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Section de l'Orne

Isabelle IMBERT que les haitués du site connaissent bien peuvent être fiers de la sélection par l'Orne de cette chercheuse (article du 24/05/2020). Peu de temps après le déclenchement de la pandémie (l'article avait été entamé en avril). Ils l'ont gratifié du Prix de la SMLH61 en 2020. Depuis elle a été nommée dans l'Ordre de la Légion d'honneur (promotion janvier 2020) elle est des notres! Elle a été cooptée au Comité national de la recherche scientifique du CNRS enfin elle bénéficie de cet article de Business news de mars avril 2021, que dire de mieux.

BUSINEWS 200 | 30 | Mars / Avr] 2021, un Portrait par Marie Odile HELME

Experte des coronavirus qu'elle a étudiés pendant plus de 13 ans, cette chercheuse marseillaise veut modéliser la mécanique réplicative du Covid-19 grâce à l'intelligence artificielle, afin d'anticiper des mutations de résistance aux produits anti-viraux.


J'ai toujours voulu savoir comment fonctionnait le corps humain dit Isabelle. Je voulais être médecin légiste et j'ai commencé des études de médecine. Mais apprendre par coeur sans forcément comprendre n'était pas pourmoi, du coup je suis allée en biologie, ça m'a plu.J'ai compris qu'il n'y avait pas que le mécanisme humain mais aussi les " bactéries", explique Isabelle Imbert.

Diplômée de l'Ecole supérieure d'ingénieurs de Luminy en 1999 « à la grande époque de la microbiologie », captivée par la thérapie génique, cette jeune marseillaise effectue son stage chez Transgène à Strasbourg. C'est le déclic ! « Même si cette thérapie n'a pas vraiment fonctionné,j'ai découvert les virus et décidé de faire ma thèse sur l'hépatite C. Certaines rencontres strasbourgeoises, ont beaucoup compté comme Marie Paule KIENY, grande chercheuse française (ancienne directrice adjointe de l'O MS), ou Catherine SCHUSTER (Institut de recherche sur les maladies virales et hépatiques) ».


2003. ElIe saisit l'opportunité d'un poste au laboratoire CNRS-Architecture et Fonction des Macromolécules Biologiques (AFMB) de Marseille. Signe du destin, elle intègre l'équipe de virologie qui travaille dans le cadre des programmes européens de lutte contre un nouveau virus : le SARS-CoV-1. L'environnement idéal pour se spécialiser dans la compréhension des mécanismes de réplication du virus (elle a travaillé aussi sur le MERS-CoV apparu en 2012, très dangereux mais moins contagieux).

Résultat, elle peut ainsi constituer son propre groupe de recherche autonome. Egalement enseignante pendant 12 ans à Polytech, elle est désormais prof à la Fac des sciences (AMU), bien décidée à y initier licences et masters pros. « Avec stages pratiques dans les entreprises prises locales, car il existe un énorme besoin de personnel formé et opérationnel pour la mise en place de méthodes permettant d'obtenir les biomolécules médicaments comme les anticorps utilisés dans les immunothérapies ».


SI JE NE PASSAIS PAS MA VIE À DEMANDER DES FINANCEMENTS, JE POURRAIS ÊTRE PLUS EFFICACE EN GUERRE CONTRE L''HÉPATITE... ET LE COVID


Aujourd'hui, Isabelle Imbert, dont le sujet principal de recherche concerne, depuis 2018, l'hépatite E (on la contracte dans les eaux non potables et souillées en Asie/ Afrique mais aussi avec des viandes trop peu cuites) pour lequel elle a reçu un financement d'amorçage Amidex (initiative d'excellence) et travaille en collaboratif avec le Pr IZOPET(CHU Toulouse), vient de lever deux financements. L'un, via le consortium Reacting (Inserm) etl'autre émanantde l'Agence nationale de la recherche. Objectif ? « Modéliser via des algorithmes la machinerie réplicative du SARS-CoV-2 pour anticiper les mutations de résistance aux traitements antiviraux. Et, une fois la preuve faite du concept sur ce virus, l'appliquer, pourquoi pas, à d'autres virus à ARN ».

Cooptée récemment au Comité national de la recherche scientifique du CNRS et récemment nommée dans l'Ordre de la Légion d'honneur, cette « insatiable curieuse passionnée par le vivant » bouillonne d'idées. Entière et pugnace, elle déplore : « Si je ne passais pas ma vie à demander des financements, je pourrais être plus efficace ». Sa mère la compare à un roseau dont on sait qu'il plie mais ne rompt pas. Comprenez qu'elle ne lâche rien.

Article de BUSINEWS 200 mars avril 2021. Portrait par Marie Odile HELME Photos Isabelle Imbert (portrait) et Business news


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