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Section de l'Orne

Le Médecin Général Henri Claude Guenoun, 89 ans est décédé. Les obsèques ont eu lieu le Jeudi 3 juin en l'Eglise de Batilly, en présence de la famille et de nombreux amis pour la majorité masqués et respectant les distances de sécurité. L'office a été prononcé de façon très active par le curé de la Paroisse Saint Martin d'Ecouché le père Alexis de Brebisson. Les porte-drapeaux avaient précédé le cercueil en bois bi-ton très harmonieux. Posé sur ses tréteaux il était recouvert du drapeau tricolore sur lequel reposaient la casquette du Médecin Général et ses décorations notamment pour les Ordres nationaux : Officier de la Légion d'honneur, commandeur de l'Ordre national du Mérite. Les textes sacrés étaient lus par la belle fille d'Henri-Claude Guenoun, Virginie, née Marie, et ses petits-fils. Le Président de la SMLH61, le Dr Petitbon, représentant les membres de la SMLH61 et en particulier à sa demande, le DMD (délégué militaire départemental), le lieutenant-colonel Jérôme Thieulart, empêché, invité par le Père Alexis de Brébisson, prononçait quelques mots, rappelant que l'exercice militaire de son confrère était indissociable de l'exercice civil.


Ses illustres prédécesseurs, les médecins militaires coloniaux dont Laveran qui avait découvert le protozoaire du Paludisme et Yersin, découvreur du Bacille de la Peste qui porte son nom avaient donné aux populations souffrantes ce que la France à l'époque concevait de meilleur. Le Dr Petitbon rappelait que la médecine de guerre avait au cours du premier conflit mondial, paradoxalement, permis d'immenses progrès dans de nombreux domaines l'asepsie (liquide de Dakin, teinture d'iode en l'absence d'antibiotiques). La pénicilline, découverte par Alexander Fleming ne pourra être « industrialisée » (laboratoire Eli Lilly) et « commercialisée » que 13 ans plus tard en 1941. Elle sera utilisée, sans aucune pénurie, pour la première fois lors du second conflit mondial au cours de la campagne de Tunisie. La chirurgie maxillo-faciale avec les chirurgiens innovateurs parmi lesquels le Dr Gustave Ginestet, la radiologie mobiles avec Marie Curie, qui une fois la guerre terminée dépistera la tuberculose, l'instauration des postes avancés et mobiles de chirurgie, les ambulances et trains évacuateurs (tels ceux qui seront utilisés pour évacuer certains patients lourds atteints du Covid 19, rien ne se perd).


Le Médecin Général Guenoun avait participé téléphoniquement en 2018 aux informations du concours scolaire (labellisé par la Mission du Centenaire) sur les progrès de la médecine lors de la Première guerre mondiale, présidé par l'amiral (2s) Alain Coldefy, Président national de la SMLH dont c'était la première sortie officielle après son élection. Le Médecin Général ne se déplaçait plus car son épouse avait demandé sa présence constante (médecin traitant de son épouse il lui avait ainsi évité l'EHPAD) jusqu'à son décès le 1 er janvier 2017, après 60 ans de mariage, à Marseille, en août 1957. Depuis ce décès il vivait gérant son âge, évitant aussi à lui même un placement en EHPAD. Il a vécu dès lors, entouré de sa famille, notamment de son fils, Philippe, architecte DPLG, à Meudon, qui avait à 25 ans pris le nom de sa mère née LANLO.

Lorsque le Dr Guenoun a été étudiant en médecine à l'École militaire de santé de Lyon après avoir réussi le concours d'entrée en 1951, la base de son enseignement couvrait, outre les spécificités de la médecine militaire, les dégâts de la Siphyllis, de la Tuberculose, du Rhumatisme articulaire aigu avec ses répercussions cardiaques secondaires aux attaques du streptocoque. Ces trois maladies tuaient plusieurs millions de personnes par an en France. Elles ont été vaincues par les antibiotiques nés durant la seconde guerre mondiale. La médecine militaire devait dépister ces maladies et diriger les jeunes recrues de 20 ans, sortis de la campagne (à l'époque la France était pour 40% agricole) qu'elle voyait passer devant appareils de radio et stéthoscopes.


La carrière du Médecin Général Henri Claude Guenoun est claire comme la trace l'Ordre Général N° 29, signé le 30 novembre 1990, par le Général de Corps d'Armée Noël Charazain.

Officier de la Légion d'honneur, Commandeur de l'Ordre national du Mérite, le Médecin Général Henri Claude Guénoun, quitte aujourd'hui le service actif après une carrière de plus de 39 ans consacrée au Service de Santé des Armées.

Né le 20 janvier 1931 à Arzew (département d'Oran), il entre à l'Ecole de Santé de Lyon en octobre 1951 (après avoir réussi le concours du certificat PCB – Physique, Chimie, Biologie). Détaché à Marseille il est reçu docteur en médecine le 30 juillet 1957 (Thèse « Résultats éloignés de l'adoption » ).

Dès sa sortie de l'Ecole il rejoint l'Algérie où il sert comme médecin chef du 1er bataillon du 3ème régiment d'Infanterie Alpine. Une citation à l'Ordre de la Division avec attribution de la Croix de la Valeur Militaire avec étoile d'Argent témoigne de son courage et de son dévouement.


Après son stage à l'École d'application du Service de Santé au Val de Grâce, il retourne en Algérie où pendant trois années il sert au Sahara, à la compagnie méhariste de la Saoura puis à la compagnie saharienne à Beni Abbès. Promu médecin capitaine le 1er juillet 1960, il se fait remarquer par sa grande conscience professionnelle, son dévouement et sa compétence. Très apprécié de la population civile, sa valeur médicale s'affirme dans des conditions d'isolement mettant en relief son sens aigu des responsabilités.


De retour en métropole il assure pendant quatre ans les fonctions de médecin chef du Centre d'Instruction de l'Armée Blindée Cavalerie à Carpiagne.


Son premier séjour aux FFA (Forces Françaises en Allemagne) - commence en 1966, où pendant 3 ans il sert à Reutlingen comme médecin-chef du 2ème régiment de Cuirassiers. Nommé Médecin commandant le 1er janvier 1969, il quitte cette garnison pour Fribourg où il commence une longue et brillante carrière de direction.


Le médecin commandant puis colonel Guenoun va donner pleinement sa mesure de ses capacités de gestionnaire, d'organisateur et de conseiller technique d'aboird à la Chefferie de santé de la 3ème Division Blindée puis à la Direction du Service de Santé de MARSEILLE et de LYON.


Cette orientation de carrière définitive, sa très grande compétence et sa totale disponibilité sont reconnues par la Direction Centrale du Service de Santé où il est affecté de 1978 à 1986, tour à tour comme chef du bureau « Organisation Méthodes Informatiques » puis comme chf du bureau « Personnels Officiers » . A ce niveau de responsabilités, il s'investit totalement, marquant de sa griffe l'organisation informatisée de la gestion des personnels.


Promu au grade de médecin chef des Services le 1er octobre 1986 il rejoint pour la seconde fois le IIème Corps d'Armée et les FFA où il occupe successivement les postes de la chaine santé de la 2ème Brigade logistique puis de Directeur adjoint du Service de Santé.,A ces postes il s'avère un collaborateur remarquable en raison de sa rigueur, de sa très grande compétence, de sa totale disponibilité et de entier dévouement.


Il est nommé médecin général le 1er janvier 1988 et médecin chef de service hors classe le 1er mai 1990. Son comportement irréprochable, son sens aigu des responsabilités et son goût du commandement sa grande intelligence auront profondément marqué tous ceux qui ont eu l'heur de servir sous ses ordres.


Au moment où il rejoint la 2ème section du cadre es officiers généraux, je lui adresse mes plus vifs remerciements pour l'oeuvre accomplie et l'assure de ma profonde estime. Au nom des Forces Françaises en Allemagne et en mon nom personnel je forme les voeux les plus chaleureux pour lui-même et sa famille. Général de Corps d'Armée Chalazain, commandant le FFA


Cette brillante carrière repose sur une formation qui dénote une vision de l'avenir que le Médecin Général percevait
En effet de 1970 à 1986 il va passer successivement
en 1970 le Brevet militaire d'Officier de Défense NBC
(nucléaire, biologique et chimique auquel plus tard on a adjoint R pour radiologique),
le CES (Certificat d'Études Spéciales) pour la Statistique appliquée à la médecine (1971),
en 1975 Cours supérieur de qualification logistique de l'Armée de Terre,
en 1979 un Stage interarmées, d'organisation, méthodes, informatique,
un Stage au service central d'organisation et méthodes du Ministère de l'Économie et des Finances : analyse et amélioration du travail administratif, Techniques et matériels dans le travail administratif, informatique et gestion administrative,
en 1982 : Qualification de Spécialiste du Service de Santé des Armées,
et enfin alors que la retraite se profilait un besoin aigu de formation continue en 1986 la Qualification logistique du 3ème degré de l'Armée de Terre.


Ce parcours permet à la famille de conserver du Médecin Général Henri Claude Guenoun une belle image. L'Ordre général souligne sa compétence, son dévouement et sa disponibilité. L'énumération de ses formations dénote une vision de l'avenir, un besoin de savoir. On sait qu'il était courageux une citation à l'Ordre de la Division n'est pas très fréquente pour un médecin. Elle prouve qu'il a risqué sa vie. Son existence est exemplaire tant au niveau professionnel que familial. Son dévouement à son épouse en fin de vie, est digne de sa vocation de médecin. Ses petits-enfants et sa famille peuvent être fiers de leur parent. Les lecteurs du site et les membres de la SMLH61 apprécieront cette carrière et cette existence à sa juste valeur. SMLH61 Photos famille du Médecin Général Henri Claude Guenoun


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