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Section de l'Orne

Le TEXTE de l'APPEL du 18 juin


Le Président Emmanuel Macron a remis la Légion d'honneur à la Ville de Londres pour les 80 ans de l'appel du 18 juin. Les Insignes ont été remis au Prince Charles, héritier du Trône, la Reine âgée de 94 ans est confinée à Windsor. Ce privilège n'est pas revenu au maire de Londres M. Sadik Khan. L'Appel était un texte rassembleur à l'époque et aujourd'hui plus que jamais. Nul n'a le droit d'exclure ceux que la République n'a pas légalement placé hors la loi. Il faut comprendre et admirer le génie visionnaire et historique de l'allocution du Général de Gaulle dans ce désastre qui semblait inenvisageable quelques mois auparavant. A l'époque le Président de la République était un major de Polytechnique, le Général commandant en chef des amées françaises, un major de Saint Cyr. Rien n'est plus illusoire que de réécrire l'histoire à l'aune anachronique, rien n'est plus utopique que de croire en la magie des peaux d'ânes.



Le Texte de l'APPEL (qui n'a pas été enregistré) dure 2mn30 TOUT EST DIT celui du 19 sera disponible pour la postérité sur bande.


« Les Chefs qui, depuis de nombreuses années sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.
Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.
Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique terrestre et aérienne de l'ennemi.
Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limite l'immense industrie des États-Unis.

Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n'empêchent pas qu'il y a dans l'univers tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français, qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.

Demain comme aujourd'hui, je parlerai à la radio de Londres. »




Le TEXTE DE Madame Geneviève DARRIEUSECQ
, secrétaire d'Etat auprès de MME Françoise PARLY, Ministre des Armées,est consultable en fin d'articleIl est consubstantiel à l'évocation de l'Appel du Général de GAULLE pour que ce texte demeure gravé avec sa signification extraordinaire de l'homme seul face à un évènement catastrophique que sa volonté domine et sa clairvoyance illumine.


Le texte de l'Appel du 18 juin est conditionné par l'accueil des Anglais Les dirigeants anglais, Churchill en tête affrontent une situation totalement nouvelle, ils demandent de petites modifications (sur l'honneur du gouvernement du Maréchal Pétain afin de le ménager) et veulent attendre la signature effective de l'armistice. Le Général de Gaulle doit attendre le 18 juin pour être certain que le Gouvernement nommé par Albert Lebrun n'a pas changé d'avis.

De Gaulle écrit le texte - en fumant cigarette sur cigarette - et demande à Elisabeth de Miribel de le taper (elle est peu experte en machine à écrire. Elle sera sa secrétaire et celle des FFL tout au long de son séjour anglais (jusqu'en 1942 après elle aura des missions au Quebec, puis de journaliste). Elisabeth de Miribel qui souhaite être Correspondante de Guerre désire accompagner le Général LECLERC (qui lui n'est pés très enthousiasmé de s'embarrasser de journalistes et encore moins de femmes). Elle l'avait connu en Italie lors de la montée du Général de MONTSABERT . Beau Joueur Leclerc lui dira que si elle parvient à savoir où il se trouve et à le rejoindre, il la gardera. Elle le retrouvera dans les jardins de la Préfecture d'ALENCON

Le Général de Gaulle est accompagné de son aide de camp Geoffroy CHODRON de COURCEL dont le cursus est éloquent (un doctorat en droit, une licence en lettres ainsi qu'un diplôme de l'École libre des sciences politiques, ancêtre de l'IEP de Paris) et surtout qui parle anglais !! (il est de la descendance directe du Grand savant de Bonaparte Gaspard MONGE). Geoffroy de Courcel a conseillé aux Général de s'adjoindre Elisabeth de Miribel. Geoffroy de Courcel aura été le premier Français libre à rejoindre la Général de Gaulle. Il aura une très belle carrière de diplomate (qu'il avait entamé avant la guerre). Il terminera comme Ambassadeur de France à Londres 10 ans (1962 - 1972).


Un deuxième discours le 22 juin. Celui-ci semble à la fois plus explicite et plus assuré et tout autant prophétique : le bon sens, qui doit sous tendre l'analyse de la situation, tout autant basé sur les valeurs éternelles de la France « l'Honneur » et le dépassement de la situation vécue l'intérêt supérieur de la Patrie


Le gouvernement français, après avoir demandé l'armistice, connaît maintenant les conditions dictées par l'ennemi.
Il résulte de ces conditions que les forces françaises de terre, de mer et de l'air seraient entièrement démobilisées, que nos armes seraient livrées, que le territoire français serait occupé et que le Gouvernement français tomberait sous la dépendance de l'Allemagne et de l'Italie.On peut donc dire que cet armistice serait, non seulement une capitulation, mais encore un asservissement.

Or, beaucoup de Français n'acceptent pas la capitulation ni la servitude, pour des raisons qui s'appellent l'honneur, le bons sens, l'intérêt supérieur de la Patrie.

Je dis l'honneur ! Car la France s'est engagée à ne déposer les armes que d'accord avec les Alliés. Tant que ses Alliés continuent la guerre, son gouvernement n'a pas le droit de se rendre à l'ennemi. Le Gouvernement polonais, le Gouvernement norvégien, le Gouvernement belge, le Gouvernement hollandais, le Gouvernement luxembourgeois, quoique chassés de leur territoire, ont compris ainsi leur devoir.

Je dis le bon sens ! Car il est absurde de considérer la lutte comme perdue. Oui, nous avons subi une grande défaite. Un système militaire mauvais, les fautes commises dans la conduite des opérations, l'esprit d'abandon du Gouvernement pendant ces derniers combats, nous ont fait perdre la bataille de France. Mais il nous reste un vaste Empire, une flotte intacte, beaucoup d'or. Il nous reste des alliés, dont les ressources sont immenses et qui dominent les mers. Il nous reste les gigantesques possibilités de l'industrie américaine. Les mêmes conditions de la guerre qui nous ont fait battre par 5 000 avions et 6 000 chars peuvent donner, demain, la victoire par 20 000 chars et 20 000 avions.

Je dis l'intérêt supérieur de la Patrie ! Car cette guerre n'est pas une guerre franco-allemande qu'une bataille puisse décider. Cette guerre est une guerre mondiale. Nul ne peut prévoir si les peuples qui sont neutres aujourd'hui le resteront demain, ni si les alliés de l'Allemagne resteront toujours ses alliés. Si les forces de la liberté triomphaient finalement de celles de la servitude, quel serait le destin d'une France qui se serait soumise à l'ennemi ?

L'honneur, le bon sens, l'intérêt de la Patrie, commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront.
Il est, par conséquent, nécessaire de grouper partout où cela se peut une force française aussi grande que possible. Tout ce qui peut être réuni, en fait d'éléments militaires français et de capacités françaises de production d'armement, doit être organisé partout où il y en a.

Moi, Général de Gaulle, j'entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale. J'invite tous les militaires français des armées de terre, de mer et de l'air, j'invite les ingénieurs et les ouvriers français spécialistes de l'armemen qui se trouvent en territoire britannique ou qui pourraient y parvenir, à se réunir a moi.

J'invite les chefs et les soldats, les marins, les aviateurs des forces françaises de terre, de mer, de l'air, où qu'ils se trouvent actuellement, à se mettre en rapport avec moi.

J'invite tous les Français qui veulent rester libres à m'écouter et à me suivre.

Vive la France libre dans l'honneur et dans l'indépendance !

A Alençon justement là où jadis Elisabeth de Miribel avait retrouvé le 13 août 1944, le Général Leclerc et avait pu être la correspondante de guerre décrivant la libération de Paris par la 2ème DB. Le Commandant DRONNE est entré, le premier, sur son SHERMAN par la porte d'Orléans. Il est accompagné de la 9ème compagnie de Marche du Tchad dite la NUEVE car elle est constituée de républicians espagnols. Ils retrouvent Rol Tanguy à l'Hôtel de Ville.

Le 24 août Leclerc reçoit à Montparnasse la reddition de VON CHOLTITZ et le 25 la remet au Général de GAULLE. Symboliquement la reddition de Paris est le pénultième chapitre de l'épospée commencée le 18 Juin. Le dernier chapitre pour la France sera tout aussi symbolique la libération, par la 2ème DB de Leclerc, de Strasbourg, le 23 novembre 1944. La Guerre s'achèvera le 8 mai 1945 par la reddition de l'Allemagne à Berlin.


Texte du 18 juin 2020 de Mme Geneviève DARRIEUSSECQ, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées
« Je m'apparaissais à moi-même, seul et démuni de tout, comme un homme au bord d'un océan qu'il prétendait franchir à la nage. » Le 17 juin 1940, dans les airs, entre Bordeaux et Londres, Charles de Gaulle mesure l'ampleur de la tâche qui est devant lui alors que la défaite de la France est consommée, que l'armistice est demandé et que l'esprit d'abandon a triomphé. En quittant le sol national, il choisit l'exception, il refuse l'abaissement. Sur les rives de la Tamise, rien ne l'attend, ni troupe ni arme, ni navire ni avion. En France aucune organisation ne s'apprête à soutenir son action. Tout est à bâtir. Le Royaume-Uni offre à ce « naufragé de la désolation », la première de ses armes : les ondes de la BBC. Dans la matinée du 18 juin 1940, le général de Gaulle rédige des mots qui font corps avec notre histoire. Il est 18 heures lorsqu'il les prononce. Dans la soirée, ces paroles irrévocables franchissent la Manche et sèment les graines de l'espérance. C'était l'Appel du 18 juin, c'était il y a 80 ans, jour pour jour. Le général de Gaulle est la première voix à s'opposer publiquement à l'armistice et à expliquer pourquoi le combat doit se poursuivre. Il proclame que la défaite de la France n'est pas définitive car cette guerre est une guerre mondiale. Il lance un cri de ralliement à destination des militaires, des spécialistes, des ingénieurs Enfin, il conclut par un message d'espoir. Il allume ce flambeau de la résistance dont la flamme allait grandir sans jamais s'éteindre. L'Appel du 18 juin n'est pas le texte d'un soir, il est le début d'une épopée : celle de la France libre puis de la France combattante. Peu l'ont entendu, seuls quelques groupes déterminés et quelques vaillants solitaires rejoignent Londres. Ils sont l'avant-garde de ceux qui refusèrent l'asservissement. La France libre n'allait pas cesser de croître. Les Français combattants se sont distingués et ont, partout, porté les armes de la France. Leurs succès et leurs sacrifices se joignaient à ceux de la Résistance intérieure, à ceux de « l'armée des ombres ». Tant de destins communs pour un même combat : le refus de la collaboration et la libération de la patrie. Tant de femmes et d'hommes qui, aux heures les plus sombres, ont choisi de ne jamais renoncer. De Gaulle n'entendait pas seulement remettre des Français dans la guerre mais bien y maintenir la France. En construisant une armée française, en organisant un Gouvernement, il préparait, au jour de la Victoire, la place de notre pays à la table des Vainqueurs et le retour de la République. En cette année dédiée au général de Gaulle, nous nous souvenons de la force de son message. Cet héritage demeure et, plus que jamais, « l'homme du 18 juin » constitue un élément de notre consensus national et une part de notre identité collective.

SMLH61
Photos Alençon et Dorceau (Rémalard) Mme F. Leblond, Présidente du Comité du Perche ornais (respectant la distance sociale et sans masque bien reconnaissable), Maire M. Sébastien Garnier.


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