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Section de l'Orne


Pierre du Pontavice

La famille du Pontavice est une famille noble d'ancienne extraction (c'est à dire remontant au moins au XIVème siècle). Son domaine de Seigneurie est à Pontavice dans le Duché de Bretagne (Ile et Vilaine actuellement, baronnie de Fougères). Pour situer cette famille on peut citer Clotilde Courau, actrice de cinéma célèbre (fille de Catherine du Pontavice, petite fille de Pierre du Pontavice et d'Emmanuel Philibert de Savoie). On peut évoquer aussi le Général Joseph du Pontavice, son fils Emmanuel juriste international, Gabriel du Pontavice, Président de la Cour des Comptes. M. Pierre du PONTAVICE est né le 16/04/1926 à Cigné dans la Mayenne. Son père, Antoine sorti de l'Ecole navale en 1918 effectue une carrière de 8 ans dans la Marine. Il quitte la carrière pour retourner dans la propriété du Château de Torcé (dont l'histoire rejoint celle de de Vaucelles au XIIème siècle cf l'article reportages/actualités sur Bernard de Vaucelles ) que son mariage avec Hélène Salles a apporté en dot. La famille Salles de La Ferté Macé (Francis Salles, industriel prospère et actif dans le textile) entrevoit une union entre les deux familles. Hélène Salles est tombée amoureuse au premier regard de ce superbe officier de Navale en uniforme au célèbre lieu de pèlerinage de Pontmain très pratiqué à l'époque. La propriété qui comporte un groupe de fermes de 20 à 25ha comporte 4 kms de rives de la Mayenne dont un km de pêche à la truite en particulier ou carpes et tanches. Les Vendredis le Père de Pierre d'effectuait une pêche qui entrait dans le jeûne catholique de la famille et les poissons offerts aux paysans leur permettait de suivre automatiquement ce même jeûne religieux. L'ensemble constituait une entité unie et qui vivait en autarcie. Les propriétaires assurant « les services sociaux » et de « services » Taxi, Téléphone, Sécurité Sociale, conseils techniques agricoles, infirmerie, premiers secours (Pierre du Pontavice et sa mère ont par exemple passé à l'époque une brevet de secouriste), assurances diverses etc.. Tout cela marchait plutôt bien dans une simplicité et une confiance réciproque. Antoine du Pontavice était par ailleurs maire de Melleray, commune riveraine et lieutenant de louveterie de la zone (poste bénévole délivré par le Préfet avec un cahier des charges précis mais octroyant une liberté de chasse plaisante). Le sens du devoir habite la famille et le service à autrui est une seconde nature.
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Pierre, 2ème d'une fratrie de 8 enfants, (4 garçons et 4 filles) fait son école primaire à domicile en suivant par correspondance les Cours Hattemer. Dès le secondaire il entre en pension chez les Jésuites à Vannes où il passe son Bac Philo en 1944. Il revient à chaque vacances chez lui et les liens familiaux sont forts lorsqu'il effectue les travaux des champs de la propriété (moisson après la « Madeleine ». Le fanage était réalisé avec beaucoup de soins pour d'abord faire les butiaux, puis pour charger sur la charte en vrac mais avec art pour éviter de s'ébouler (verser) on comblait en forme de toit puis on lieurait en serrant la lieue avec un treuil à cliquet « la manivelle » qu'on actionnait avec des « perchoirs ». Sous une chaleur écrasante on tassait avec ordre le foin dans les combles au-dessus des écuries et étables. On pratiquait aussi la cueillette des fruits, le ramassage du bois etc.., pas question de bord de mer ou de montagne. Les loisirs sont essentiellement pêche et chasse avec le père pour la régulation de la population de lapins espèce nuisible (plus de 1000 lapins sont tués par an).



1944 est une année charnière et agitée, les bombardements américains secouent la zone, Pierre participe aux entreprises de défense passive et de transport de messages aux américains et aux résistants. Dès que la région est libérée, Il s'engage et se retrouve au 1er régiment de chasseurs parachutistes du Colonel Faure (futur général) et contribue avec la 1ère armée de Patton au « nettoyage » des Vosges, participe à la libération de Strasbourg et de Colmar. Sur le Rhin on les envoie à Avord pour les préparer à une opération parachutée sur la Norvège qui sera annulée, la fin de la guerre étant survenue. Pierre devenu sergent-chef est désigné pour entrer à Coetquidan. Il sort aspirant en février 1946 de la première promotion « Victoire » et refuse de signer un engagement pour l'Indochine (il a 20 ans) et se fait démobiliser. Il a épousé Lelia, sa marraine de guerre qui lui donnera 4 beaux enfants (2 garçons, 2 filles). Il a 11 petits enfants et 26 arrières petits-enfants.Il rentre à Torcé, où il souhaiterait moderniser les méthodes de culture un peu vieillissantes. Son père refuse de bousculer ses habitudes et celles des paysans. Pierre n'a nulle envie de retourner à l'école pour décrocher un diplôme d'ingénieur agricole et se tourne vers la pratique innovante des stages internationaux en saison. Il en profite pour apprendre la langue « agricole » des pays dans lesquels il séjourne, Danemark, Hollande, Allemagne. Sa pratique de l'agriculture évolue, se modernise et se diversifie au contact.


Un propriétaire en 1948 lui propose de prendre en charge une ferme en mauvais état dans le Perche en « métairie ». Il subsiste difficilement dans une situation désespérée qui lui a été laissée. Il ne réussit pas à redresser la situation. Son épouse dégoutée de l'agriculture se tourne vers l'enseignement. Pierre trouve un poste de chef de culture à Ormesson sur les terres et au château de Wladimir d'Ormesson à 12kms de Notre Dame de Paris (km zéro). C'est une agriculture passionnante mais éreintante car il faut être aux champs le jour et aux Halles la nuit. L'arrêt de l'expérience est prescrit médicalement. Mais simultanément il lui est proposé par le Centre d'éducation populaire rurale de prendre en charge des stages itinérants de formation pour agriculteurs. Il accepte, outre ses compétences techniques, Pierre du Pontavice apporte une connaissance pratique des langues utilisées par les agriculteurs d'Europe. Ses partenaires sont les grandes écoles d'agriculture : Beauvais, Grignan, Angers, Ploërmel, les maisons familiales d'apprentissage rural, le CEJA, les groupes coopératifs. Il fait connaissance de futurs dirigeants agricoles européens et il est membre du Comité Européen d'Aménagement de l'Espace Rural. En 1963 Pierre est élu maire de Melleray la Vallée et doit renoncer à ses services itinérants.


Il est nommé directeur du Comité de Coordination des Échanges Internationaux. A ce titre il côtoie un groupe de responsables parisiens qui refont le monde régulièrement dont Rocard, Mauroy responsables des Centres Léo Lagrange, Delouvrier entre autres. Il fait partie d'une commission « Au plein air pour vivre » réunie à l'instigation de Maurice Herzog. Il est noté que la création de Parcs nationaux ou régionaux est particulièrement difficile à créer en France. Gérard Monod lui demande de participer à la mise en route des Parcs Naturel s Régionaux de Normandie-Maine (dans lequel se situe sa commune de Melleray la Vallée). Il doit par ailleurs réfléchir à la relance de la Fédération française des Parcs naturels régionaux qui souffre d'un essoufflement. Pierre du Pontavice se retrouve à la direction de cette fédération qui réunit responsables, usagers du sol et aussi utilisateurs et protecteurs de l'espace rural. Le Président Giscard d'Estaing lance la définition des Parcs Naturels Régionaux « Terrains d'expérience de l'aménagement fin de territoires remarquables et difficiles à protéger ». La Fédération devient un établissement qui va s'appuyer sur, d'abord, le Parlement, les Maires puis la Presse pour obtenir des moyens nécessaires à cet aménagement. Les Parcs naturels régionaux démarrent enfin grâce à la lettre de mission de M. Raymond Barre, Premier Ministre, imposant aux fonctionnaires de responsabilité et de terrain de se mettre en cohérence absolue avec les chartes des Parcs Naturels Régionaux. Les trois parcs de 1974 deviennent 40 en 1986. C'est à cette date que Huguette Bouchardeau, Ministre de l'Écologie du Gouvernement Fabius, nomme Pierre du Pontavice dans l'Ordre de la Légion d'honneur.


Il se retire progressivement de la vie de ses fédérations, pour se consacrer à sa mairie et sa communauté de communes qu'il préside. Il en assure l'évolution et le développement par des aménagements des bourgs et leur fleurissement, la création de gîtes ruraux, salles polyvalentes, clubs d'activités de plein air, clubs de kayaks. Pierre assurera, après la vie d'élu du département de la Mayenne, le rôle de commissaire enquêteur, pour les enquêtes publiques dans l'Orne. Sa retraite est définitive en 1992, il est alors promu Officier de la Légion d'honneur. Son père Antoine, le Comte, meurt à 63 ans emporté par un ca.Sa mère, la Comtesse Hélène, qui parcourait avec maestria et fougue, à plus de 80 ans, le département de la Mayenne à bord de sa 2CV survivra plus de 20 ans seule, dans le grand lit où elle a mis au monde ses 8 enfant et s'éteindra à 86 ans. Belle carrière, belle vie qui conviennent à un homme à l'ascendance chargée d'histoire et au comportement aussi naturel que ses parcs SMLH61




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