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Section de l'Orne

Le concours national de la Résistance et de la Déportation est créé en 1961 par Lucien Paye, normalien, promotion 1927. Il est ministre de l'Éducation Nationale du Gouvernement de Michel Debré, Premier Ministre, sous la présidence du Général de Gaulle. Le concours est destiné aux élèves de 3ème des Lycées et Collèges privés ou publics. Cette initiative, qui lui revient, est aussi suggérée par les associations de résistants, déportés et d'anciens combattants : Confédération nationale des Combattants volontaires de la Résistance (CNCVR), et la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP) et enfin le « Réseau du souvenir » du Révérend Père Riquet.

Le but est de retracer les parcours de la résistance, les héros fusillés, déportés, abattus, torturés et disparus sans laisser de trace ou enfin déportés morts en déportation ou revenus en état de détresse physique et morale. Le lien entre les générations doit être maintenu. Les élèves sont au contact des résistants ou de leurs descendants. Un bref rappel des destins est retracé devant des élèves et leurs parents attentifs et recueillis. Les noms de rue donnés à ces héros de la résistance deviennent une existence et un visage. L'ordonateur de la cérémonie (Le Lieutenant-Colonel Duprez, délégué général du Souvenir Français, qui a réalisé un sans faute) avec les archives départementales et l'Éducation Nationale permettent une projection qui redonnent vie à des noms en les reliant à des visages.


Une introduction par le Lieutenant-colonel Duprez situe la remise des Prix. Mme la Préfète, Mme Chantal CASTELNOT est présente, le Maire de la Ville, Mme Françoise MONCADA, Inspectrice d'Académie, Directrice académique des services de l'Éducation Nationale de l'Orne, expliquent à l'assistance la signification profonde de cette manifestation. Le Maire d'Alençon, l'assistante parlementaire de M. le député Pueyo, la conseillère départementale, représentant le Président du Département M. Christophe de Balorre, le Lieutenant-colonel Jérôme Thieulart, DMD de l'Orne, de Mme OZOUF Directrice de l'ONACVG, représentent les autorités institutionnelles. Le Président de la SMLH61 complètent aux côtés de M. Collado, conseiller départemental, pour la ville de La Ferté Macé, de M. Soul, maire, pour Domfront, de M. Hurel pour Flers, de Mme Colin soeur de Mme Françoise COMTE (Figure de Proue sur www.smlh61.fr) les personnalités qui remettent les prix. On retrouvait aussi le fils de M. Demeulles, le fils du Général Lévesque dernier chef de réseau de l'Orne décédé en 2018 (cf figures de proue) ceux-ci-vont remettre les nombreux prix.


« Le chant des partisans » composé à partir d'un air Russe, par Anna MARLY (paroles de Joseph KESSEL et Maurice DRUON) ouvre la séance. Le Prix du Général de Gaulle, le premier prix, est remis par Mme la Préfète, Mme Chantal CASTELNOT, à Gabriel FOUCHER-LEFEVRE, du collège Jean Racine d'Alençon, le Prix de l'Assemblée Nationale est remis à Louise BOUCHARD du Lycée Auguste Chevalier de Domfront, le Prix des dossiers collectifs « Collèges » Prix du Sénat à Léonie BOSCHER et Lou PERROTTI, celui du Conseil Régional, pour des dossiers collectifs « Lycées » à Coraline FADY et Gwenaelle HIBOU du Lycée Jeanne d'Arc d'Argentan.


Les Prix du Conseil départemental, de l'Éducation Nationale, du DMD, de l'ONACVG, et des Villes de Flers, L'Aigle, Alençon étaient remis par les autorités respectives. Le Dr Pierre PETITBON récompensait du Prix de la Légion d'honneur, Ibrahim WALLY, un grand gaillard du Lycée Louise Michel d'Alençon. Le Président de la SMLH61, à cette occasion, retrouvait (cf photo) le Principal du collège, M. Sébastien ROBERT et M. Christophe BAYARD, Professeur d'histoire et Vice Président de la Fondation de la France Libre. Wafa RAMDANE du même collège qui avait porté le drapeau de la SMLH à Lassay (cf www.smlh61.fr reportages/actualités) recevait elle aussi un Prix, celui d'Henri Laforêt. De nombreux prix suivaient individuels ou de classes. On retrouvait le Prix des Médaillés militaires, de l'ONM, des Palmes académiques, le « Bleuet de France » et les Prix des Associations de déportés, résistants, anciens combattants, des Pupilles de la Nation.


Des figures marquantes de la résistance ornais étaient reconnues par un Prix spécial dédié : M. PAYSANT (exécuté par la Gestapo dont le corps ne fut jamais retrouvé, père de Françoise COMTE), M. Henri LAFORET, Mme Françoise COMTE, M. Simon IGEL, Pierre BILLAUX, le Général Jérôme LEVESQUE (ces 4 derniers ont un portrait dans Figures de Proue ou souvenirs de www.smlh61.fr).
La cérémonie s'achevait par le « Chant des Marais ». La « Marseillaise » clôturait le Concours National de la Résistance et de la Déportation.
Photos SMLH61 Le Collège Louis Michel d'Alençon avec M. Sébastien ROBERT, Principal, M. BAYARD, Professeur d'Histoire, le DMD le Lieutenant Colonel Jérôme THIEULART, le Président de la SMLH61 encadré par Ibrahim WALLY et Wafda RAMDANE et d'autres élèves avec leurs prix sur les bras. M. Sébastien Robert et son adjoint (photo Ouest France), Wafa Ramdane porte le drapeau de laSMLH61 à Lassay.

l'Histoire du Chant des Partisans" se déroule à Londres courant 1943 (achèvement le 30 mai 1943). "Les Français parlent aux Français" su rla BBC cherche un thème musical. Anna Marly, artiste russe et Française, qui chante à Londres au "Petit club français" arrange un chant russe traditionnel à la guitare. Les paroles de Joseph Kessel (qui anime l'émission "Honneur et Patrie") et de son neveu Maurice Druon sont transcrites ci-dessous. La chanson finie aura été longuement débattue pour le texte et la musique toute une après midi au "Club français de Saint James" dans la banlieue de Londres. La fin de la gestation se déoule dans un hôtel de la banlieude Londres ce fameux 30 mai.Kessel dira à son neveu ce jour"Tu vois c'est peut être de nous deux tout ce qui restera". Le thème est sifflé par des professionnels. Trop bien on les remplace par des amateurs. Ce thème sifflé servira d'aillleurs de ralliement dans les bois et les fourrés pour les résistants de l'intérieur. Ce chant aura un succès immédiat et ne peut être ou mal censuré par les techniques nazies. Au début seules les premières notes passent avant l'émission. Le vol noir ce sont les stukas, les corbeaux la Wehrmacht qui pillent les ressources des usines "ouvriers" ou des champs "paysans" ou même "les mineurs qui montent de la mine". Les moyens modestes de lutte des résistants sont évoqués dans la liste des armes "les fusils, la mitraille, les grenades, à la balle ou au couteau" ou bien l'invitation au sabotage qui désarçonne l'ennemi "dynamite". La "misère" des privations "la faim qui nous pousse", qui attise la "haine" et unit le pays dans sa lutte pour "la liberté qui écoute".

Emmanuel d'Astier de la Vigerie, fondateur du Mouvement Libération à bord d'un Hudson atterira avec les paroles qui seront vite diffusées clandestinement par "Cahiers clandestins " de Louis Martin Chauffier. Le texte sera ensuite largement parachuté par les aviateurs anglais.


Les PAROLES du CHANT des PARTISANS Anna Marly, Maurice Druon, Joseph Kessel

Ami, entends-tu
le vol noir des corbeaux
sur nos plaines?
Ami, entends-tu
les cris sourds du pays
qu'on enchaîne?
Ohé partisans,
ouvriers et paysans,
c'est l'alarme!
Ce soir l'ennemi
connaîtra le prix
du sang et des larmes.

Montez de la mine,
descendez des collines,
camarades,
Sortez de la paille
les fusils, la mitraille,
les grenades
Ohé! les tueurs,
à la balle et au couteau
tuez vite!
Ohé saboteur,
attention à ton fardeau,
dynamite!

C'est nous qui brisons
les barreaux des prisons,
pour nos frères,
La haine à nos trousses,
et la faim qui nous pousse,
la misère.
Il y a des pays
où les gens au creux des lits
font des rêves,
Ici, nous vois-tu,
nous on marche et nous on tue,
nous on crève...

Ici chacun sait
ce qu'il veut, ce qu'il fait,
quand il passe
Ami, si tu tombes,
un ami sort de l'ombre
à ta place.
Demain du sang noir
séchera au grand soleil,
sur les routes,
Chantez, compagnons,
dans la nuit la liberté nous écoute.

Ami, entends-tu
les cris sourds du pays qu'on
enchaîne?
Ami, entends-tu
le vol noir des corbeaux sur nos
plaines?



Le Chant des Marais ou chant des déportés devenu l'hymne européen des déportés a une histoire complexe. Il nait en 1933 dans le camp de concentration de Bögermoor en Basse Saxe. Dans ce camp sont regroupés des juifs (on pouvait être juif et communiste d'ailleurs) et des opposants au régime de Hitler. Essentiellement à cette époque ceux que cite le pasteur Niemöller, emprisonnés après les Lois scélérates du lendemain de l'incendie du Reichstag (27/28 février 1933). La composition du chant se veut collégiale mais on cite plus particulièrement, parmi les auteurs, un mineur Johann Eisser et l'acteur Wolgang Langhoff auquel se joint le compositeur Rudi Goguel (un visiteur commercial). Le protocole de travail du camp sous la coupe de la SA puis des SS impliquait de faire chanter les prisonniers lorsqu'ils se rendaient au travail (Lied macht frei?). Le « Börgemoor Lied » fut repris en choeur par près de 1000 prisonniers accompagnés des SA quelques jours après sa création le 27 août 1933 lors d'un évènement appelé le «Zirkus Konzentrani ». Le titre du chant se réfère à l'extraction servile de la tourbe par les déportés dans les marais qui environnent le camp.



Certains prisonniers politiques libérés et exilés firent connaitre ce chant en Angleterre puis dans les combats en Espagne et après la déclaration de la Guerre dans tous les camps de concentration. La version initiale a été révisée par Hanns Eisler collaborateur musical de Bertholt Brecht (auteur de nombreuses pièces de Théâtre : Maître Puntila et son valet Matti, l'Opéra de Quat'sous, Arturo Ui entre autres). Les paroles de ce chant sont traduites dans toutes les langues européennes et en hébreu. Ce morceau est repris dans les armes parachutistes et de la Légion Étrangère de nos jours. On retrouve sur U-tube le chant des Marais par la Chorale de la Garde républicaine lors du transfert au Panthéon des cendres du Couple de M.Antoine et Mme Simone Veil.



Les PAROLES du CHANT des MARAIS,

Loin vers l'infini s'étendent
De grands prés marécageux
Et là-bas nul oiseau ne chante
Sur les arbres secs et creux
Refrain
Ô terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher, piocher.
II
Dans ce camp morne et sauvage
Entouré de murs de fer
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d'un grand désert.
III
Bruit des pas et bruit des armes
Sentinelles jours et nuits
Et du sang, et des cris, des larmes
La mort pour celui qui fuit.
IV
Mais un jour dans notre vie
Le printemps refleurira.
Liberté, liberté chérie
Je dirai : « Tu es à moi. »
Dernier refrain
Ô terre enfin libre
Où nous pourrons revivre,
Aimer, aimer.


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