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Section de l'Orne

UN SELF MADE MAN et non un SELFIE MADE MAN :


Roland Caillaud :, Né le 2/10/1931, Chamouilley Haute Marne. Papa prénom Achille, maman Antoinette, ils le baptisent. Il vit à Bougival de 1 an à 9 ans dans une très belle maison son père avant la guerre est aisé. Il est aisé alors que Roland a 9 ans en 1940.La famille Caillaud logeait dans une maison cossue de Bougival, la photo le prouve, dans laquelle Achille avait installé son entreprise de Charpente. Puis il avait opté pour un travail dans l'aviation à l'usine Morane et Saulnier d'Issy les Moulineaux. La Guerre survient. Son père est mobilisé sur place chez Morane et Saulnier (entreprise de l'armement) qui explose 2 jours après .


A la mobilisation Achille est donc sans job et sans salaire. Il avait acheté auparavant une fermette à Moussonvillliers , Orne. Il disposait chez Morane et Saulnier de son week end pour s'y rendre en famille. Un visionnaire pas de Week end à Bougival mais à l'air pur dans l'Orne. Bien payé il avait acheté, ce n'était pas le lot des français, ni dans la mentalité ni dans la gestion des revenus familiaux, une Hotchkiss,


Les DEBUTS du GROUPE CAILLAUD:


Achille bricole et pour nourrir sa famille dispose d'un petit potager de volailles et de lapins. Roland a une soeur ainée de 4 ans. On le met à l'école successivement à Moussonvilliers, Chennebrun, Bignon, pour aboutir à St François de Salles à Alençon. Son petit frère né 10 ans après Roland attrape une méningite dont il meurt à l'âge de 4 – 5 mois


Pour l'enterrement de ce petit frère, Christian, ses parents qui sont venus le chercher constatent qu'à St François de Salles Roland mourrait de faim (6 de tension Ils le retirent de l'école, Roland ne se rendait même pas compte qu'il dépérissait cela se faisait dans la fatigue insensiblement). Sa mère le forcera à manger à la petite cuiller. Il relate qu'à cette époque il apprendra les premiers signes de l'humiliation. Alors que les fils des notables riches (qui recevaient des colis de victuailles qu'ils ne partageaient pas) étaient appelés M. Moreau (tissus), Aumont (droguiste) lui était directement appelé Caillaud.

Le fermier voisin prend sa retraite en 1941. Achille malgré ses réticences (pas de fonds, pas de matériel) décide de se lancer dans l'exploitation agricole. Un jour il fait la connaissance et d'un équarisseur et du vieux métier d'équarissage (il remonte à Henri IV par mesure sanitaire du traitement des cadavres d'animaux abandonnés). Achille Caillaud n'en avait jamais entendu parler. L'équarisseur venu prélever une carcasse de cheval lui explique que cela va servir à nourrir un cochon. Achille trouve que cela est une excellente idée. La Hotchkiss va trouver un emploi et Roland sans permis va la conduire un peu plus tard (15 – 16 ans)


L'orientation vers l'équarissage se précisePetit Roland va en classe jusqu'à 12-13 ans nous l'avons dit. Il ne retourne plus à l'école. On le retape après le désastreux passage à St François de Salles. Il va passer en étudiant à la maison son Certificat d'Etudes. 1943, au boulot il aide de son père. Un équarisseur de Mortagne de 81 ans le père Nicolas se retire. Il exploitait son atelier d'équarisseur et de tanneur (il valorisait les peaux de ses cadavres). Il était installé au Pissot (non loin de la source de la Chippe) qui lui permettait de bénéficier d'eau pour ses tannages. Achille Caillaud lui rachète son artisanat et devient équarisseur artisanal à Mortagne avec son fils Roland qui va tout apprendre en même temps que son père.


Son père au contact d'équarisseurs de Paris, de grosses entreprises, se rend compte que ce n'est pas avec les cadavres que l'on gagne sa vie mais avec les déchets d'abattoir à condition de savoir les transformer. Il construit sur la commune de St Langis-lès-Mortagne, à la Croix aux Loups (achat d'un ha) un bâtiment de 400 m2 dont il fait les plans, la charpente (il est charpentier) et a posé, aidé de Roland, les parpaings. Achille père a acheté du matériel d'équarissage à un professionnel qui en avait vendu à quelques équarisseurs en France mais pas dans l'Orne. Il était alors possible de cuire la viande par injection directe de vapeur comme dans un autocuiseur ou une cocotte-minute. Le jus de viande, la graisse et l'eau condensée s'écoulait dans des récipient. La graisse surnageait . Elle seule était vendable. L'eau condensée et le jus de viande étaient jetés dans le fossé puis dans des zones d'épandages l'odeur en était difficilement supportable pour les riverains il faut le reconnaitre. La viande cuite passait alors dans un cuiseur à double flux et se transformait après dessication en farine vendable, elle aussi. Achille, le « Parisien », était le seul dans l'Orne à travailler ainsi. Ce début d'industrialisation lors des débuts des années 50 nous faisaient traiter 2 tonnes/semaine (aujourd'hui l'usine de Mortagne traite 40 tonnes à l'heure )


L'ENVOL :


EN 1947, Roland apprend à conduire sans permis la Hotchkiss transformée par son père charpentier on le rappelle encore, en camionnette à gazogène à bois. Il se rend chez les fermiers pour assurer la collecte. Sa soeur s'est mariée à un vétérinaire du Poitou. Son époux court la campagne, elle gère sur place la pharmacie vétérinaire, belle réussite de l'intelligence. Son père en legs a laissé l'entreprise à Roland et des biens à sa soeur nul n'a été lésé. Les équarisseurs artisanaux ont d'abord vu d'un mauvais oeil la montée en puissance de Mortagne puis ont servi de collecteurs avant de céder des territoires de collecte. Achille Caillaud achète d'occasion de nouvelles machines de cuisson à sec. Elles éliminent la vapeur et les eaux usées par un double circuit clos qui cuit la viande sans injection de vapeur. A cette époque Roland a 16 ans et à partir de cette date il travaille à l'usine le matin et collecte avec la Hotchkiss l'après midi. Il est jeune et costaud !!! Toutefois même sans contact la vapeur éliminée par les cheminées ne sentait pas bon !! Cette odeur nauséabonde certes n'était pas leur problème tout d'abord il n'y avait pas de procédé connu pour les éliminer et ce n'était pas une préoccupation à l'époque d'un industriel, Roland Caillaud le reconnait, c'est son père qui a tout déclenché d'abord en équarissage artisanal puis ultérieurement industriel.


LES CIRCUITS COURTS :


Un homme a déterminé leur destin M. le comte Henri de Montesson qui avait créé la SOCOPA en 1953 (à la Ferté Bernard), longtemps plus grand exportateur français de viande. Les Caillaud vont voir le Comte de Montesson lui parlent du ramassage des cadavres et des déchets dont le Comte ne soupçonnait pas l'existence. Affaire conclue Roland va chercher les déchets avec sa Juvaquatre. Les Caillaud ont élargi le périmètre de collecte. Toutefois la SOCOPA devient bien vite du fait de sa croissance très rapide le plus gros « client » des Caillaud (75%). La Société CAILLAUD en 1964 devient la SA Caillaud, structure juridique qui simplifie tous les processus comptables et de gestion.


Le parc automobile croît, les usines moulinent et un jour Arsène Lenoir, assureur à Mortagne, vient à Mobylette voir Achille Caillaud. Le courant passe, l'assureur Lenoir, que Roland Caillaud affirmera toujours être un homme de grande valeur, deviendra le courtier en titre des usines et du parc de poids lourds. La relation SOCOPA / Caillaud demande l'achat de camions, les camionnettes ne suffisent pas. Au début ce sont des camions Citroën (2,5T). Le premier Berliet (15T) en 1958 est vert par hasard. Ils le seront par la suite peints par l'Usine Caillaud car Berliet ne fait plus cette couleur. Les camions sont devenus bi-bennes (une pour le transport, remplie en chambre frigorifique), la deuxième laissée sur place pour la future collecte. Depuis 1973 et l'installation du matériel américain, qui traitaient 10T à l'heure il a fallu abandonner le traitement à la main. Les déchets sont véhiculés par trémies et un seul technicien derrière sa vitre gère les chargements.


En 1990 plus de 10 000 points sont desservis en France ce qui correspond à 500 000 cadavres -2000 fermes, 950 000 T de sous-produits, 160 000 litres de sang par jour. A ce moment 400 camions (40T) parcourent 19 millions de kms/an. La desserte des boucheries et des Grandes surfaces a bénéficié d'une récolte par véhicules spécifiques. Un atelier d'entretien, des horaires respectés, un service sans faille sont les garants de la qualité Caillaud.


L'INDUSTRIALISATION MODERNE :


Les Caillaud (Roland est chef de l'Entreprise depuis 1965) étaient les équarisseurs de la SOCOPA. Mais soudain de gros industriels parisiens proposèrent au Comte de Montesson des offres nettement plus alléchantes. Ils avaient constaté que cette entreprise de transformation de la viande qui devenait énorme, les privait des collectes parisiennes ou de sa périphérie. Le comte informa les Caillaud de la démarche parisienne et ne bascula pas instantanément vers les nouveaux candidats. Il leur laissa le temps de réagir avant de changer d'équarisseurs cela a permis aux Caillaud d'effectuer une révolution. Sur les conseils de son père et sur ses propres informations Roland s'est rendu aux USA. Il a rencontré alors qu'il ne parlait pas Anglais un industriel américain qui parlait français et lui a fait connaitre des machines incroyables.


Cet industriel américain est devenu une relation amicale avec les années. Il est venu, d'ailleurs, chemin de la Folle Entreprise, en 1983. Ils avaient loué une chambre à « la Faïencerie » à St Denis sur Sarthon. Incapables de retrouver leur chemin (il n'existait pas de GPS à l'époque !!!) je les avais raccompagnés et son fils nous suivait beau souvenir. Caillaud n'avait eu que de rares contacts avec cet industriel (tous les deux ans) via les rencontres internationales (Roland a été Président 4 ans de la SNIRA, syndicat national des industries de récupération animales). Un seul mandat, aller à Paris prenait trop de temps. Mais Roland a beaucoup appris avec son seul certificat d'études il faut le rappeler durant ces 4 ans.


Le prix de ces machines outils était pharamineux pour la société. Roland pensait en acheter une mais son père lui a dit achète en une par usine une à Mortagne et l'autre en Vendée à Challans (La SOCOPA avait elle-même une usine à la Roche sur Yon). Roland a écouté son intuition et surtout l'avis éclairé de son père. En effet la faillite semblait assurée si il perdait la SOCOPA. Il avait aussi peur de la faillite sur un endettement excessif. Il en trembla, tant lui semblait extraordinaire cet investissement (un an de CA/usine). « Si tu fais faillite au moins tu auras essayé ». Il remercie encore son père Achille. Il a pu rencontrer M. de Montesson et l'assurer du prix et des volumes de déchets que la SOCOPA, qui ne cessait de croître, pourrait fournir et que Caillaud pourrait traiter. Caillaud a embauché le bon cadre spécialiste de cette machine un suisse, M. Ferdinand Mathis (20 ans chez Caillaud). C'est tout dire. Le rendement augmente, les tonnages augmentent, soudain la chance va lever ses angoisses.


Nixon intervient sur l'investissement de Caillaud :
Roland tremblait toujours mais soudain le destin lui sourit pour une raison indéterminée (inconnue initialement de Caillaud), Nixon (1972- 1973 - 1974) met un contrôle, quasi un embargo, sur le soja (cette opération a été bien décrite dans un ouvrage, « A financial history of the United States » Paul Studenski et Herman E.Brooks, qualifiée de « Grand vol des céréales de 1972». L'URSS a décidé d'acheter en grande quantité (25% de la production des USA), pour pallier une disette de blé, maïs et soja. Le prix quadruple. La spéculation se donne libre cours. La farine de viande est un substitut du soja dans certains domaines. Le prix de la farine d'animal triple. Les Caillaud sont sauvés d'autant que les contrats arrivant à expiration permettent à l'usine Caillaud de tripler les prix de la farine en se mettant au cours du marché. Sans ce coup de pouce incroyable, imprévisible, Roland pense qu'il ne s'en serait peut-être pas sorti. Merci M. Nixon.


CAILLAUD et SOCOPA


L'EXPANSION
En 1988 le groupe SOCOPA a été racheté par le Groupe breton Bigard. Les affaires continuent de s'améliorer. Les comptes et la trésorerie aidant le groupe décide de s'agrandir. Il rachète tout centre d'équarissage disponible plutôt à l'Ouest et au centre de la France. Caillaud ainsi récupère des centres de collecte. Chaque achat est accompagné du maintien de l'équipe dirigeante. Dans sa connaissance des hommes, Caillaud sait que le capital peut changer de mains, mais ne s'accompagne pas de la connaissance du terrain. Le rachat, l'expansion l'augmentation des collectes permet au groupe Caillaud de devenir un nom qui compte. Au moment de la vente du groupe Caillaud, deux groupes à égalité se partageront la France.


LA PRISE EN COMPTE et de la QUALITÉ en lien avec les PROGRES des SCIENCES
Il fallait trouver via les grosses entreprises des débouchés pour les farines et les graisses et pour cela en vérifier la qualité. De 10 T à l'heure les machines sont passées de 20T à l'heure et il en existait deux à Mortagne surveillées chacune par un homme derrière sa vitre. Le Premier contrôle de qualité a été effectué via un laboratoire à Paris, dont le résultat arrivait huit jours après. Cela était intolérable. Il a été créé à Mortagne un petit laboratoire, 150m2 adossé à ‘usine (1968 – 1969) peu après la prise de fonction de Roland. Un chimiste M. Dufay a été embauché, qui a lui-même fait embaucher des laborantins. Il était dès lors possible de connaitre en temps réel la composition des graisses qui déterminait leur destination : acidité faible la destination était les produits cosmétiques, pour l'alimentation animale si l'acidité était plus importante. Le laboratoire tranchait. Roland se souvient que sa fille Brigitte âgée de dix douze ans adorait traîner dans le laboratoire fascinée par les éprouvettes colorées. Cette graisse pour les cosmétiques à faible acidité valait 3 fois plus que la graisse à destinée alimentaire animale plus acide on le rappelle. Le traitement, le soin à les trier et la surveillance de la fabrication était donc tout naturellement un but et une rentabilité. Tout devait être rentabilisé : les os de la farine d'os puis par un nouveau traitement de la gélatine photographique. En radiologie le Président de la SMLH61 se souvient qu'aux débuts de son exercice les films photographiques étaient encore développés en chambre noire. Les peaux sauvées à 90% étaient vendues aux tanneurs.


Puis sont venus les plumes et duvet des volailles dont le traitement en farine aboutissait là encore en aliment animal. Roland fonde une usine dédiée aux volailles à la Tardière en Vendée usine de « Plumes et duvet de l'Ouest » qui traitait 150 à 200 tonnes /Jour. (cette usine a été fermée par les successeurs de Roland)


Les sous-produits collectés étaient, après contrôle de qualité, destinés à trouver des débouchés. Le traitement commençait par une déshydratation (dessication) et une première séparation des protéines et des graisses. Ces opérations automatisées intégralement, travaillait en continu, le débit s'accroissait au rythme des progrès technologiques. La réduction des coûts de fabrication provenait d'études du Groupe Caillaud primées par l'AFME (Association française pour la maîtrise de l'Energie).


Avant que Roland ne vende (1990) son entreprise, Mortagne traitait 200 000 T de matières premières par an. Un joyau en Europe. Chaque usine a fini par être dotée de son propre laboratoire d'analyses, autorisant ainsi d'affiner les produits finis (ac. aminés, débouchés pharmaceutiques, os pour la gélatine photographique, suifs et saindoux alimentaires, cretons pour l'alimentation des chiens et chats etc ). Les ateliers ultra performants avaient une hauteur de plafond de 10m. L'entreprise faute de repreneur familial est vendue à une entreprise d'état (Entreprise minière et chimique - EMC). Caillaud est rattachée à une des filiales d'EMC, Tenderlo, (qui s'occupe plus particulièrement de la gélatine photographique. Avant la numérisation des clichés de la Radiologie le Président de la SMLH61 utilisait sur les films qu'on développait en chambre noire de la gélatine Caillaud sans le savoir. Afin d'en assurer la transition Roland Caillaud demeure Directeur général (de l'entreprise qui a gardé son nom et son Logo KIO) jusqu'en 1993. Au moment de la vente 2 entreprises en France se partageaient à égalité, imaginez l'expansion incroyable depuis 1950, le territoire et la collecte français.

Caillaud SA devient le Groupe Caillaud divisé en 6 régions (Nord, Est, région parisienne, région lyonnaise, Bretagne, Sud-Loire) avec chacune un responsable. La Holding et principale société industrielle mène la gestion et les activités des sociétés du groupe. Au départ de Roland c'est 750 millions de CA, 80 millions d'investissement annuels (matériels roulants, traitement de dépollution). Les consommations sont à l'unisson 6,5 millions de gasoil, 300millions de kWh (gaz), 14000T de fuel, 70 millions de kWh d'électricité.


En 1990 ce sont dans le groupe Caillaud 380 000 T de produits finis 20%exportés (Moyen orient, Dom-Tom). Trois cent mille peaux étaient annuellement négociées. A la date de la vente en 1990 du groupe, Caillaud, c'était 18 sociétés, 15 usines, 36 centres de collecte, 900 salariés dont 150 à Mortagne ». En 1991 Caillaud est nommé Chevalier, dans l'Ordre de la Légion d'honneur.


L'ENVIRONNEMENT :


Pendant une longue période de temps Roland a souffert lui et les riverains de l'odeur. Toutefois le temps n'était pas à la mise en service de systèmes coûteux et aléatoires. Roland a souffert des nez bouchés à son passage, des serrage de mains au niveau du poignet. Mais habitué aux marques de dédain depuis son passage à St François de Salles il pliait l'échine sans s'en soucier. Cependant avec le coup de pouce de Nixon, l'augmentation des débits SOCOPA, et autres fournisseurs, du tri scientifique des produits fabriqués du chiffre d'affaire qui augmentait, Roland s'est penché sur le problème. Il avait bien compris que ce serait un argument de communication favorable pour son entreprise.


Son entreprise utilise un filtre biologique qui réduit les nuisances olfactives. C'est avec l'Université de Rennes que ce procédé, mis au point, a été installé à Mortagne. Aujourd'hui ces filtres couvrent dans le groupe 5000 m2 de filtres et traitent 350000 m3 par heure. Cela lui vaut une réputation de précurseur et le Prix de l'environnement Mention Spéciale du Jury par le ministère de l'environnement (1985 Huguette Bouchardeau ministre). Créé en 1984 par arrêté du Ministère en vue de récompenser les dispositifs destinés à réduire les nuisances résultant directement ou indirectement d'une activité industrielle. L'air des effluents qui puait est passé dans des filtres de tourbe qui emmagasinent des bactéries olfactivement destructrices des exhalaisons nuisibles.


Pour les eaux usées le groupe en pleine santé peut enfin s'occuper de ce problème et Caillaud promeut le système biologique en construisant un carrousel à chenaux multiples. Un bassin de recueil des eaux ainsi purifiées permet à truites et tanches de vivre en test de qualité. Il fait visiter avec fierté ce système. Au moment où Caillaud au micro explique l'intérêt des poissons ainsi utilisés « truites et tanches » en test de bonne santé. le Préfet North lui prend le micro et demande comment « une truite est étanche et ne coule pas ». Rires francs dans l'assistance (député, sénateur, maires, Président du conseil général, conseillers municipaux, conseillers généraux, ouvriers et cadres etc )


Aujourd'hui on brûle les incondensables. L'air qui sort des cheminées ne sent plus rien. Cela demande beaucoup de puissance énergétique couteuse aujourd'hui subventionnée par l'état. Depuis son départ : Les textes se sont précisés, la gélatine photographique avec la survenue du numérique a disparu, les abattoirs se sont réunis, leur taille les a orienté à organiser eux-mêmes leur « station d'équarissage » économisant les coûts de déplacement et optimisant les frais de transformation. Mortagne en a souffert le « bas risque » est devenu d'un faible rapport et l'usine vit essentiellement du service public de la portion à « haut risque » de l'équarissage,» subventionnée. Challans a été fermé, l'usine « des plumes et duvet de l'Ouest » a disparu. Roland n'a pas bien compris pourquoi ses successeurs ont abandonné le nom de Caillaud (KIO) pour ATMAX, (Animaux Trouvés Morts AX) est la dénomination légale du service public du ramassage des cadavres des animaux à risque Max remplace morts !!!


Le Parcours de Roland en dehors de son entreprise ».


Nous l'avons déjà vu il a été 4 ans responsable national, il a été en effet Président 4 ans de la SNIRA, (syndicat national des industries de récupération animales). Mais surtout il a été Conseiller municipal, adjoint au maire 20 ans à St Langis-lès-Mortagne. Puis lorsque Jean Claude Lenoir a été élu député, pour cause de non cumul, il a dû abandonner son mandat de Conseiller général. Les maires ont demandé à Roland avec l'assentiment de Jean Claude Lenoir de prendre sa succession. Roland a été brillamment élu 22 ans jusqu'à ce qu'il cède sa place, en 2015, volontairement en raison de son âge (83 ans cela donne le droit à la retraite). Il l' a fait savoir par voie de presse. Roland est très heureux d'avoir mené à bien avec le Président Gérard Burel la réalisation de la rocade de Mortagne. Il a été Vice-Président de la commission de l'Agriculture et du développement durable, délégué au comité du tourisme de l'Orne et membre du CA du SDIS, service départemental d'incendie et de secours. En 2016, 24 février, par arrêté préfectoral il a été nommé Conseiller général honoraire. Il vit aujourd'hui heureux et placide, serein recevant anciens cadres de son entreprise toujours contents de le voir. Sa maison est ravissante bien aménagée par sa seconde épouse accueillante. Il a été un leader du Cinquième quartier, il est droit dans ses bottes et il a été très généreux avec la SMLH61.


En 1993, date à laquelle Roland sort du Groupe Caillaud nous l'avons déjà dit regroupe 18 sociétés citons les : Cuirs et peaux de Bretagne (CPB) Pontivy (56300), SIRAM SARL Nehou (50390), Foboval Sa Moncoutant (79230), Charvet SA Milly la Forêt (91490), SPROS SARL Ile Saint Denis (93450), Bouvart SA, Venerolles (02510), Carlier SA, Avesnelles-sur-Helpe (59440), SARL Dore Frères, Morley (55290), Boris Dore SA, Charny-sur-Meuse (55100), Progilor SA, Charny-sur-Meuse (55100), Point SA, Viriat (01440), UBL SA, Corbas (69960), Fondoir Romanais SA, Romans (26100), Murgat SA, Saint- Jean - de Bonnefons (42650), Sud Collecte SARL, Cannes (06400), Seda-Sauvaire SA, Auterive (31190), Fondoir moderne SARL, Auterive, 31190.

Roland Caillaud on l'a bien compris a eu un destin imprévisible, La guerre qui les confine dans l'Orne, un père à l'aise avant la déclaration de guerre (une belle maison à Bougival avec son atelier de Menuisier charpentier et une résidence secondaire à Moussonvilliers Orne), une Hotchkiss 6 cyl). Achille a besoin de gagner sa vie. Les hasards de la vie justement le mettent au contact de l'équarissage. Il comprend en parlant avec des professionnels tout l'intérêt de ce métier. D'artisan il passe professionnel, monte une petite usine à Mortagne et passe les clefs à son fils Roland tout en restant un "conseil en management" avant l'heure. Roland décolle à partir de 1963. Pour parvenir à cette superbe entreprise qui se partageait le marché français à deux groupes. La rencontre avec M. le Comte Pierre de Montesson a été décisive. Cela a été bien précisé. Roland Caillaud peut dorénavant couler de beaux jours de retraite avec son épouse, Claude, mariés par Goasguen, maire du XVIème arrondissement de Paris, (disparu en 2020 du Covid), Brigitte, sa fille, médecin dopplériste et échographiste à l'hôpital de Mortagne et ses petis enfants Anne Laure (avocate) et Marc - Edouard (ingénieur) (sans arrière petits enfants encore). Ils se partagent entre Mortagne et la méditerranée.

SMLH61 Photos Roland CAILLAUD mises à la disposition du site SMLH61 Roland Caillaud, les parents de Roland Caillaud, la maison de Bougival, La Hotchkiss, la Maison de Moussonvilliers.

Un second reportage est réalisé sur les environnements de l'entreprise Roland Caillaud, tout d'abord un hommage au Comte Pierre de Montesson qui compte énormément pour Roland Caillaud, personnellement et pour son entreprise, il lui sait gré de son soutien décisif à une période cruciale de l'entreprise. De petites digressions sur Morane Saunier entreprise d'aviation qui est intégrée dans une plus "grosse", sur Hotchkiss dont l'évolution après le décès (1885 - 59ans) fin XIXème siècle de son créateur Benjamin Berkeley, américain venu faire fortune en France, eh oui!, Hotchkiss est devenue Thalès, 80000 employés dans le monde, 18, 4 milliards d'euros de CA, en 2000. Ce qu'est devenu le métier d'équarisseur au départ de Roland Caillaud de son entreprise en 1990. Les photos sont en rapport avec l'entreprise d'équarissage.


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