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Section de l'Orne

REMISE des INSIGNES de la LEGION d'HONNEUR à M. Jean Claude LENOIR, Parlementaire honoraire par M. Gérad LARCHER, Président du SENAT


Mme Isabelle David ancienne préfète de l'Orne, Préfète des Deux Sèvres,M. Morin Président du Conseil Régional de Normandie, M. Christophe de Balorre Président du Conseil départemental de l'Orne, Mme Véronique Louwagie député de l'Orne et son époux, M.Philippe Bas, Sénateur du Calvados, très attentif comme toute l'assistance, M. Vincent Ségouin,, Sénateur de l'Orne, Madame Françoise Moncada, Inspectrice d'Académie, Directrice des Services de l'Education Nationale de l'Orne et son époux Proviseur du prestigieux Lycée Saint Louis (le plus ancien de Paris, jadis Collège Harcourt , Madame Christine Romier et M. J.P. Blouet Vice-Présidents du CDM. M.Jean Marie Goussin, adjoint au Maire de l'Aigle, M. Jacky Desouche, Maire de Mortagne, M. Yves Deniaud, ancien parlementaire, M. Olivier Bitz, sous préfet de Mortagne


L'ambiance était très chaleureuse et les Salons de Boffrand très accueillants. Les allocutions étaient de très haute tenue. Celle de M. Gérard Larcher est reproduite in extenso car elle retrace parfaitement le caractère et la belle carrière de Jean Claude Lenoir « tout est exact » a souligné le parlementaire honoraire ""honoré" ce jour dans son allocution de réponse. Les deux hommes parlaient avec la force de leurs convictions, le Président du Sénat avec l'élan d'un roc dans une période troublée, notre ami Lenoir avec une sérénité et une émotion évidentes. Son parcours était retracé sur l'armature de l'historien enseignant qu'il avait été. Puis avec son engagement au service de ses concitoyens.Tout au plus pouvait on noter qu'il était plus Percheron qu'Ornais?. Est-ce un défaut de conserver en ces temps de mondiaisation forcenée l'esprit de clocher? Mais Mortagne a une si belle histoire (cf reportages actualités).


Cérémonie de remise des insignes de Chevalier de la Légion d'Honneur à M. Jean-Claude LENOIR,Mardi 19 février 2019


Messieurs les Ministres, Monsieur le Questeur, Madame, Messieurs les présidents de Commission, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, Monsieur le Président du conseil départemental de l'Orne, Mesdames et Messieurs les conseillers départementaux, Monsieur le Maire, Mesdames, Messieurs les Préfets, Mesdames et Messieurs,


Cher Jean-Claude Lenoir,


C'est avec grand plaisir que je vous accueille aujourd'hui pour vous remettre les insignes de Chevalier de la Légion d'Honneur.Nous honorons, aujourd'hui, non seulement un grand parlementaire, mais aussi un élu local fin connaisseur de nos territoires.Il est essentiel de comprendre comment un homme se construit au fil du temps et comment son engagement voit le jour. Vos premières années sont marquées par la guerre qui vient de s'achever sur cette terre normande durement éprouvée, elles sont marquées par vos parents : votre mère possède une petite librairie, votre père assureur qui parcourt ces paysages magnifiques du Perche et puis il y a Mortagne-au-Perche qui sera pour vous un repère, les marins normands parleraient d'« un Amer », un mot d'ailleurs d'origine viking : Merki

C'est dans ce décor que va naître votre attachement à la vie publique. Très vite, l'adolescent que vous êtes, assiste à des réunions politiques,

l'éloquence de François Mitterrand vous séduit, vous rencontrez Louis Mermaz qui se présentait sous l'étiquette UDSR -Mon père faillit être candidat avec lui au scrutin d'apparentement ! Alors à 15 ans, vous rêvez d'être parlementaire.Vous êtes déjà épris de liberté. Adolescent, avec vos frères et soeurs, il vous arrive de temps en temps d'aller à Orly le dimanche pour le seul plaisir de regarder les avions décoller, souvenez-vous de la chanson « Dimanche à Orly » de Gilbert Bécaud. Vous passez trois mois à faire le tour des États-Unis en dormant chez l'habitant. Vous demeurerez un grand voyageur, aimant vous ouvrir à d'autres cultures.


« Aimer, c'est trouver sa richesse hors de soi » disait le philosophe Alain, né à Mortagne-au-Perche.
Vous devenez Professeur au lycée Bignon de Mortagne-au-Perche, vous enseignez d'abord l'Histoire. « Historien j'étais, historien je demeure?! Notre pensée est mieux assise quand on se réfère à l'histoire », c'est de Jean-Claude Lenoir.
Le grand débat d'idées de mai 1968 va vous permettre de renouer avec la politique, vous montez à Paris pour faire Sciences Po, vous rencontrez le Député Aymar Achille-Fould proche de Jacques Chaban-Delmas, dont vous devenez, en 1970, le collaborateur, en même temps qu'administrateur du groupe centriste de l'Assemblée nationale.


Dans le même temps, vous vous engagez localement, dans l'Orne. Élu au Conseil municipal de Mortagne-au-Perche en 1971, vous devenez, a? l'âge de 27 ans, adjoint au Maire en charge des finances. Trois ans plus tard, Michel d'Ornano fait de vous son chargé de mission lorsqu'il devient Ministre de l'industrie. En 1978, vous rejoignez René Monory, alors Ministre de l'économie et des finances, comme Conseiller technique. Vous retrouvez ensuite le Ministère de l'industrie, d'abord comme chargé de mission au service des Chambres de commerces et d'industrie en 1981, puis comme Conseiller technique auprès d'Alain Madelin en 1986. Deux ans plus tard, vous intégrez la direction générale d'EdF, où vous êtes en charge des relations avec le Parlement et les élus.


Entre temps, vous êtes élu Conseiller général de l'Orne en 1981, puis Conseiller régional en 1986, vous devenez la même année Président de la Commission formation de la Région Basse Normandie. Vous êtes amené a? mettre en place une ambitieuse politique régionale d'investissement dans les lycées et Centres de Formations d'Apprentis.
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1989, Maire de Mortagne-au-Perche. « J'aime Mortagne où je suis né. Je n'ai jamais eu envie d'aller vivre ailleurs, j'ai toujours voulu que Mortagne soit attractive et dynamique », déclarez-vous. Marqué dans votre jeunesse par le décrochage de cette France qu'on ne nomme pas encore « périphérique », vous n'avez pas cessé de vouloir combler ce retard en dotant cette commune des équipements et de tous les services essentiels : salle de spectacles, piscine, pôle de santé, maison de la petite enfance, lycée public..Vous comprenez que l'intercommunalité est une chance pour votre commune. En 1994, vous participez à la création de la Communauté de communes du Pays de Mortagne-au-Perche, qui s'élargira progressivement pour s'étendre a? un bassin de population de près de 15 000 habitants.


Mais il vous fallait accomplir votre rêve de devenir parlementaire. « Ce que l'on veut faire, c'est en le faisant qu'on le découvre », c'est encore Alain ! (Émile Chartier). Vous devenez Député en 1993, vous êtes confortablement réélu a? l'Assemblée nationale a? trois reprises. Parlementaire assidu, vous vous investissez dans les questions touchant l'aménagement du territoire et les collectivités locales pour promouvoir le monde rural et les questions économiques notamment les questions énergétiques, dont vous vous affirmez rapidement comme l'un des spécialistes au sein du Parlement. Vous êtes ainsi le Rapporteur de trois des principales lois énergétiques : la loi relative au service public de l'électricité et du gaz (9 août 2004), la loi relative au secteur de l'énergie (7 décembre 2006) et la Loi portant nouvelle organisation du marché de l'électricité (7 décembre 2010). La loi de privatisation de gaz de France va donner lieu à des centaines de milliers d'amendements vous obligeant à siéger jour et nuit sans pouvoir rentrer chez vous pendant plusieurs semaines.


Les Gouvernements successifs vous confient des responsabilités dans le domaine énergétique. Vous êtes nommé Président du Conseil supérieur de l'énergie en 2002 lors de la création du Médiateur national de l'énergie, en 2007, vous vous voyez confier la mise en place de cette autorité publique indépendante chargée de proposer des solutions amiables aux litiges avec les entreprises du secteur de l'énergie et d'informer les consommateurs sur leurs droits.


Vous faites votre entrée au Sénat en septembre 2011, vous considérez que vos six années dans cette maison où la raison l'emporte toujours sur la pulsion, auront été parmi les plus belles de votre vie d'élu. Quoi de plus normal, vous qui êtes un homme de dialogue et de consensus. Vos collègues apprécient votre ouverture d'esprit et admirent vos talents d'orateur. Vous portez vos idées avec passion, vous savez séduire, vous savez convaincre. Vous réunissez toutes les qualités d'un grand orateur ! Je me souviens de l'échange improvisé que vous avez eu en latin avec Emmanuel Macron, alors Ministre de l'économie lorsque l'enseignement de cette langue était menacé. « Le but de l'éloquence est d'instruire les Hommes, et de les rendre meilleurs » Fénelon.


Au Sénat, vous faites un bilan de l'application de la loi Morin sur la reconnaissance et l'indemnisation des victimes des essais nucléaires français dans le cadre de la commission sénatoriale pour le contrôle de l'application des lois. Vous aidez plusieurs victimes afin qu'elles obtiennent la réparation de leurs préjudices.
Membre de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, vous êtes chargé avec le député Christian Bataille d'un rapport sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures non conventionnels.


En octobre 2014, vous êtes élu par vos pairs a? la présidence de la Commission des affaires économiques du Sénat. Lors de la crise agricole de l'été 2015, vous êtes amené dans ce cadre a? prendre des initiatives législatives dont plusieurs mesures entreront par la suite en vigueur telles que la baisse des cotisations sociales agricoles, l'obligation d'étiquetage, la prise en compte des coûts de production pour la fixation des prix payés aux producteurs, nous partageons ensemble la noblesse des éleveurs en lien avec les responsables agricoles.
Vous faites de la compétitivité de l'agriculture et de l'agroalimentaire français un cheval de bataille.


Lors de la loi de transition énergétique et vous bataillez contre l'objectif idéologique du gouvernement de l'époque de réduire la part du nucléaire dans la production électrique à 50 % en 2025, un nouveau projet de loi vient tout juste de vous donner raison !...Confronté aux échanges, parfois vifs, qui accompagnent la montée en puissance des enjeux environnementaux sur de nombreux sujets économiques, vous vous attachez a? dépassionner les débats.


En octobre 2017, a? l'échéance de votre mandat sénatorial, vous faites le choix de mettre un terme a? votre parcours parlementaire pour contribuer au renouvellement, laissant l'image d'un élu animé d'un esprit collégial, soucieux de créer les conditions d'un débat démocratique courtois, serein et propice a? l'émergence de solutions consensuelles. Une image qui est aussi la vôtre au plan local, où vous vous consacrez désormais a? la présidence de la Communauté de communes du Pays de Mortagne-au-Perche, au Pôle d'Équilibre Territorial Rural du Perche ornais et à cette mission d'insertion dans laquelle vous donnez des cours d'éloquence.


« Lorsqu'on regarde sa vie passée, on croit voir sur une mer déserte la trace d'un vaisseau qui a disparu » disait Chateaubriand que vous affectionnez. Le vaisseau n'a pas disparu. La trace est sillage. Oui, cher Jean-Claude, vous pouvez être fier, vous avez fait l'admiration de votre famille et de vos administrés sans oublier les parlementaires dont je suis. C'est cela que nous honorons aujourd'hui ! Un grand parlementaire ! Cher Jean-Claude Lenoir, en témoignage de reconnaissance pour votre engagement exemplaire au service de l'État, le Président de la République vous a nommé au grade de Chevalier de la Légion d'Honneur, c'est un grand privilège pour moi de vous remettre cette distinction.


Jean-Claude Lenoir, au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Chevalier de la Légion d'Honneur.

Photos SMLH61 etMme Sophie Primas, Sénatrice des Yvelines


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