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Section de l'Orne

Félix FRANEL notre ami,notre ancien trésorier, est parti dans son sommeil à l'EHPAD de Bellême dans la nuit du 10 au 11 février 2022. Il laisse la SMLH61 et ses 6 fils dans un extrême tristesse. Dans ses 90 ans toujours alerte de tête il nous laisse un grand vide. Habitué de l 'avoir au téléphone, il faisait montre d'une extrême droiture. Félix Franel ne peut laisser indifférent tous ceux qui l'ont connu ou croisé. Sa famille s'occupait de lui comme dans le bon vieux temps. Son épouse était dans une autre chambre de l'établissemen, atteinte d'une maladie chronique, mais il allait la voir constamment. Un beau couple, une belle vie. Une grande tristesse, un décès en douceur comme il le souhaitait. Félix Franel rejoindra le néant habité des célestes douceurs comme il le concevait..

Discours funérailles de papa, du 18/02/2022 : Arnaud

Quelle tristesse !


Papa, depuis ton départ il y a quelques jours tu nous manques tu nous manques terriblement et, cela s'est passé si vite. Peu avant Noël, nous devions nous réunir, comme on le fait lors des fêtes familiales et nous nous en réjouissions tous. Bien qu'affaibli par ton état de santé depuis l'AVC de notre mère à la fin de l'année 2018 tu restais toujours aux commandes de la fratrie FRANEL avec une extrême lucidité comme tu as toujours eue, et beaucoup de projets comme celui de faire revenir notre mère de l'EHPAD de Bellême à la maison familiale. Alors que nous nous relayions , chaque semaine, pour vous visiter à l'EHPAD, tous deux, puisque tu avais choisi de te rapprocher de notre mère au début de l'année 2021, nous apprenions , une semaine avant Noël, que tu avais contracté les 2 virus de cette satanée maladie, la COVID, et je pèse mes mots. Cela mit fin au projet de réunion familiale programmée de longue date. Toutefois, durant quasiment 3 semaines la maladie ne se manifestait guère, juste quelques symptômes, et nous conservions l'espoir qu'il en soit fini rapidement avec ce virus tueur.Mais, il en fut tout autrement puisque des problèmes respiratoires t'affectèrent de façon grandissante et, on connaît la suite, ta disparition le 11 février dernier dans ton sommeil.



Tu es né le 23 mai 1926 à Granville , dans la Manche. Tes parents s'étaient rencontrés quelques années auparavant à Paris. Notre grand-père, donc ton père, venu de Suisse, avait décidé de s'installer en France comme architectecte. De cette union naîtront 3 frères et soeur, dont une soeur aînée, Claude, et un frère jumeau, Pierre. A l'âge de 15 ans, ton père disparaît vous laissant tous trois orphelins. Afin de subvenir aux besoins de ta famille, ta mère et ta soeur notamment, tu t'engages alors dans l'armée pour 5 années. Tu avais alors 19 ans ! Tu intègres le 5ème escadron du RICM. De cet engagement, tu débarqueras à Haiphong, en Indochine, le 8 mars 1948, où tu connaîtras l'enfer de la guerre durant 30 mois. En août 1950, tu rentres en France et débarques en civil à Marseille. Ta mère s'oppose à ce que tu te ré-engages dans l'armée.S'ensuit alors l'aventure africaine.



En 1951, tu rejoins la Compagnie Française d'Afrique Occidentale (CFAO) au service achats. Tu en termineras directeur général d'une filiale, la FRANCAP, en 1982. Puis, tu fais la connaissance de notre mère, d'origine champenoise, soeur aînée d'une fratrie de 6 enfants. Une union sera célébrée en 1954. Naîtront alors 6 enfants, 6 garçons, entre 1955 et 1963 : Hugues, Hervé, Bruno, Xavier, Bertrand et Arnaud. 3 naîtront en Afrique, au Cameroun et 3 autres à Fismes, petit village de la Marne, où notre grand-père officiait comme notaire. Après dix années passées en Afrique, tu rentres définitivement en métropole au début des années 60 et, nous nous installons à Boulogne-Billancourt , puis à Viroflay.



Une nouvelle vie s'ouvre à toi, la vie associative et, tu ne cesseras de t'impliquer dans de nombreuses associations, sans oublier ton implication avec notre mère dans la vie religieuse, mais aussi la chasse et la pêche dont tu participeras aux ouvertures jusqu'à l'année 2016 tu as alors 90 ans. En 1977, tu prends la direction de la section des médaillés militaires jusqu'en 1984. n vue d'une retraite (qui n'en est pas vraiment une), vous acquérez avec maman une maison à Bellême en 1987, où vous vous installez définitivement en 1989. Tu y occuperas , durant 3 mandats, plusieurs fonctions dans la vie municipale comme conseiller, puis maire-adjoint. Tu piloteras notamment la réalisation de la station d'épuration comme Président du syndicat communal d'eau et et d'assainissement de Bellême, de 2001 à 2008.



En 1996, tu es fait Chevalier de la Légion d'Honneur, à Viroflay. Tu t'engages alors comme trésorier de la section de de l'Orne de la Société d'Entraide de la Légion d'Honneur devenue SMLH. En 2004, tu es fait Officier de l'Ordre National du Mérite, au titre de ton activité professionnelle à la CFAO, CFAO qui fut ton unique employeur durant 35 années. Enfin, en avril 2019, tu es gratifié de l'Honorariat de la SMLH pour ton action de trésorier à la demande du docteur PETITBON, Président de la section ornaise qui, en présence du Général LONY et du Colonel ANDRIEU, honoreront l'ensemble de ta carrière.



Je vais passer maintenant la parole :

- au général LONY puis,

- à Annick BEDARD, présidente de l'association de bienfaisance de la CFAO enfin,

- au docteur PETITBON, Président de la Société d'Entraide de la Légion d'Honneur.<



Le Président de la SMLH en l'église de Bellême prononçait à la demande de la famille un éloge funèbre ci-dessous.


Felix FRANEL nous a quitté mi février 2022. Dans la nuit. Doucement. Felix Franel était, son prénom le dit bien, un homme qui a été heureux. Six fils, belles filles petits fils et arrières petits enfants ont rempli et comblé l'existence de Thérèse et Félix. Il était en plus courageux le Général Lony vous l'a dit. 3 citations sont des critères qui ne trompent pas. Pour moi il était drôle, généreux et droit. C'est une figure de proue de l'Orne qui s'en va. Il n'aimait pas les forfaitures et en bon agent de renseignement, qu'il avait été en Indochine, il savait informer qui de droit. Ce n'est pas un hasard si c'est le sergent Félix Franel qui avait transmis le fanion du 5ème escadron du RICM régiment d'infanterie de Chars marine, autrefois, à son époque, appelé le Régiment d'infanterie colonial du Maroc, dissous en 2010 puis ressuscité ce 26 mai 2016, une cérémonie d'émotion et de fierté.



Oui Felix Franel me laissera un souvenir impérissable pour le reste de mes jours peu nombreux il est vrai. Nos coups de fils étaient toujours plaisants et nous permettait de fulminer contre cluster et task force les anglicismes de nos néo diafoirus. J'aimais faire les comptes avec lui. Son passage (35 ans) autodidacte (il n'aurait pas aimé l'anglicisme de self made man) de la base à haut dirigeant à la CFAO (la compagnie française de l'Afrique occidentale, qui certes débordait en AEF au Cameroun où sont nés les fils de Thérèse et Félix), la chaîne de supérettes africaine de l'époque, lui a laissé l'empreinte de la parfaite comptabilité avec ses chiffres minuscules. Cette compagnie me parle car j'ai vécu en AOF.



Le moment le plus fort était en fin d'année, la clôture de l'exercice. La banque lui avait fourni le bordereau du compte clos fin décembre et il était heureux de constater que les chiffres étaient au cordeau (au centime près). Il ne nous restait plus ensemble qu'à les mettre sur ordinateur une partie de franc amusement tant il était ignorant en informatique et moi en comptabilité. L'union fait la force et Mme Mistruzzi (comptable du siège) nous félicitait. Les comptes étaient simples et le résultat largement excédentaire. Les mécènes sollicités par ailleurs étaient généreux. Merci M. Caillaud.



Le siège, à ma demande, auprès du Président national, l'amiral Coldefy, a décerné à Félix Franel, le diplôme de Trésorier honoraire (peu l'ont reçu moins d'une vingtaine) et une médaille commémorative pour 16 ans de fonction. Une belle cérémonie familiale et amicale s'est tenue à Alençon au Conseil général le 20 avril 2016. Une fête chaleureuse, méritée et qui avait comblé Félix Franel.



Oui j'aimais vraiment Félix Franel, sa droiture et son passé civil réussis, sa période associative toujours dévouée et sa loyauté, j'insiste sur ce mot qui le caractérise. Les hommes lui ont offert : la possibilité de s'affirmer dans sa carrière d'autodidacte, je le répète, dans les responsabilités collectives, lorsqu'adjoint au maire, il avait créé la station d'épuration de Bellême, ajoutons sa période sous les drapeaux avec la Médaille militaire, la Croix de Guerre TOE ornée de 3 citations. L'Ordre national du Mérite (officier) et la Légion d'honneur en 1996 ont couronné ce parcours de vie. A bientôt Félix, Dieu auquel nous croyons tous les deux est en train de vous accueillir pour cette vie exemplaire. Il vous donnera la jeunesse qui, disiez-vous, vous a manqué, elle sera éternelle.



FELIX FRANEL à l'HONNEUR


Le Sergent Felix FRANEL transmet le fanion du 5ème escadron du RICM – Régiment d'Infanterie Colonial du Maroc (Actuellement Régiment d'Infanterie Chars Marine depuis mai 1956), créé en 1944.

Avec la mise en place du nouveau format de l'Armée de Terre baptisé « Au contact », le RICM récupère un escadron de combat. Renaît donc ainsi le 5e escadron ("Les Ours") qui, à l'époque escadron de réserve, était sorti de l'ordre de bataille en 2010.

Présidée par le colonel Etienne du Peyroux, chef de corps, la cérémonie de création de cet escadron s'est déroulée le jeudi 26 mai 2016 au quartier Le Pulloch, en présence d'une délégation de la 4e Section.

Originalité de la scénographie adoptée en ce jour particulier, c'est M. Félix Franel*, un sergent du 5e escadron en Indochine, qui, accompagné de l'adjudant-chef Rizzeto, président des sous-officiers, a sorti le fanion de la salle d'honneur pour le remettre au chef de corps sur le front des troupes. Ce fut un exceptionnel moment d'émotion pour notre grand Ancien de la 1re Section.

Recevant ensuite ce fanion des mains du chef de corps, le capitaine Alexandre Forestier est devenu le nouveau patron des "OURS". Bon vent au Capitaine !

Avec le président de la 4e Section, Gilles Chiron, et le drapeau porté par Éric Martin, étaient présents : Christophe et Adrien Alleau, Stéphane Léger, Lionel Loquet, Jean-Michel et Yvonne Soulas.

Symboliquement afin de transmettre à la nouvelle unité le glorieux passé du 5ème escadron, c'est Félix FRANEL* un ancien sous officier de l'escadron qui a été choisi. Instant de fierté pour cet homme, chef de groupe porté, trois fois cité pour son calme, son courage et sa lucidité dans les moments les plus difficiles.


Il a extrait le fanion de la salle d'honneur du régiment et l'a transmis au chef de corps sur le front des troupes. Trois jours après avoir fêté ses 90 ans M. Franel n'a pas seulement transmis un fanion de cuir sur lequel deux citations à l'ordre du Corps d'Armée ornent une croix de guerre des TOE. Comme d'autres avant lui, aux plus jeunes il a transmis cette flamme invisible qui ne s'éteint jamais. Témoignage vivant d'une génération de combattants mais aussi de l'ardeur au combat du RICM, dans un acte chargé de sens et hautement emblématique, il a passé le relais aux "Marsouins du Centenaire"

Qui est *Félix Franel ?



Les intervenants de ce 20 avril 2019 vont retracer le parcours de cet homme d'exception, qui explique cette remise de fanion au 5ème escadron du RICM (Régiment d'infanterie coloniale du Maroc régiment célèbre pour ses faits glorieux depuis août 1914 (date de sa naissance, engagé dès le 17 août, créé officiellement le 9 juin 1915 ) -1918. Il est le régiment français le plus décoré (Légion d'honneur, Médaille militaire, Croix de Guerre 1914/1918 avec 10 palmes, Croix de Guerre 1939 - 1945 avec 2 palmes, Croix de Guerre des TOE avec 5 palmes, Croix de la Valeur Militaire avec 2 palmes, Cravate bleue de la Presidential Unit Citation et Ordre portugais de la tour et de l'épée) , devenu en 1958 le Régiment d'Infanterie Chars de Marine.



Après les remerciements à M. Christophe de BALORRE, Président du Conseil départemental de l'Orne qui a bien voulu mettre à la disposition de la SMLH61 la salle d'Ecouves, M. RALLU nous accueillait, le président de la SMLH61 le Dr Pierre Petitbon excuse les personnalités qui ont manifesté leur regret de n'être pas présents. Mme Colette Roulleau Dugage souffrante, récente officier de l'ONM, M. Jean Claude Lenoir, parlementaire honoraire en pélerinage dans les terres saintes, M. Segouin, sénateur, Mme Louwagie député, M. Pueyo, député, Mrs Collin, Delange membres de la SMLH61 entre autres. Le Président remercie de sa présence le Lieutenant Colonel Jérôme THIEULART notre DMD , M. Aimé LEBOT président des Médaillés militaires de l'Orne, M. Mostefa MAACHIPrésident de l'ANMONM. Le Président excuse l'absence de Mme Roimier, Vice Présidente du Conseil départemental et membre de la SMLH61 qui est de réunion familiale pour Pâques. Dans l'assistance outre les Présidents de comité, le Colonel A. MARTIN, Mme Anna GERBET, Mme Françoise LEBLOND, M. Bernard de VAUCELLES, Mme G. BUREL, le colonel GANTIEZ, M. DESCLOS, M. BOSCHER, les 6 fils de Félix et Thérèse Franel, (Hugues, Arnaud, Hervé, Bruno, Xavier, Bertrand et 4 petits fils et filles Aymeric, Yvan, Laura, Ida) et les conjointes. Mme Magali OZOUF , directrice de l'ONACVG de l'Orne, le Lieutenant<<-colonel Yvez DUPREZ, délégué générakl déprtemental du "SOUVENIR FRANCAIS" s'étaient malheureusement excusés.

*M. Félix Franel, âgé de 93 ans, s'est engagé pour 5 ans en 1945, il a servi au 5ème escadron du RICM (cf la première partie de l'article) entre 1947 et 1950. Il reçoit le Diplôme de l'Honorariat de la SMLH le 20 avril au Conseil Départemental de l'Orne.


Le Président cède la parole au Colonel René ANDRIEU auquel succèdera le Général Maurice LONY pour retracer le parcours militaire et civil de Félix Franel.



Le Colonel René ANDRIEU


« Je cite : Sous officier d'élite qui ne cesse de se distinguer par une activité et un courage remarquables. Occupe avec un plein succès les fonctions d''officier de renseignement de KHESAT. Le 28 décembre à PHUC XA(Tonkin) a récupéré personnellement deux fusils lors d'une brillante action. Le 8 mai déguisé en paysan, s'enfonce avec ses partisans profondément en zone rebelle, réussit à atteindre le PC du comité de résistance du HUXEN, arrêtant le Président de ce comité et de nombreux membres, récupérant un pistolet et de nombreux documénts importants. A fait durant toutes ces opérations l'admiration de tous ».


Cette troisième citation en moins de deux ans d'Indochine au Corps d'Armée est significative de ce jeune sous-officier du RCIM (Régiment Colonial d'Infanterie du Maroc) de 23 ans. Nous ne nous étendrons pas sur cette phase militaire car notre ami saint Cyrien, le Général de Division Maurice Lony va le faire. Elle est cependant essentielle au début de l'évocation de cette aventure exceptionnelle qui dure encore !


Que va devenir en Août 1950 le jeune sous-officier qui rentre en France et débarque en civil à Marseille sur ordre du Commandement pour ne pas affronter l'hostilité des manifestations d'orientation marxiste-léniniste qui attendent les jeunes qui débarquent. Il aurait pu avec succès se présenter au concours semi-direct des officiers de l'École Militaire Interarmes (EMIA) qui a Coëtquidan aux côtés de Saint Cyr forme des officiers sortis « du rang ». Il aurait pu devenir Colonel ou général à condition de n'être pas tué en Algérie ou ailleurs. Sa mère s'y oppose, il obéit.



Commence, alors, l'aventure du Commerce international ». En 1951, salarié de la Compagnie Française de l'Afrique occidentale (CFAO) il procède aux achats destiné aux approvisionnements de la métropole pendant de plus deux ans. Il épouse Thérèse puis toujours au Cameroun devient père de trois garçons. A la fin du séjour il est Directeur des Affaires Marchandises. En 1960 de retour en France il devient Directeur des Achats alimentaires. Puis en 1982 Directeur Général d'une filiale de la CFAO.



En 1977 apparait l'activité associative qui va le saisir jusqu'à aujourd'hui. C'est une troisième aventure à laquelle sont confrontés bon nombre de ceux qui sont présents aujourd'hui. Qu'ils en soient remerciés. Il prend la direction de Viroflay de la section des Médaillés Militaires. Il la conserve jusqu'en 2004.



En 1987 avec l'achat à Bellême d'une résidence secondaire qui deviendra principale deux ans plus tard. La nouvelle aventure de la représentation municipale l'occupe dorénavant. Il réalise en particulier la station d'épuration de Bellême. Cette aventure beaucoup d'entre vous ont été ou sont confrontés : félicitations. Cela fait beaucoup d'aventures pour Félix Franel. Il ne faut pas oublier qu'il est père de six fils en pleine forme et de nombreux petits enfants. C'est pour cela qu'en 2008 il renonce à la vie municipale.



On rappelle A Viroflay en 1996, Chevalier de la Légion d'honneur, il devient trésorier de la Section de l'Orne de la SEMLH (Société d'Entraide de la Légion d'honneur devenue SMLH il y a 5 ans) et il l'est toujours. C'est la raison de notre présence ici aujourd'hui. Il est par ailleurs depuis 2004, Officier de l'Ordre national du Mérite. On souligne que son charisme lui a valu de transmettre le fanion de « l'OURS » cela est relaté en début de reportage. Félicitations Félix Franel.

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Le Général LONY intervient à son tour Le Général n'était pas certain que son intervention soit légitime mais il croisait Félix Franel en achetant leurs gazettes dans la maison de la Presse de Bellême et le Général était apprécié de notre trésorier. Mais voilà qu'en se penchant sur la biographie de Félix Franel le Général Lony voit percer la filiation.


C'est à la demande de M. Franel que je prends maintenant la parole. Pour retracer le parcours trop bref au service des armes de la France. A vrai dire, je ne me trouvais aucune légitimité particulière pour le faire. Mais en prenant connaissance de vos états de service je me suis rendu compte qu'il existait une sorte de filiation entre nous. En effet au moment où il quittait l'Indochine , théâtre de ses exploits que je vais avoir l'honneur de décrire et commenter, à l'été 1950 donc, ma mère me mettait au monde à Saïgon. Oui M. Franel vous et mon père étiez compagnons d'armes, tous les deux marsouins lors de cette guerre d'Indochine qui a tant marqué ceux qui y ont participé.


Mais oublions mon père pour nous intéresser à ce jeune caporal-chef, débarqué à Haiphong le 8 mars 1948 et qui en mars 1949 remplit quotidiennement une mission d'ouverture de route à la tête de son groupe de jeeps mitrailleuses. Mission, ô combien périlleuse sur des axes régulièrement piégés et propices aux embuscades visant à instaurer un climat d'insécurité. C'est dans l'accomplissement de cette mission que vous méritez votre première citation à l'ordre de la brigade avec attribution de la Croix de Guerre des TOE (Théâtre d' Opérations Extérieures) avec étoile de bronze.


L'année 1949 se termine pour vous par une deuxième citation. Là encore pour un deuxième assaut audacieux contre une position ennemie couronnée de succès. Vos actes de bravoure sont récompensés par une promotion au grade de sergent. Mais vos chefs ne se contentent pas d'apprécier votre courage, ils identifient vos compétences et vous confient les fonctions d'officier de renseignement. Dans ce nouveau rôle vous multipliez les raids victorieux.



Le 22 février 1950 vous vous emparez du fanion de la compagnie du Viet Minh n°29 infligeant de ce fait d'une défaite humiliante à vos adversaires de l'époque. En mai 1950 nouvel exploit qui résume à lui seul toutes les qualités qui font de vous un soldat d'exception. Mais je ne reviendrai pas sur cette opération à haut risque déjà détaillée par le colonel Andrieu. Cette fois-ci c'est à l'ordre du corps d'armée que vous êtes cité avec l'attribution de la croix de guerre des TOE avec étoile de vermeil.



Que nous disent de M. Franel ces actions de combat victorieuses ?. Les textes des citations sont toujours intéressants à décrypter au-delà du rappel des faits concrets qui se sont déroulés sur le terrain. En ce qui le concerne on emploie les mots : intelligent, calme, bravoure, sous-officier d'élite, plein succès, sens tactique, esprit de décision, admiration de tous. En fait ces citations décrivent un chef dans tous les sens du terme, celui qui sait établir une relation de confiance avec ses hommes, une confiance qui fait qu'ils sont prêts à le suivre au bout du monde.



Oui ses exploits il ne les a pas accompli seul, il les a accompli avec ses hommes qui se savaient aimés de lui. Car c'est sur ce point que je voudrai terminer ce bref survol de sa carrière militaire. Le sergent Franel a été un chef profondément humain et je sais qu'il garde autant en mémoire les pages glorieuses que nous venons d'évoquer que la perte de ses camarades de combat qui ont donné leur vie en se battant pour le succès des armes de la France. Il était naturel que la République reconnaisse un jour ses mérites en lui attribuant, la Médaille militaire, l'Ordre National du mérite et la Légion d'honneur avant de le promouvoir officier du mérite national.



Félix Franel répondait avec émotion Je souhaite remercier les divers intervenants qui se sont exprimés aujourd'hui. D'abord le Dr Petitbon initiateur de cette réunion puis le général Lony et le colonel Andrieu. Je les remercie de ces propos élogieux qu'ils viennent de tenir à mon égard et j'informe l'auditoire que je ne vais pas les importuner par un long discours qui ne pourrait être qu'insipide.



Je ne parlerai pas de mon activité civile bien qu'elle ait duré 35 ans Je dirai simplement quelques phrases sur ma période militaire en Indochine. J'ai servi durant 30 mois, j'ai réalisé un journal de marche. Un exemplaire a été donné au général SIMON auprès duquel je combattais en haute région tonkinoise alors qu'il était lieutenant-colonel. Peu de temps avant sa mort il m'a dédicacé son livre »La Saga d'un Français libre » dans les termes suivants : A Félix FRANEL, en mémoire de nos combats sur la RC4 avec l'expression de mon amical souvenir » Signé Général Jean SIMON, chancelier de l'Ordre de la Libération. Le deuxième exemplaire a été donné au RICM, cette unité prestigieuse à laquelle j'appartenais et auprès de laquelle j'ai servi durant tout mon séjour indochinois.



Mon activité militaire, principalement dans le delta tonkinois fut pleine de risques et de surprises. Un certain jour proche du terme de mon séjour, nous sommes tombés sur un document précisant que ma tête était mise à prix. Ceci entraîna immédiatement mon transfert à HAIDUONG au PC de l'escadron. C'est avec regret que je quittais mon poste de KHESAT mais il paraissait que le processus était engagé sous la forme, vraisemblable d'une trahison 15000 piastres c'est élléchant.


Trois semaines après j'étais rapatrié vers la France Après un congé de fin de campagne je quittais définitivement l'armée malgré les pressions effectuées pour que je continue ma carrière. Voilà ce que je voulais simplement vous dire. In fine j'ajouterai que tout cela peut paraître admirable mais il m'a manqué quelque chose : je n'ai pas eu de jeunesse.

SMLH61



Un délicieux et copieux buffet de l'" L'Entracte" attendait l'assistance à la fin de la cérémonie.

M. Felix Franel est le Trésorier de la Société des membres de la Légion d'honneur de l'Orne depuis plus de 16 ans. C'est à ce titre que l'Honorariat lui est décerné officellement ce 20 avril par la SMLH, l'Amiral Alain COLDEFY, Président., le Contrôleur Général Christian PIOTRE, secrétaire général.

Pour mémoire récapitulatif : Croix de Guerre TOE (1949), Médaille militaire (1960), Chevalier de l'ONM (1985), Chevalier de la Légion d'honneur (1996), Officier de l'ONM (2004), Honorariat SMLH (2019).

Les anciens du 5ème escadron du RICM et le CBA (H) A HENAFF, Photo D.R.et Photos A.Martin et Arnaud Franel


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