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Section de l'Orne

Les CAILLAUD et le MONDE ENVIRONNANT Ce reportage raconte l'histoire de certaines entreprises et personnalités qui ont eu une influence sur les personnes et l'entreprise CAILLAUD.


M. Achille Caillaud travaillait, spécialiste charpentier, chez Morane Saulnier (les avions avaient une ossature en bois à l'époque (comme le Hurricane anglais). Société fondée par les frères Morane (Léon et Robert) en 1910 auquel était venu s'adjoindre Raymond Saulnier (leur ami d'enfance) en 1911. Cette entreprise avec Roland Garros avait franchi la première, l'espace de la méditerranée entre deux continents (Tunisie-Rome en 1912) avec le MS Type H. Ce même aéronef avait franchi le premier les 100kms/h (9/9/1910) et avait ainsi attiré Roland Garros. Cette entreprise aéronautique sous l'occupation de1940 à 1944, plus tard travaillera, contrainte, pour les allemands. A la libération, Morane et Saulnier commercialisera sous le nom de « criquet », le Fieseler Stortch (celui qui a libéré, avec Otto Skorzeny, Mussolini au Gran Sasso). En 1950 Morane Saulnier a Construit le MS 760 Paris premier bi-réacteur léger d'affaire (à 2 - 3 places). Aujourd'hui Morane Saulnier après être passée sous le giron de Potez, puis de la Socata (société de construction d'avions de tourisme et d'affaires) devient filiale de Sud Aviation. Sud Aviation est intégrée à Aérospatiale, puis Aérospatiale Matra avant de terminer en EADS avant que la SOCATA ne soit revendue à Daher société française familiale (plus que centenaire) de transport maritime, d'équipements industriels lourds (vannes d'usine nucléaire, grues de fort tonnage etc..), 10000 employés et 1,2 milliards d'euros de CA "monde", contribue à son rayonnement. Dans cette entreprise aéronautique, Achille était bien payé. Industrie moderne, l'aviation offrait par ailleurs le repos au personnel, samedi et dimanche. Cela a eu une incidence directe sur leur installation ornaise comme nous l'avons vu : achat d'une "résidence secondaire" à Moussonviliers, Orne (61190), Communauté de Communes aujurd'hui des Hauts de Perche. Enfin homme aisé, pour se rendre dans sa résidence de campagne les fins de semaine, Achille achète d'occasion la voiture française la plus robuste et fiable de l'époque "du juste milieu".


Hotchkiss 411, 6 cylindres, 16 cv - ou en 1936, 680 pour 6 cylindres, alésage de 80mm (la Rolls Royce de l'époque en France avec conduite à droite). C'était la marque du haut du panier des années 30 - 40, puissante et robuste sans panne toutefois du "juste mileu" pour ne pas faire de l'épate. Hotchkiss est le produit pensé et réalisé par Benjamin Berkeley Hotchkiss. Il a fondé près de Rodez avant la guerre de 1870 une usine d'armement. Puis plus tard il fabrique des pièces automobiles pour de Dion Bouton et Panhard. Il meurt en 1885 ses successeurs après avoir fourni les deux constructeurs fabriqueront eux même des voitures. Laurence Vincent Benet américain se fera assister de l'ingénieur français Terrasse, puis de Sainturat et de l'ingénieur moteur italien Bertarione. Auparavant son entreprise a conçu puis fabriqué la fameuse mitrailleuse Hotchkiss qui permettra aux Français puis aux alliés (GB et USA qui l'adoptent) de tenir bon, puis de vaincre, lors de la Guerre 14/18. Cette mitrailleuse à emprunt de gaz sur trépieds sera produite à 65000 exemplaires. Elle utilisera la munition de 8mm moderne de Lebel. La berline Hotchkiss achetée par Achille était une voiture, robuste et puissante qui pourra ultérieurement, nous l'avons vu, être transformée sans peine, par un charpentier bricoleur, en camionnette à gazogène à bois.


Le comte de Montesson et les courses de chevaux
En 1988 le groupe SOCOPA a été racheté par le Groupe breton Bigard. Il avait été co-fondé par le comte Henri de Montesson en 1952. Il avait l'habitude de dire « qu'il fallait abattre et transformer près des endroits de production de viande ». On rappelle que le Comte de Montesson était, avec Pierre Désiré Allaire, entraîneur mythique, propriétaire de « Une de Mai » (championne de trot 74 Victoires, 900 000 000 de francs anciens de gain de 1967 à 1974, 6 Prix d'Amérique toujours 2ème !!! Le driver en était Jean René Gougeon (1928 – 2008), lui aussi mythique driver d'Argentan. Il avait remporté : 8 prix d'Amérique dont 2 avec Roquepine, 3 avec Bellino II, 3 avec Ourasi, (Henri de Montesson en possédait des parts). C'est toujours le record. Henri de Montesson décèdera à 96 ans, en 2015, pour la plus grande tristesse de Roland. Lors de notre entretien Roland à plusieurs reprises a qualifié le Comte « d'homme de grande classe ». Roland Caillaud rappelle que lorsque « Une de Mai » est morte (déchirure de l'estomac) un dimanche de 1978, le Comte éploré a demandé que le sort du cadavre de cette championne, qui avait joui d'une belle retraite, soit réglé dans les plus brefs délais. Roland a obtempéré avec amitié, il s'est précipité au haras dans l'heure. La tête de la jument a été naturalisée. Roland avec fatalisme expose qu'aujourd'hui, l'appel du Comte aboutirait à une plate-forme de répondeur automatique. Son gendre Guy de la Poeze d'Harambure, Officier de la Légion d'honneur, a repris la mairie de Francheville (61570) mandat laissé vacant en 2001 par son beau-père le Comte Pierre de Montesson (Commandeur de la Légion d'honneur) décédé en 2015. M. Bernard de Vaucelles, représentant la SMLH devait prononcer un bref éloge, mais devant le nombre de discours lors de la cérémonie religieuse il s'en était abstenu. Le voici « In Memoriam,


Le Comte Pierre de MONTESSON

A la demande du Président des Membres de la Légion d'honneur de l'Orne j'ai le triste privilège de saluer aujourd'hui la mémoire de notre camarade M. le Comte Pierre de Montesson. L'un ferme les yeux des morts avec douceur, c'est avec douceur qu'il faut ouvrir les yeux des vivants disait Edwige Feuillère. Ces paroles doivent nous inspirer au moment où nous entourons Pierre de Montesson et sa famille avant de la conduire à sa dernière demeure. Après un long parcours de 96 ans c'est le témoin d'une longue période qui vient de nous quitter.


Né au Mans le 22 août 1918, il y passe son enfance.Puis il se marie et vient s'installer en 1938 à Francheville où il édifie peu à peu, petit à petit le haras des Coudraies. Mobilisé en 1939 il reçoit la Croix de Guerre pour sa brillante conduite au feu.


Après la guerre avec son épouse il développe sa passion pour l'élevage des et spécialement des trotteurs. Il fera ainsi connaître les couleurs de son écurie, tant en Europe, qu'aux Etats Unis. Il participe à la création de « l'Union Européenne du Trot » et en devient le Président. Même chose pour la Société du Cheval Français dont il assumera la Présidence durant 8 années.


Homme d'action, Pierre de Montesson créé en 1954 à la Ferté Bernard, la SOCOPA, société commerciale de viande bovine dont il sera le Président, Directeur Général pendant 32 années avec l'aide de son gendre M. d'Harambure.


Il fut aussi un administrateur hors de pair pour sa commune de Francheville (communauté de communes des sources de l'Orne, Fontaine Président, dont il fut maire durant 57 ans avec une claire vision des buts à atteindre.


Il était commandeur de la Légion d'honneur.

Et Commandeur du Mérite Agricole



La Maladie arrêta peu à peu ses activités,mais il la supportera comme il avait porté toutes ses épreuves. Aimant foncièrement la vie, il est parti sans bruit vers une autre lumière. Il avait préparé sa mort et ne la craignait pas.


ll reste pour les siens, ses pairs, tous ceux qui l'ont connu et aimé, un témoin engagé dans la Foi dans la vie et dans la valeur des hommes.
Au nom des Membres de l'Ordre de la Légion d'honneur de l'Orne je renouvelle à sa famille et à ses proches toute notre tristesse et nos condoléances.

M. Bernard de Vaucelles

Président du Comité des Andaines et du Bocage (Bagnoles, La Ferté, Flers de l'Ordre des Membres de la Légion d'honneur de l'Orne.


APRES 1993 « QU'EST DEVENU LE METIER »
La profession est encadrée et définie. Elle doit collecter, dénaturer, et valoriser (dans le respect des règles d'hygiène de santé publique : les ATM - animaux trouvés morts dans les élevages -), les éléments de cadavres issus de soins vétérinaires, accidents de la route ou échoués, déchets des viandes d'abattoirs, déchets d'installations d'incubation, déchets d'animaux de grandes et moyennes surfaces (boucheries, poissonneries), certains déchets d'industries agro-alimentaires, enfin farines animales contaminées par prions ou reconnues non stériles.


On constate qu'il existe une portion obligatoire de service public subventionnée destinée à protéger la santé publique et impliquant une rapidité d'intervention (à visée sanitaire et environnementale) et l'autre agro industrielle de transformation valorisante. La traçabilité et les tests aléatoires mais efficaces sous l'impulsion de l'U.E., de détection du prion sont nécessaires. Les notions d'épidémiologie et d'éco-épidémiologie ont pris toute leur valeur à partir de statistiques fiables en rapport avec la traçabilité. Ainsi ont été définies les matières à « haut risque » (sécurité par l'application à des particules d'un diamètre maximal de 5cm, d'une température de 133° sous une pression de 2 bars pendant 20 mn = obligation de moyens) et les matières dite à « bas risque » pour lesquelles n'est imposée qu'une obligation de résultat sur le plan bactériologique.


Dorénavant depuis 1996 (crise de la vache folle) il faut retirer de la chaîne alimentaire les éléments contaminables ou contaminés par l'ESB (encéphalopathie spongiforme bovine) =système nerveux central et abats des ruminants. Toutefois cette implication de prélèvement des ATM a privé des animaux nécrophages de leur pitance et a nécessité une réévaluation des règles. Il a fallu laisser au éléments nécrophages insectes, sangliers, rapaces naturels des cadavres nourriciers et donc définir des zones (placettes) et quantités laissées aux : Gypaète barbu, Vautour moine, Vautour percnoptère, Vautour fauve, Milan noir, Milan royal, Aigle royal, Pygargue à queue blanche, sangliers


Depuis 2008, en France, date de l'application de la directive européenne de 2000 (on rappelle que les pays ont 5 ans pour mettre en application les directives européennes !!!)
Les éléments à haut risque participent du service public. Elles répondent à des conditions d'appel de marchés publics. En fait elles sont traitées de telle sorte qu'elles entrent dans la composition de ciment.


Les animaux d'élevage morts naturellement doivent être traitées par l'équarisseurjadis après une période variable durant laquelle l'éleveur était libre. Dorénavant les éleveurs soit s'équipent soit contractent avec l'équarisseur. Les sous-produits d'abattage d'animaux sains eux entrent dans le traitement des usines d'équarrissage pour les produits alimentaires d'animaux monogastriques. Depuis 1998 (8 ans après la directive européenne de 1990) les matières à bas risque sont assujetties à une obligation de moyens 133° pendant 20mn sous la pression de 3 bars.


En conclusion l'équarisseur a conservé la transformation mais est assujetti à l'ATM de service public. Il doit effectuer un travail traçable et il est dorénavant obligatoirement redevable de contrôles et de résultats de qualité dans le domaine de l'hygiène et de l'écologie. Le métier a changé, les débouchés se sont réduits, de transformation le métier d'équarisseur a retrouvé son métier d'origine traiter les carcasses trouvées mortes d'où des marchés réduits et dispersés. Les camions de l'entreprise sont remplacés par des sous-traitants qui doivent parcourir de nombreux kilomètres dont les factures deviennent lourdes. Roland Caillaud plaint d'une certaine façon ses successeurs.

SMLH61 Photos mises à la disposition par Roland Caillaud


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