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Section de l'Orne

JACQUES NICOLAS CONTÉ une existence qui épouse son époque



« Aux âmes bien nées la valeur n'attend pas le nombre des années » Le Cid, Corneille



Ce reportage, encore évolutif, de la SMLH61 sur Nicolas Jacques CONTÉ, ornais, est né d'une conférence à la Médiathèque de Sées le Vendredi 13 avril à 14h30, par M. Jacques BADAULT. Qu'il en soit remercié ici. Il reconnaitra des photos qu'il a sélectionnées. Le texte inspiré de sa conférence est assis sur la lecture de cinq ouvrages : Le « Dernier Égyptien, Edme François Jomard » par Yves Laissus, chez Fayard, 2004, Un article paru dans le « Sabix » (Société des amis de la Bibliothèque et de l'histoire de Polytechnique) de Paul-Marie Grinevald, Edme François Jomard « Un Égyptien de Polytechnique », Patrice Bret « Nicolas Jacques Conté, démonstrateur puis administrateur du Conservatoire des Arts et Métiers » 1994, Persée, Vergnes (à compte d'auteur) « Du crayon à la description de l'Égypte » et Alain Queruel « Un inventeur de génie. Des crayons à l'expédition d'Égypte en passant par l'aérostation militaire , » Paris, l'Harmattan, 2004, 213 p., ISBN 2-7475-6089-9,



Nicolas Jacques est autodidacte, orphelin jeune, artiste peintre à 15 ans, puis formé par des maîtres à Paris, il se tourne vers les sciences et la technique. Son existence est dédié à sa femme, Victoire, qu'il aimera toute sa vie et qui est son égérie. Son existence épouse par ailleurs son époque qui reconnait les talents et les diplômes. Il inventera pour la révolution. Il sera de l'épopée égyptienne de Bonaparte. Son inventivité extraordinaire et son désintéressement sont exemplaires. Nous diviserons cette étude en deux parties. La première sur son activité dans son pays et la deuxième sa participation à l'épopée Egyptienne.

Ses contemporains le décrivent :

« Homme universel ayant le goût, les connaissances et le génie des arts, précieux dans un pays éloigné bon à tout, capable de créer les arts de la France au milieu des déserts de l'Arabie » Napoléon à Ste Hélène Le 18 décembre 1803 il est fait Chevalier de la Légion d'honneur, une des premières de Bonaparte, la remise des insignes se déroulera lors de la première cérémonie à Saint Louis des Invalides le 15 juillet 1804.


Gasaprd Monge disait « Conté a toutes les sciences dans la tête et tous les arts dans la main »


Claude-Louis Berthollet « Conté est la Colonne de l'expédition d'Égypte et l'âme de la colonie »


CHRONOLOGIE résumée de la VIE et des ÉVENEMENTS qui ENCADRENT l'EXISTENCE RICHE de CONTÉ



Pour faciliter la lecture de ce reportage concernant une "Figure de Proue" sur des évènements foisonnants de l'époque on rappelle pour Nicolas Jacques CONTÉ :

4 août 1755 naissance à St Cenery sur Sées (Orne)

1765 Hospitalisation à l'Hôtel Dieu de Sées rencontre avec Mme de Presmélé

1770 Il peint les panneaux de la Chapelle de l'Hôtel Dieu et rencontre de la jeune veuve Victoire de Champrey, veuve Brossard, il a 15 ans elle en a 17

1775 séjour à Paris rencontre avec des peintres (GREUZE et HALL)

1777 retour à Sées il épouse sa promise, Victoire, il peint des portraits sur place pour subvenir aux besoins du couple

1785 Retour en famille à Paris il peint des portraits de la famille d'Orléans et devient l'ami de scientifiques qui tournent autour de l'aérostation : CHARLES (et l'hydrogène), GUYTON de MORVAU qui y croit (futur Président du CSP)

1794 Fleurus et l'école de Meudon il rencontre Frnaçois Edmé JOMARD (polytechnicien d'une des premières promotions) qui veut de l'aérostat civil et deviendra son ami.

1794 Naissance du CNAM sous l'impulsion de l'abbé Grégoire

Octobre 1794 Le CRAYON

1795 perte de l'oeil gauche dans les labos de l'École de Meudon

1796 L'École de Meudon devient une école d'application de l'École Polytechnique

1798 Campagne d'Italie de Bonaparte qui demande un aérostat

1799 Campagne et Expédition d'Égypte de Bonaparte puis Kleber

9 novembre 1799 : Coup d'État du 18 brumaire

1899 Création de l'Institut d'Egypte par Kléber

1801 Retour de la Campagne et de l'Expédition d'Égypte

1801 Naissance de la Société d'encouragement pour l'Industrie nationale

1801 Réinstallation au siège d'administrateur du CNAM occupé à titre transitoire par l'abbé Grégoire et régionalisation du CNAM

1802 Début de Réalisation du monumental « Description de l'Égypte » sous la direction de Jean Antoine Chaptal et avec la machine à graver de Conté qui est le Commissaire du Gouvernement au sein du Conseil d'administration.

1803 Légion d'honneur,

1803 mort de son épouse Victoire

15 juillet 1804 : remise des insignes de la Légion d'honneur

2 décembre 1804 sacre de Napoléon

1804 Visite du CNAM de Pie VII avec Conté pour guide

1804 mort de son frère Louis

1805 mort de Nicolas Jacques CONTÉ le 6 décembre.

1805 le commissaire du Gouvernement est Lancret qui succède à Conté et qui décède laissant la place à François Edmé Jomard.

1822 Décryptage des Hiéroglyphes par Champollion

1829 fin de la « Description de l'Égypte » sous la direction d' Edme François Jomard (son exemplaire relié en maroquin bleu est déposé avec le meuble en acajou à la bibliothèque de Bergame par son petit fils Boselli).



LA JEUNESSE DE NICOLAS JACQUES CONTÉ

Nicolas-Jacques CONTÉ nait le 4 août 1755 à Saint Cenery près de Sées dans l'Orne. (Il mourra 6 décembre 1805). Son père agriculteur aisé meurt précocément et laisse une famille nombreuses sans moyens. (3 garçons et 3 filles). La mère démunie place deux de ses filles chez les Augustines de l'Hôtel Dieu de Sées.


Nicolas Jacques est hospitalisé pour une grosse fièvre. Il rencontre la supérieure Mme de Presmélé qui remarque son intelligence. L'abbé Desfossé sur les instances de la supérieure (grande famille de la région) l'initie au latin et aux mathématiques et tous perçoivent son penchant pour la curiosité positive et son intelligence hors du commun. Il est embauché dans l'Hôtel Dieu pour y faire tout et rien. La mère supérieure décide de demander à un peintre M. Couin de refaire les peintures de la chapelle de l'Hôtel Dieu. Nicolas Jacques son assistant préparait les couleurs et nettoyait les pinceaux. Le peintre doit interrompre sa tâche pour une grave maladie. Nicolas Jacques propose du haut de ses quinze ans de poursuivre l'oeuvre. La mère supérieure lui fait confiance ainsi que l'abbé Desfossé. Aujourd'hui les panneaux (20) sont encore admirés et nul ne peut dissocier les panneaux de Couin peu nombreux de ceux de Jacques Nicolas.


Homme à tout faire de l'hospice et de la paroisse. Il invente un appareil de mesure angulaire pour mieux arpenter les terres et en dresser le cadastre. Cette invention est présentée à l'Intendant d'Alençon qui la fait adopter. L'intendant est aussi interessé par un appareil d'arrosage hydraulique mis au point par Nicolas Jacques Conté.



Lors de son travail de peintre il a rencontré Mademoiselle Victoire de Chomprey, veuve Brossard, jeune veuve de 17 ans (il en a 15). En effet toute la région vient admirer le jeune prodige. C'est un but de promenade. On parle de mariage ce qui ne plaît pas à la noble famille Chomprey, (armoriée depuis le moyen âge). Après quatre ans de vie méditative et d'activités simples. Il effectue un portrait notamment de l'abbé Desfossés et de l'abbé Eghose, un de ses professeurs, c'est décidé il sera portraitiste. Il est toujours décidé à épouser Victoire. Mme de Prémeslé s'interpose et propose à Nicolas Jacques de se rendre à Paris pour se perfectionner et gagner ses galons de façon à convaincre la famille de Victoire.`



PARIS

Il a vingt ans. Il passe un an et demi à Paris. Il a été recommandé à Greuze (1725 – 1805) dont il devient l'ami et qui lui enseigne les secrets du portrait. Il fait connaissance de Pierre Adolphe Hall (1739 – 1793) miniaturiste, peintre du roi et des enfants de France. Il emmagasine les secrets de cette miniaturisation. Il rentre en Normandie en 1777 et se marie avec Mlle Victoire de Brossard qui sera la femme de leur courte vie. Il vit de ses talents de peintre. Il fait les portraits des notables de la région ce qui assure le revenu familial pour un temps.



L'EXPLOSION des SCIENCES

A l'époque de Voltaire de la naissance et de la croissance de la maçonnerie (franc maçon à la fin de sa vie) et des philosophes, des physiocrates emmenés par Duquesnay – laissez faire laissez passer - un de ses émules Dupont de Nemours créera la fameuse entreprise chimique). Nicolas Jacques est attiré par la chimie. La phlogistique connait son heure de succès mais la Chimie prend le dessus avec la découverte de l'hydrogène (1766 – Cavendish), l'oxygène (1774 – Priestley). En 1772 Lavoisier réalise son expérience qui tend à prouver que la combustion d'un métal consomme de l'air. On comprendra bientôt que c'est l'oxygène qui est en cause. Lavoisier va déterminer la composition de l'eau, découvrir l'azote. A la même époque les « Ballons » allaient susciter un engouement que l'on retrouvera au début du XXème siècle avec les débuts de l'aviation (Clément Ader, Santos Dumont, Blériot). Les frères Montgolfier (Joseph et Etienne) découvrirent le système ascensionnel à l'air chaud. Louis XVI n'accepta que sous une pression énorme(il était responsable de la vie de ses sujets) que se déroule un vol habité. Pilâtre de Rozier (qui mourra en 1785 en voulant traverser la Manche dans le sens France Angleterre, le vol en sens contraire a été réalisé par Blanchrd le 7 janvier 1785) et le marquis d'Arlandes sont, le 21 novembre 1783, les premiers (après Icare) à s'élever au-dessus du sol. Un peu plus tard Charles et de Robert montent dans un ballon à gaz hydrogène (plus de combustible) jusqu' à l'altitude de 3000m. Il se rendent de Paris à Nesle la Vallée mais Charles eut très peur et ne remonta plus dans un de ses ballons. Nicolas Jacques fait décoller un aérostat de l'Hôtel Dieu de Sées. Cela effraie les paysans qui se méfient peut être de lui et guident ses pas vers Paris pour s'extraire de la diabolisation.



DÉPART POUR PARIS

Il part pour Paris en 1785. Il vivra de portraits notamment ceux de la famille d'Orléans (duc de Chartres, duc d'Orléans puis Philippe Égalité dont on sait qu'il votera la mort du roi Louis XVI, son cousin, il sera lui même guillotiné en 1793). Le Duc d'Orléans est très riche, on sait qu'il habite le Palais Royal (aujourd'hui Conseil Constitutionnel, Conseil d'Etat, Ministère de la Culture), jadis « centre commercial ». Le duc d'Orléans est très influent car il est aussi Grand Maître du Grand Orient. Très riche donc il sera mécène des sciences. Nicolas Jacques arrive à Paris au moment où la chimie moderne de Lavoisier s'envole. Il est protégé par la famille d'Orléans qui elle-même favorise la naissance des nomenclatures, la rationalisation de la fabrication de la poudre avec le raffinage du salpêtre dans les industries chimiques (une « soudière » élément de base pour la chimie de transformation). Cette soudière sera un échec commercial mais les Anglais sauront la copier pour leur plus grand profit. La révolution a fonctionné car elle a bénéficié de ses savants. « qui ont sauvé la République ».



NICOLAS-JACQUES ENTRE DANS LA SCIENCE et se PASSIONNE

Nicolas-Jacques vit de son art mais il se sent à l'étroit. Il a suivi les cours de Charles. Il va côtoyer Guyton de Morveau, Fourcroy et Vauquelin. Guyton de Morveau sera président du Comité de Salut public et favorable aux aérostats. Il permettra à Coutelle soutenu par Nicolas-Jacques en raison de ses relations avec le Physicien Charles (on se rappelle que Charles était le mari d'une ravissante créole qui devint l'égérie de Lamartine sera l'inspiratrice du « Lac » celui du Bourget et mourut de la Phitisie galopante – tuberculose-). L'aérostat bénéficiera des travaux de Meusnier de la Place qui avait consolidé (avec une deuxième enveloppe de force) le ballon. Cela avait permis une montée et descente sans perte de gaz et enfin avait découvert une technique de tester la résistance du tissu de l'enveloppe. Le Comité de salut public demande à une commission (Carnot, Monge, Fourcroy et Guyton de Morveau) dévaluer l'aérostat. Coutelle va se rendre auprès des armées du Nord. Il sera malgré le mot d'introduction du CSP fraîchement accueilli et presque fusillé. Le Général Jourdan et le représentant du CSP Duquesnoy ne voient pas l'utilité mais l'aérostation voit le jour. Une compagnie de 20 aérostiers, Coutelle sur le terrain, Conté à Meudon pour la logistique. "L'Entreprenant" est construit. Il est tracté (à bout de cordes par les 20 aérostiers) vers l'armée du Nord et arrive début juin 1794. Il sera utilisé et fécond à Fleurus (par sémaphore et par billets jetés au sol). Le ballon est à 200 m d'altitude environ et contribue à démoraliser les ennemis. Coutelle avec son fidèle second Nicolas-Jacques décida de faire des ballons plus petits, ronds pour résister aux vents et intempéries et facilement maintenus au sol. Le 16 juin 1795 un accident dans le laboratoire avec de l'hydrogène, entraîné par un courant d'air, produira un accident. Des matras et des éprouvettes exploseront et blesseront gravement Nicolas-Jacques. Malgré des soins diligents, le CSP mobilise les meilleurs chirurgiens, Conté perd l‘oeil gauche. Il sera stoïque dans l'adversité et restera acharné au travail sans se soucier de ce handicap.



L'AEROSTAT CIVIL

L'aérostation va commencer une existence civile. Coutelle conserve son rôle militaire et Conté va motiver son école de Meudon pour faire des géographes, des spécialistes des transmissions et techniciens de l'aérostation de ses élèves. Toutefois il ne trouve, malgré le soutien du Directoire, que peu de recrues. Polytechnique et l'Ecole des géographes se joint à l'École de Meudon pour mieux en assumer le déclin. Edmé François Jomard, Géographe et Polytechnicien, qui veut assurer la topographie du territoire national a parfaitement compris l'intérêt de l'aérostation. Il se lie pour le reste de la vie de Conté par une amitié féconde et profonde. L'école d'aérostatique sera bientôt une école d'application de Polytechnique (22 juillet 1796) jumelée à l'école des géographes avec permutation des années de scolarité entre ces deux dernières écoles (les « passerelles » existaient déjà à l'époque). Les deux écoles dépendent du ministère de l'intérieur. Nicolas-Jacques est incontournable et on lui demande un aérostat pour Bonaparte en Italie. La campagne d'Italie s'achève avant que ne soit utilisé l'aérostat. Bonaparte a cependant intégré tout l'intérêt de cette nouvelle technique en perspective. Le télégraphe de Chappe par sémaphore est une avancée notable qui peut être jumelée à l'aérostat..



Le CNAM Conservatoire National des Arts et Métiers,



Sous l'égide et l'impulsion de l'abbé Grégoire qui crée le CNAM (10 octobre 1794 ou 19 vendémiaire AN III), Conté en fixe le siège dans l'abbaye de Saint Martin (le CSP le confirme par Loi du 11 juin 1796). Il sera avec l'abbé un des membres fondateurs puis administrateur. Il en est directeur (démonstrateur est le titre) avec Vandemonde et Leroy dès le début. Le CNAM s'y trouve toujours 222 rue Saint Martin. Il se répartira dans la France avec des Centres de CNAM régionaux. A son retour d'Égypte, Conté reprendr, son poste de démonstrateur devenu « administrateur » que lui laisse bien volontiers, l'Abbé Grégoire, devenu sénateur. L'abbé avait accepté d'occuper son siège durant le séjour en Égypte. Conté convainc Chaptal du besoin de répartir cet enseignement dans toute la France et se charge du premier site à Compiègne. Il imagine que cet enseignement technique doit couvrir tout le territoire. Il comportera les matières essentielles : grammaire, principes d'arithmétiques et de géométrie, le lavis, le dessin et l'enseignement d'un métier manuel. Le CNAM aujourd'hui est dirigé par M. Olivier FARON depuis 2013. Le CNAM dispose d'une fondation dont le Président est Gérard MESTRALLET PdG ENGIE.



CONTÉ et le CRAYON



Conté invente le crayon sur objurgations du CSP (Comité de Salut Public) notamment de Vauquelin inspecteur des mines (sans jeu de mot) et de Carnot qui se déplace à Meudon et la petite histoire dit qu'on met la pression en le contraignant à inventer le substitut de la plombagine (qui vient d‘Angleterre en plein blocus) en une semaine !!! En fait l'ultimatum est moins pressant et laisse le temps au scientifique. La requête pressante de Vauquelin date du 28 vendemiaire An VIII (vers mars 1794) la découverte sera effective le 27 octobre 1794. Sur les instances pressantes de ses amis, Conté dépose le brevet le 21 janvier 1795. Le Graphite – amphelite - et l'Argile en proportions adéquates chauffés à 1000°, environ reposent en cylindre dans un lit de bois de cèdre. Il a vraisemblablement travaillé à partir de l'Amphélite (graphite) de la Ferrière Bechet (tout près de Sées). Le gisement affleurait au presbytère. Le crayon sera ultérieurement polycyclique pour éviter qu'il ne roule sur les plans inclinés des pupitres d'élèves (et peut être aussi qu'ils soient plus confortablement tenus en mains). L'usine verra son gendre, son frère Louis et lui-même en prendre la direction. La constance du produit fruit de 3 années de mise au point est désormais confirmée. L'industrialisation et la commercialisation sont désormais possibles. La commission des travaux publics du CSP lui en déjà commandé trois cent mille. Un article autonome est consacré au crayon.



La SOCIÉTÉ d'ENCOURAGEMENT POUR L'INDUSTRIE NATIONALE est instaurée le 17 novembre 1801, à l'imitation de la même société créée à Londres. Conté a participé à sa fondationelle est présidée par Chaptal. Autour des Trois consuls, des promoteurs de l'idée se regroupent plusieurs centaines d'entrepreneurs, savants, économistes, hommes politiques, industriels sous la présidence de Chaptal et la motivation de Gérando. On propose lors de la première séance de choisir le local du CNAM de la rue Saint Martin pour le siège social de cette nouvelle société. L'un des membres objecte qu'on risque la perte d'indépendance. Conté appartient à la commission des arts techniques. Il rédigera un nombre incroyable de rapports. Il invente encore ou améliore encore et toujours. Une utilisation de la force des vagues, des machines hydrauliques et plus de 60 contributions à partir de ce qu'il a vu en Égypte (systèmes de couvaison des oeufs, des machines à broyer le plâtre, des machines d'irrigation et d'arrosage, des ballons télégraphes, le baromètre en fer déjà décrit, des crayons améliorés etc ).



La Mort de son épouse chérie, son égérie le 2 juin 1803 est dévastatrice. Il perd pied malgré le soutien moral de tous ses amis, Jomard, Verrier, Charles et sa famille notamment sa fille et son gendre qui a repris l'affaire des crayons CONTÉ.



LE BALLON pour GAY LUSSAC Il lui restera encore l'excitation de la vérification des thèses de Gay Lussac. Le BALLON encore. Comme l'école nationale d'aérostatique de Meudon est fermée une mise en vente du dernier ballon disponible est effectuée. L'achète en 1801 un riche et étonnant physicien flamand. Robertson. Ami de Monge et de Guyton Morveau. Il a créé un spectacle de fantasmagorie qui l'a rendu très riche. Avec le ballon acheté il affirme être monté avec un ami à 7170 m et avoir constaté une diminution du champ magnétique avec l'altitude. Cela ne convainc pas Gay Lussac. Abattu par la mort de son épouse, Gay Lussac et Biot le persuadent de les aider. Il remet en état le seul ballon qu'il a pu ramener d'Égypte. Il prépare tout mais le jour de l'expérience il pleut à verses. L'ascension devait se dérouler à partir des jardins du Luxembourg. Conté ne veut prendre aucun risque. L'envol est reporté. On prend rendez-vous un mois plus tard dans les jardins de l'observatoire. A deux dans le ballon l'altitude maximum est atteinte, 4000m. Les scientifiques comprennent que l'erreur de Robertson vient des mouvements erratiques de la nacelle de l'aérostat. Gay Lussac seul le 16 septembre 1804 effectue un vol de contrôle. Conté organise tout. Gay Lussac monte à 7107 mètres avec les malaises de l'altitude « mal en ballon » mais confirme que le champ magnétique ne se modifie pas avec l'altitude. Glaisher et Coswell ressentiront des maux plus importants en 1862 à 8400 m. Jusqu'au bout Conté veut réaliser. Il est admiratif du blanc des tableaux de Rembrandt qui ne bouge pas, alors que celui des peintres récents perd de son éclat avec le temps. Il veut en découvrir le secret peu de temps avant sa mort (6 décembre 1805) dit il à Jomard (en septembre 1805). Son décès surviendra sans qu'il ait pu réaliser ce voeu.


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Jacques BADAULT et SMLH61
Photos fournies par M. Jacques Badault Nicolas Jacques Conté après son accident, un aérostat avant sa libération, Madame de Presmélé, la statue à Sées de Nicolas Jacques Conté avant 1943, une partie de l'assistance à la conférence de M. Badault invitée par l'ONM61 dans la chapelle de l'Hôtel Dieu, M. Mostefa Maachi au centre (avec le dossier rouge)


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