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Section de l'Orne

Les 70 ans de la nomination d'Argentan dans l'Orde de la Légion d'honneur

64 villes françaises sont décorées de la Légion d'honneur (21 pour des drames de la seconde guerre mondiale notamment par décret du 28 février 1949, Argentan, Ascq, Rouen, Le Havre et Oradour sur Glane, d'autres décrets auront nommé Saint Lo, Caen et 7 villes étrangères (Londres, Brazzaville, Volgograd en particulier).

La Ville d'Argentan a commémoré samedi 19 septembre cette reconnaissance de la Nation. Le cabinet de M. le Président de la Communauté de communes du Pays d'Argentan, (Argentan Intercom) M. Frédéric Léveillé secondé par son staff, Mme Aurélie Fillon, directrice de cabinet et de la secrétaire particulière Mme Patricia Le Bolé ont su motiver et infomer les participants et organisateurs. Nous les remercions de leurs attentives informations en continu. La ville dispose d'une exposition temporaire par panneaux (Mme Verrier archiviste de la ville) très pédagogiques et émouvants que nous vous conseillons de visiter (Office du tourise Argentan 02 33 67 12 48 ou tourisme@argentan-intercom.fr).

La SMLH61 respecte le devoir de mémoire. Le Président de la SMLH61, avait préparé un exposé sur les signataires de ce décret en accord avec M. le Maire, pour que les discours se complètent sans empiéter sur les propos de l'autre. Pour Argentan 4 signatures sont au bas du décret.


République Française
Décret en date du 28 février 1949


Publié u Journal Officiel du 24 août 1949
Portant nomination dans la Légion d'honneur


Par décret du 28 février 1949 rendu sur la proposition du Président du Conseil des Ministres, du Ministre de la Défense Nationale et du Secrétaire d'Etat aux forces armées (Guerre)


Est nommé dans l'Ordre National de la Légion d'honneur
Au Grade de CHEVALIER

La Ville d'ARGENTAN – département de l'Orne


« Ville héroïque dont la population s'est dressée avec énergie contre l'occupant. Quarante de ses habitants ont été déportés dans les camps de concentration et trente et un y sont morts victimes de la barbarie nazie.

Située en pleine bataille libératrice, livrée par les forces alliées et la 2ème Division Blindée en Normandie, a eu 135 de ses habitants tués et soixante-deux blessés. A subi en outre des destructions considérables. Malgré le lourd tribut de souffrance ainsi acquitté , sa population a su conserver intact son fier patriotisme, donnant à tous un exemple splendide de confiance dans les destinées du Pays ».


Cette nomination comporte l'attribution. De la Croix de Guerre 1939 – 1945 avec palme


Par le Président de la République


Le ministre de la Défense Paul RAMADIER


Le Secrétaire d'Etat aux Forces Armées « Guerre », Max LEJEUNE


Le Président du Conseil des Ministres Henri QUEUILLE


Fait à Paris le 28 février 1949
Signé : Vincent AURIOL


Redonnons leur une existence. Ces hommes méritent qu'Argentan les cite car ils ont eu une conduite exemplaire durant la deuxième guerre mondiale. Leur rôle politique impliqué dans une IVème République emberlificotée dans son mode de fonctionnement a bien entendu accompli des actions positives pour le Pays. L'histoire on l'oublie doit être neutre elle doit regarder les évènements de Haut comme Dieu le disait Prévert.


Vincent Auriol, né en 1884, docteur en droit, avocat, fait partie des 80 parlementaires, 58 députés et 22 sénateurs qui refusent de donner les pleins pouvoirs au Mal Pétain le 10 juillet 1940 de Gaulle les avait désigné comme les premiers résitants de l'intérieur. Vincent Auriol est membre de la SFIO (Section française de l'Internationale Ouvrière). Son fief est Muret (Haute Garonne) dont il sera Maire (1925 à 1947, moins la période de l'occupation). Il a été lors des Gouvernements du Front Populaire plusieurs fois ministres. En septembre 1940, le gouvernement de Vichy le fait arrêter en même temps que Léon Blum. Il est libéré, en août 1941, pour raisons de santé et placé en résidence surveillée à Muret. En 1942, il passe à la clandestinité et entre dans la Résistance. En octobre 1943, il parvient à rejoindre Londres. La constitution de la IVème République est votée, fin 1946, par la Constituante, élue le 21 octobre 1945 avec le vote des femmes autorisé sur un amendement de Fernand Grenier (communiste), depuis le 21 avril 1944, par ordonnance, du GPRF (Gouvernement Provisoire de la République Française), signée du Général de Gaulle. Cette ordonnance a été combattue par certains députés car il y avait déséquilibre entre hommes (pas rentrés des camps de prisonniers) et femmes à cette époque. Le projet était ancien et des procédures parlementaires vicieuses avaient permis de l'évincer. Il est le premier Président de l'Assemblée Nationale le 29 novembre 1946. Il sera le premier Président de la IVème république élu au premier tour par le congrès le 16 janvier 1947. Il est Grand Maître de l'Ordre de la Légion d'honneur. Il signe le décret de nomination dans l'Ordre de la Légion d'honneur d'Argentan le 28 février 1949. Il quitte les fonctions de Président de la République en 1954 remplacé par René Coty élu au 13ème tour. Vincent Auriol est médaillé de la Résistance et Grand-Croix de la Légion d'honneur.


Henri Queuille, né en 1884, radical, est médecin en Corrèze son fief est la Mairie de Neuvic et la circonscription d'Ussel de 1914 à 1958 quasi sans interruption (sauf période de la 2ème guerre mondiale). Sa conduite lors de la première guerre mondiale comme médecin major, engagé volontaire, lui vaudra la Croix de guerre avec citation seule décoration qu'il portera (avec celle de la société nationale d'horticulture remise ultérieurement). Il sera lors de la IIIème République à plusieurs reprises ministre de l'Agriculture et a été le premier à aimer « le cul des vaches ». Il n'a pas voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain mais s'est abstenu. Il sera exfiltré en avril 1943, en Westland Lysander (3 passagers inconfortablement installés? mais décollage et atterrisage courts sur terrains accidentés) vers Londres. Mitterrand utilisera le même avion le 15 novembre 1943, Vincent Auriol en octobre de la même année. Lors de la 4ème république, 3 fois Président du Conseil il détiendra la fonction durant 16 mois (record) et un autre de 2 jours (record). Il est Président du Conseil lors de la proposition de la nomination d'Argentan dans l'Ordre de la Légion d'honneur. Il refuse en 1958 le retour du Général de Gaulle et passe la main. Il n'est pas membre de la Légion d'honneur. Il n'est pas compagnon de la Libération.


Paul Ramadier, né en 1888, docteur en droit romain, membre de la SFIO, a un fief dans l'Aveyron, Decazeville - dont il sera maire et Conseiller général, député, sans discontinuer de 1919 à 1959) sauf période de la collaboration. Sous la IIIème république, lors des gouvernements du Front, Populaire il est plusieurs fois secrétaire d'Etat et fait voter des lois sur le travail. Il refuse véhémentement les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain en juillet 1940. Franc Maçon il est destitué de ses fonctions d'élu. Son action durant la résistance et en faveur des juifs lui a valu le titre de « Juste parmi les justes » et son nom est inscrit à Jérusalem sur le mur de Yad Vashem. A la Libération il est le premier Président du Conseil (élu à l'unanimité) de la IVème République. En 1949 lors de l'attribution de la Légion d'honneur à Argentan il est Ministre de la Défense du Gouvernement Queuille et à ce titre contresigne le décret d'attribution. Blessé lors de la 1ère guerre mondiale il reçoit la Médaille militaire et la Croix de Guerre. Il n'est pas titulaire de la Légion d'honneur.


Max Lejeune, né en 1909, est, à la date du 28 février 1949, secrétaire d'Etat aux Forces armées « Guerre ». Il est SFIO, actif parmi les étudiants. Il est le grand homme politique de la Somme. Il a été le plus jeune député élu du Front Populaire. Fait prisonnier en 1939 il n'a pas participé au vote donnant les pleins pouvoirs au Mal Pétain en juillet 1940. Il sera député de 1945 à 1977 et sénateur de 1977 à 1995 de la Somme dont il sera Président du Conseil Général de 1947 à 1988. Il a été de nombreuses fois ministre lors de la IVème république. Il n'est pas titulaire de la Légion d'honneur.

Ces hommes intègres qui n'ont pas collaboré sont donc tout à fait dignes d'avoir nommé Argentan dans l'Ordre de la Légion dhonneur. De Gaulle avait visité Argentan en juin 1945 et avait parlé de son "pélerinage des ruines" Caen, Falaise notamment.

SMLH61 PHOTOS SMLH61 sur le tableau d'Argentan La remise à M. Eugène Denis, maire d'Argentan, des insignes de la Légion d'honneur le Dimanche 9 juillet 1950 par le Général Jean Etienne Valluy, en 1950 Inspecteur Général des Forces armées d'Outre Mer et Christophe Bayard sur la "Route Leclerc" avec Mme Henriette Caroubi, porteuse du TOUGH fanion du régiment, fllle de Georges CAROUBI, Français libre, spahi de la 2ème DB du Général Leclerc. Ce Régiment de reconnaissance de la 2ème DB, a été fait Compagnon de la Libération. Il était commandé par le Colonel Jean Stanislas Rémy, lui même fait Compagnon de la Libération par le Général de Gaulle.



la SMLH61 confirme tout le bien qu'elle pense de cette cérémonie du souvenir et de la Mémoire historique personnalisée par M. Le Maire. ce 19 septembre date reportée en raison du Covid 19. La SMLH61 remercie le Maître de cérémonie, M. Sylvain Ponceau, l'organisateur discret de cette cérémonie en phase avec la mairie, mon confrère le Dr Thierry Bertin, le lieutenant colonel notre DMD Jérôme Thieulart avec lequel il est il si aisé de travailler, enfin Christophe Bayard présent et source d'informations. inépuisables.

La SMLH61 félicite enfin Mmes Aurélie Fillon et Patricia Le Bolé une nouvelle fois pour leur amabilité et leur efficacité ainsi que Mme Verrier directrice des archives de la ville pour ses panneaux, valorisant l'évènement et source de mémoire réactivée, instructifs et pédagogiques. Il félicite le porte drapeau de la SMLH61 M. Chantepie bien qu'il n'ait pas d'internet, le coquin (mais on est en démocratie) et tous ses collègues. Bien entendu nous avons marqué notre respect aux représentans des anciens combattants d'Argentan qui ont déposé leurs gerbes devant le Capitaine de Gendarmerie Aurélien Charpin, commandant la Gendarmerie d'Argentan et le Chef de la Police Municipale Philippe Trégarot, notamment. Madame Christine ROYER sous-préfète d'Argentan présidait la cérémonie au nom de l'Etat, du respetct aux morts et à la Distinction honorifique. Merci.



Nous avons bien relevé la présence de trois conseillers départementaux Brigitte Gasseau, M. Jérôme Nury et M.Frédéric Léveillé. Comme vous l'avez constaté au temps de la signature du décret en 1949 les hommes politiques de l'époque (et avant sous la IIIème république) pouvaient "cumuler" et conserver leurs sièges plus de 40 ans peut être pour le plus grand profit des territoires ? Il n'en nest plus de même au jourd'hui.



Les élus nationaux, M. Jérôme Nury, député, conseiller départemental, et Mme Nathalie Goulet, sénatrice, ont montré leur intérêt pour cette cérémonie chaleureuse et au ton juste. Merci aux adjoints et adjointes de M.le Maire et bien évidemment, M. Léveillé, Président de la Communauté de communes du Pays d'Argentan lui même. La cérémonie était présidée par Madame Christine ROYER, sous préfète d'Argentan est-il besoin de le préciser de nouveau.



La SMLH61 remercie donc tous ces participants au témoigange qui est ainsi rendu à la distinction de la Légion d'honneur elle même, à sa valeur historique et à la Ville d'Argentan.


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