pour son premier 11 novembre. Merci encore à tous ceux qui ont contribué à cette dépense imprévue et importante. On retrouvait Madame la Préfète bien évidemment au Conseil départemental pour rendre hommage à Madame Monique GALLAIS et surtout rencontrer les descendants des pilotes ornais et les ornais en général. Cet ouvrage minutieux retrouve l'intuition du Général Jean ESTIENNE "père des chars" nous l'avons vu plus haut mais aussi de l'aviation militaire d'observation et de chasse!!
SMLH61

Les Photos : Madame Chantal CASTELNOT, lors de sa prise de fonction (photo internet), Les jeunes qui accompagnent les autorités pour les dépôts de gerbes, Les autorités : Le Lt Colonel Jérôme THIEULART, DMD de l'Orne, M. VALLIQUET Président des AC de l'Orne, M. DARCISSAC Maire d'Alençon, M. Bertrand Deniaud VP du Conseil Régional, Mme La Préfète, M. Sébastien LEROUX, Sénateur, Madame ROIMIER VP du Conseil départemental, Le Colonel Pierre BAILLARGEAT, Mme La Préfète déposant une gerbe devant la plaque du Sergent Chef Julien BARBE entourée des parents de celui-ci, Madame CASTELNOT revenant de son dépôt de gerbe au Monument aux Morts accompagnée de la jeune collégienne.= Photos SMLH61


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