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Section de l'Orne

DEUXIEME PARTIE

Nicolas JACQUES CONTE sur le SOMMET de la PYRAMIDE de KHEOPS


La CONQUÊTE ou la CAMPAGNE d'EGYPTE
La campagne militaire est indissociable de l'expédition scientifique. L'aspect militaire est prépondérant. Deux composantes justifient la campagne militaire. Couper la route des Indes aux Anglais ennemis héréditaires et éloigner Bonaparte « le sabre » de France. Le directoire, redoute le jeune général. Toutefois ce souhait est à pondérer. Le Directoire ne veut pas sacrifier 40000 hommes d'excellentes troupes à des fins obscures. L'action contre l'Angleterre prime. Avant de débarquer Bonaparte prononce cette proclamation « Les peuples avec lesquels nous allons vivre sont mahométans leur premier article de foi est celui-ci « Il n'y a d'autre Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète ». Ne les contredites pas agissez avec eux comme nous avons agi avec les Juifs, avec les Italiens, ayez des égards pour leurs muphtis et pour leurs imams, comme vous en avez eu pour les rabbins et les évêques. Ayez pour les cérémonies que prévoit l'Alcoran, pour les mosquées, la même tolérance que vous avez eue pour les couvents, les synagogues, pour la religion de Moise et celle de Jésus Christ. Les légions romaines protégeaient toutes les religions. Vous trouverez ici des usages différents de ceux de l'Europe, il faut vous y accoutumer. Les peuples chez qui nous allons traitent les femmes différemment que nous mais dans tous les pays celui qui viole est un monstre. Le pillage n'enrichit qu'un petit nombre d'hommes il nous déshonore, il détruit nos ressources il nous rend ennemis les peuples qu'il est de notre intérêt d'avoir pour amis. La première ville que nous allons rencontrer a été construite par Alexandre. Nous trouverons à chaque pas de grands souvenirs dignes d'exciter l'émulation des Français »

La CHEVAUCHEE MILITAIRE est en demi teinte
Des succès militaires vont jalonner la campagne avec Bonaparte et de cruelles déroutes notamment navales (Aboukir décisive et Trafalgar dévastatrice). C'est le triomphe de la Bataille des Pyramides en juillet 1798 contre les Mamelouks ottomans (« Du haut de ces pyramides 30 siècles vous contemplent » aurait déclaré Bonaparte à ses troupes). Mais Saint Jean d'Acre est un échec quelques temps après. Bonaparte a fait des déclarations tolérantes en demandant à ses troupes de comprendre les différences et de les respecter. Il manifeste une connaissance de l'Islam très remarquable. Malgré ces dispositions les égyptiens soutenus par la « cavalerie de Saint Georges » et un sursaut ottoman résisteront. La déroute navale d'Aboukir (30 juillet 1798) avec la perte du "Franklin" son navire est un désastre pour Conté. Il perd nombre de ses ustensiles et outils dans le flanc des navires ancrés dans la rade et qui sont coulés. La bataille sur terre d'Aboukir est un grand succès de Bonaparte contre une puissante armée turque de Janissaires (25 juillet 1799). Bonaparte réprime avec succès mais dans le sang la révolte du Caire d'octobre 1798 (déclenchée par une levée d'impôt).


APRES L'EXPLOSION DESTRUCTRICE DE LA REVOLTE DU CAIRE. Jomard expose que toute l'équipe des savants se remet à la tâche « On fondait un jardin d'acclimatation, on rétablissait le nilomètre de Roudah, on réparait les anciens canaux, on en creusait de nouveaux on observait le régime du Nil on s'occupait de la description géométrique du pays, on déterminait la position des lieux. Par des observations astronomiques des cabinets de physique et de chimie et une bibliothèque publique étaient ouverts dans le palais de l'Institut. On améliorait la monnaie, on étudiait les cultures, le sol, les animaux, les productions naturelles, on ramassait les manuscrits arabes, on publiait les séances de l'Institut et un journal politique et littéraire. On fondait une bibliothèque. On analysait le limon et l'eau du Nil, le natron, les substances employées dans les arts. On s'occupait de l'indigo, du sucre, du coton et des autres plantes tropicales. On faisait toutes sortes d'expériences. Monge et Berthollet secondés par Costaz et Fourier étaient le centre de tous ces travaux. Je ne parle pas des opérations des ingénieurs militaires. Il n'est question ici que des travaux scientifiques proprement dits. Tant de travaux et d'activités étonnèrent les habitants, si apathiques de leur naturel, qui n'avaient jamais rien vu de pareil, ils nous appelaient les sorciers »

AVANT QUE BONAPARTE NE RETOURNE EN FRANCE
Bonaparte a envoyé Desaix poursuivre Mourad Bey en Haute Egypte accompagné de Vivant Denon seul civil. Vivant Denon visitera Assouan et Louxor dont il fera des croquis et dessins (un millier !!!) qui seront publiés « Voyage en Haute et Basse Égypte » avec un immense succès en 1802. Bonaparte retourne en France après avoir embarqué à Alexandrie le 23 août 1799. Il effectue un voyage mouvementé mais sans être intercepté par les Anglais. Il débarque en Corse puis à Fréjus le 9 octobre. Le 9 novembre 1799 a lieu le coup d'état du 18 brumaire. La France occupe son temps. L'Egypte militairement ne compte plus. Cependant Bonaparte puis Napoleon n'abandonnera pas la commision de l'Egypte.

Le COMMANDEMENT de KLEBER
Les troupes demeurent en Égypte. Kléber tient bien le pays, négocie avec les anglais un rapatriement de ses troupes après avoir vaincu, le 20 mars 1800, à Heliopolis, une armée 4 fois plus nombreuse de Turcs venus de Syrie. Il se fait un allié de Mourad Bey, le gouverneur Mamelouk de la province d'Égypte, après avoir fait valoir la « colonisation » turque face à la libération française. Ce général remarquable sera assassiné 14 juin 1800. De nombreux coups de poignards lui seront fatals, portés par un fanatique que le Général Jean Baptiste Kléber se préparait à écouter avec respect. Ce grand et beau général mort à 47 ans bénéficie d'une magnifique statue à Strasbourg sa ville natale, sur une très belle place. Menou prend sa succession. Il est moins bien accepté que Kleber par les troupes et par la population égyptienne. Mourad Bey demeure l'ami des Français mais meurt de la peste bubonique alors qu'il se portait au secours de Belliard au Caire. Les anglais comme d'habitude trahissent leur parole. Il n'y pas de paix honorable mais une reddition militaire. La Perfide Albion finit par vaincre car aucun renfort ne peut venir de France. En 1801 le général Belliard capitule au Caire, puis à Alexandrie, le général Menou se rend. Sur 30 000 soldats et marins 10 000 ont péri dans les combats et épidémies. La garnison sera sur des navires anglais ou alliés des anglais rapatriée en France.


L'EXPÉDITION d'ÉGYPTE
Pourquoi Bonaparte est parti avec une pleïade de savants vers l'Égypte ? Cette expédition scientifique « extravagante » (Tulard) constitue indubitablement le pendant de la Campagne militaire. Talleyrand en est la source. Napoléon le précisera plus tard à Reubell (un membre du Directoire chargé des Affaires Étrangères). Talleyrand poursuit la volonté de Sartine (ministre de la Marine de Louis XVI qui avait envoyé en reconnaissance en Égypte, le baron Trott qui remettra un rapport précis descriptif) d'agir contre la Grande Bretagne en la coupant de la route des Indes. Bonaparte lui-même admet que la prépondérance maritime de l'Angleterre est indéboulonnable. Débarquer en Irlande « la Vendée » de la Grande Bretagne est illusoire.

L'attrait de l'orient vient indubitablement aussi de Volney et de son voyage en Syrie et en Égypte.
Le Livre est publié en 1786 après 4 ans de voyage (il est parti en 1782 de Marseille après une préparation physique étonnante pour son époque). Son voyage est apparenté aux Voyages d'Hérodote. Le Livre est un succès notamment auprès de la Grande Catherine de Russie. On sait que les assertions et descriptions sont véridiques. L'auteur cependant est hautain et peu sympathique cela desservira « sa communication ». La Bible par ailleurs qui parle beaucoup de l'Égypte et des Pharaons est une source de l'imaginaire occidental. Les conquêtes d'Alexandre puis de César et l'épisode de Cléopâtre, d'Antoine ont enflammé les esprits puis les mythes de la franc maçonnerie jusqu'au maçon Mozart et sa « Flûte enchantée ».


BONAPARTE A LU L'OUVRAGE de CONSTANTIN FRANCOIS CHASSEBOEUF DE LA GIRAUDAIS, COMTE DE VOLNEY,
qu'il a annoté et d'autres livres qui ont construit son rêve de l'Orient. Il connait par coeur la vie d'Alexandre et de Jules César, d'Antoine et de Cléopâtre. Il convie avec lui une pléiade de scientifiques (160) de tous ordres (Berthollet, Monge, Fourrier). Conté fait partie de ceux-ci. Bonaparte l'avait parfaitement repéré et pensait que les aérostats permettraient d'effectuer un travail remarquable. Conté est le concepteur et l'ingénieur. Son pilote est toujours son ancien partenaire Coutelle qui a fait merveille à la bataille de Fleurus. Le désastre d'Aboukir va refroidir les ardeurs par la perte d'outils mais exacerber l'inventivité de Conté. Conté sera un de ceux qui perçoivent l'intérêt majeur de la « Pierre de Rosette » découverte par le lieutenant Pierre-François-Xavier Bouchard (polytechnicien) et emportée par les anglais lors de la défaite française. Conté fera une copie analogue à la Chalcographie (d'invention plus tardive), comme fera un moulage au soufre le botaniste Raffaneau Delile, l'imprimeur Marcel lui en aura fait une copie par « autographie » sur papier que l'on lit sur un miroir ou en transparence Menou lorsque sa défaite sera accomplie était prêt à renoncer au nom des savants à tous les produits de leur recherche. Geoffroy Saint Hilaire objectera que le Général Hutchinson provoquera une destruction de ces produits et que son nom sera assimilé à la barbarie de l'incendie de la Bibliothèque d'Alexandrie par César. On leur laisse sur les menaces fermes et courageuses de Geoffroy Saint Hilaire, ce qu'ils peuvent emporter dans les bras ce qui exclut la Pierre de Rosette qui terminera au British Museum (des copies du texte seront possibles en hieroglyphe, démotique et grec). Bonaparte lui-même accompagné de 300 hommes et de sa garde rapprochée de savants et d'intimes : Monge, Berthollet, Caffarelli, Le Père, Dutertre, Costaz s'éait mis à la recherche du canal des Pharaons. Il se rend à Suez et traverse la mer rouge pour se rendre aux Fontaines de Moïse (la source créé par Moïse qui a frappé le sol de son bâton. Cette source saumâtre est située sur la rive occidentale du Golfe de Suez) puis découvre les traces du canal de Nechao et Sesostris III. L'amitié franco égyptienne conservera de cette expédition scientifique qui a fait connaître la grandeur de la civilisation pharaonique, des traces indélébiles : Le canal de Suez concédé aux Français et creusé par Ferdinand de Lesseps et l'Obélisque de la Concorde offerte (en 1830 érigée en 1836) par Mehmet Ali aux Français de Charles X puis de Louis Philippe Ier sur une idée de Jean François Champollion.


CONTÉ et L'EGYPTE
Bonaparte est envoyé par le Directoire en Égypte. Visionnaire il a besoin des engins nouveaux. Il choisit les meilleures personnes Coutelle et Conté. Conté va faire partie avec le Chirurgien Desgenettes de la Commission de Physique, Bonaparte, Fourier, Monge, Costaz dans la section des maths, Caffarelli du Frag l'économie politique, 37 personnes parmi lesquelles aussi Venture de Paradis, les Peintres Dutertre et Henri Joseph redouté et Dom Raphael de Monachis, religieux ortodoxe des arts et littérature. Le siège des commissions se situe dans le harem de Hassan Kachef bey. Conté doit sur les injonctions de Caffarelli réparer et fournir des instruments de topographie (détruits lors de la révolte du Caire) pour son ami Jomard. Conté par un baromètre et Nouet astronome qui procède par trigonométrie trouvent la même hauteur pour la pyramide de Ghizeh (137,531 m). Conté sur les descriptions de Jomard réalisera de magnifiques dessins de la vie quotidienne et artisanale du Caire. Pendant leur séjour en Égypte l'école d'aérostation de Meudon et de Géographie disparaissent. Toutefois repéré par Bonaparte Conté ( à St Hélène Napoléon dit de lui : « Homme universel ayant le goût, les connaissances et le génie des arts, précieux dans un pays éloigné bon à tout, capable de créér les arts de la France au milieu des déserts de l'Arabie ») fait partie de la « Commission d'Égypte » avec Monge et Berthollet les inséparables, Desgenettes médecin chef, Fourier, Costaz (géomètre), les ingénieurs Girard et Lancret (tous futurs membres de l'Institut national (après avoir été ceux de l'Institut de l'Égypte). Ils sont 165 scientifiques de tous horizons de toutes spécialités. Antiquaires, Astronomes don Nouet, Architectes, Botanistes dont Raffeneau Delille, qui réalisera un moule de la Pierre de Rosette Chimistes dont Berthollet, Chirurgiens et Médecins dont Desgenettes, Economistes dont Michel Regnaud de Saint Jean d'Angely, Tallien le conventionnel, Géomètre dont Costaz, Bouchard, polytechnicien qui découvre et reconnait l'intérêt de la Pierre de Rosette, Gaspard Monge la tête de l'expédition scientifique, qui apprécie beaucoup Conté, Fourier, Mathématicien, Marcel, imprimeur qui fera un travail sur La Pierre de Rosette et terminera directeur de l'Imprimerie nationale (impériale), Chevalier de la Légion d'honneur, de nombreux polytechniciens en tant qu'ingénieur des Ponts et Chaussées, Géographes, tel Jomard le grand ami de Conté, Littéraires Vivant Denon, Orientaliste tel Venture de Paradis. Zoologiste Geoffroy Saint Hilaire, musiciens et plasticiens ainsi que pharmaciens. Cet aréopage montre que Bonaparte voulait effecteur un remarquable travail scientifique sur l'Égypte ancienne que Turcs ottomans et anglais avaient côtoyé sans en percevoir le génie comme le percevra Bonaparte et ses savants.


ACTION de CONTÉ en ÉGYPTE
Conté aura en Égypte plusieurs tâches. L'observation de l'artisanat local il doit noter sur engagement de Caffarelli qui répond ainsi aux voeux de Bonaparte, tout ce qui est profitable ou remarquable chez les artisans. Le remplacement d'outils et appareils qui ont sombré à Aboukir. Et un devoir militaire notamment la préparation de boulets chauffés au rouge pour défendre les côtes des navires anglais. Il effectue nombre de dessins et siurtout d'aquarelles de l'Égypte de ses artisans, de ses sites avec d'autres artiste pour relever notamment tous les aspects d'Alexandrie et des métiers. Conté réalise de nombreuses aquarelles dont l'existence 22O ans après est toujours aussi fascinante. Il remarque que peu de femmes circulent dans les rues et qu'elles sont voilées. Il est fasciné par le four à oeufs qui couve artificiellement avec une température empiriquement maintenue à 32° (80 pour cent oeufs éclosent). Tous ces documents serviront plus tard comme fonds de LA DESCRIPTION DE L'EGYPTE. Il est d'abord à Alexandrie. Kléber (blessé à la cheville) est le commandant en chef du poste. Kleber créera « l' INSTITUT de l'EGYPTE » dont il fera partie avec Conté évidemment. Aérostier ? Il n'a pas le temps de l'être et pas d'eau pour la décomposer en hydrogène. Pas d'eau potable il va y remédier. Il répond à tout ce que lui demande Kléber. Les fusils rouillent il trouve un moyen de les « bronzer » procédé qui sera adopté par toute l'armée. Pas de pain il construit un moulin et un four à pain. Il est même nommé à la Tête du Conseil de Révision des jugements militaires (il casse un jugement qui avait condamné à mort un soldat). Il améliore le système des boulets chauffés à blanc pour éloigner les navires anglais. Il a inventé un baromètre métallique qui lui permettra de mesurer la Pyramide de Keops 230 m de large et 137 m de hauteur. En 1799 : 4 mesures seront très proches par le baromètre de Conté en fer et mercure : 136m95, par Trignométrie Nouet trouve 137m46, Coutelle et le Père marche par marche 137m23 et par la même méthode Jomard et Cecile 137m22 pour ces 203 gradins (ils évaluent à 144,2 avec le revêtement initial, aujourd'hui les mesures sont de 146,6m).


La COMMISSION de l'ÉGYPTE

Au retour en France les travaux des savants doivent être organisé et publié. Conté est le Commissaire du Gouvernement pour la Commission d'Égypte qui se réunit tous les 15 jours sous la direction de CHAPTAL mais lui travaille quotidiennement. Sa machine à graver permettra la réalisation des gravures de sites égyptiens avec une rapidité qui fait l'admiration du Général Berthier. Cette invention ne fera pas l'objet d'un brevet et sera offerte à la nation. Cette machine est toujours utilisée par les imprimeurs de tissus (maison Oberkampf par exemple). Conté sans demander de brevet a construit deux machines à graver qui feront l'admiration du Pape Pie VII qui est venu couronner Napoléon et visite le CNAM le 14 février 1805. Conté se voit remettre par l'Empereur devant Lacépède, le 15 juillet 1804 (le 14 est un samedi), les insignes de Chevalier de la Légion d'honneur (qu'il a reçu en décembre 1803) à Saint Louis des Invalides. C'est la première remise par l'Empereur. La remise des insignes à ses braves soldats au camp de Boulogne ne surviendra que le 16 août 1804. Notre ami le Général Lecouffe qui a remis les insignes à Mme Blandine Beaujard récemment à Alençon, Président du Comité de la SMLH de Boulogne avait commémoré brillament le 200ème anniversaires de cet évènement en 2004. Les insignes avaient été placés ce 16 août 1804 dans des bouliers ayant appartenu à Bayard et Du Guesclin. Le 15 juillet 1804 à Saint Louis des Invalides la remise concerne aussi les Maréchaux et des savants dont son maître Monge. Conté laisse sa place à la Commission d'Égypte à Lancret et de secrétaire à Jomard. Lancret lmeurt en 1807 et Jomard prend la suite il sera l'âme de cet ouvrage jusqu'en 1829.


La PIERRE de ROSETTE et les HIEROGLYPHES Nicolas-Jacques rentre en France fin septembre 1801. Le lieutenant de génie Bouchard (Polytechnicien) avait exhumé la pierre de Rosette en juillet 1799. Elle est envoyée à l'Institut d' Egypte. Le texte grec est traduit. Conté fait un calque en papier, un moulage est exécuté en soufre. La Pierre est réclamée après la capitulation de l'armée d'orient par les anglais qui la transfèrent au British museum. Ils en font des copies adressées à toutes les académies européennes. Sylvestre de Sacy traduit la démotique. Jean François Champollion, né à Figeac, le 23 décembre 1790, au parcours fulgurant on le remarque lui aussi dès ses 15 ans. Jacques Joseph son frère qui a entrevu ses capacités dans les langues anciennes le poussera sans cesse. Il déchiffrera en 1822, cela a déjà été dit, les hiéroglyphes. Il en perce les secrets après de longues recherches et son apprentissage du Copte issu de l'égyptien ancien. Champollion a découvert que les hiéroglyphes sont un mélange de phonogrammes (des sons) et d'idéogrammes (des représentations). Cette découverte sur une longue période est entrecoupée d'épisodes politiques car lui et son frère sont fidèles à Bonaparte et Napoléon et hostiles aux Ultras. Grenoble (leur ville d'adoption) et Figeac (la ville d'origine des Champollion) les protègeront. Les reproductions de la Pierre de Rosette lors de sa découverte, puis par Jomard au British Museum, permettront plus tard à Champollion de déchiffrer ces hiéroglyphes officiellement le 27 septembre 1822. Il écrit alors une lettre à M. Bon-Joseph Dacier, Secrétaire perpétuel de l'Accadémie des Inscriptions et Belles Lettres et dirigeant de la Bibliothèque nationale de France. Il ne veut pas s'adresser à Sylvestre de Sacy, le Président de cette Académie, son ennemi intime.


Les HOMMAGES à la MORT de CONTE


Après la Mort de Nicolas-Jacques le 6 décembre 1805 (il a 50 ans) sa ville de Sées, en 1845, lui rendra hommage par la décision d'ériger à l'initiative du Maire, M. Pichon-Prémeslé (petit neveu de la première protectrice de Conté, la mère supérieure de l'Hôtel-Dieu) une statue en bronze fondue par ECK et DURAND. La statue de Bronze a été l'oeuvre de Jules DROZ. L'érection en hommage est soutenue par Jomard. Il a écrit à sa fille Hélène Humblot-Conté (Humblot son époux s'occupe de la fabrique de crayons) que Napoléon à Ste Hélène a cité son seul père parmi les membres de l'expédition d'Egypte. La statue sera inaugurée sous le règne de Napoléon III en 1852. Avec sur le piédestal écrit sur une face « Conté homme universel capable de créer les arts de la France dans les déserts de l'Arabie » Napoléon, sur une deuxième « Conté a toutes les sciences dans la tête et tous les arts dans la main » Gaspard Monge et plus bas « Conté est la colonne de l'Expédition et l'âme de la colonie » Claude-Louis Berthollet. Les deux autres faces comportent pour l'une Conté enfant et l'autre Conté en Égypte en bas-relief. La canne de Conté (transformée en instrument de mesure) sera offerte par « les Egyptiens » (les membres des commissions de l'Expédition d'Egypte) à la ville de Sées.


Edme François Jomard son ami « le dernier Égyptien » a prononcé à Séescet hommage dont est extrait cette phrase « Conté était doué d'une belle âme, d'un coeur sensible autant que délicat, d'un caractère égal et serein sa douceur était inaltérable cet homme que Berthollet appelait « l'âme de la colonie, la colonne de l'expédition, cet homme à conceptions vives et rapides était en même temps celui des bonnes actions ». Jomard avait écrit à sa fille Hélène Humblot- Conté en 1846 « J'ai été le premier à lire cette page (l'éloge de Napoléon à Conté écrit à Ste Hélène) qui fera bondir votre coeur de joie comme cela m'est arrivé. Le Livre immortel des Campagnes d'Orient ne peut périr, pas plus que les Commentaires de César. Cela ira plus loin que le marbre et le Bronze. Le Livre vient de paraître il sera joint à la Description de l'Égypte. » Les allemands fondront en 1943 la statue sauf la tête remplacée par le maire de l'époque M. Charles FORGET, lointain prédécesseur de M. Jean Yves HOUSSEMAINE (le maire actuel) et certains concitoyens par un poids équivalent en bronze (une tête de la République !!! qui trônait dans la Mairie).

Jacques BADAULT et SMLH61
Photos fournies par M. Jacques Badault Bonaparte, Alexandrie et les aiguilles de Cléopâtre, la machine à graver, la Pyramide de Kheops et le Sphinx, le tissage du coton,


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