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Section de l'Orne

Allocution de Madame Françoise TAHERI, préfète de l'Orne, à l'occasion du bicentenaire de la Mort de Napoléon Bonaparte
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Cérémonie du 5 mai 2021



Monsieur le vice-président du conseil régional,
Messieurs les maires,
Madame, messieurs les membres du corps préfectoral,
Mesdames et messieurs les représentants des autorités civiles et
militaires, en vos grades et qualités,
Monsieur le président de la société des membres de la Légion
d'Honneur,



Le 31 mai 1811, aux alentours de 18h, un équipage exceptionnel franchit les portes de la ville d'Alençon. Plusieurs fois envisagé et toujours remis, le voyage officiel du couple impérial est très attendu. Traversant une ville en liesse, Napoléon Bonaparte est alors à l'apogée de sa gloire. Victorieux des russes et des autrichiens, il espère vaincre l'Angleterre par l'application rigoureuse du blocus continental. Le préfet de l'Orne, Joseph Lamagdelaine, est chargé de recevoir l'Empereur et sa seconde épouse Marie-Louise, qui séjourneront ici même, au sein de l'hôtel de Guise, jusqu'au 2 juin 1811.


Ainsi que l'a rappelé le colonel Duprez, la visite de Napoléon Bonaparte marquera durablement la ville d'Alençon. Après son voyage, il prendra la décision de faire ériger le palais de justice de la ville et de transférer la prison vers le château des Ducs. Il envisagera également la construction d'un lycée pour 200 élèves pensionnaires. Alors que nous commémorons aujourd'hui le bicentenaire de sa mort, cette rapide évocation suffit à démontrer combien le grand homme a pétri de ses mains notre pays, notre État, notre Nation.
Napoléon Bonaparte sait le caractère profond et irréversible de l'aspiration révolutionnaire, mais saisit également la fragilité, lecaractère réversible de ses institutions.


Nous avons fait le roman de la Révolution, il faut en commencer l'Histoire, dira-t-il en 1800 devant le Conseil d'État. Il s'agit d'arracher la Révolution aux responsables du désordre et d'en inscrire les principes à l'intérieur d'institutions, dont seul un pouvoir fort est à même de garantir la stabilité. D'affirmer le caractère indissociable de l'épanouissement de ces principes – la souveraineté populaire, la liberté civile, l'égalité devant la loi – avec l'affirmation pleine et entière de l'autorité de l'État. En quelques années, en quelques mois presque, le Premier Consul s'attache à poser les fondations de notre État moderne.


C'est à sa tête, un ministère concentré, assisté d'un Conseil d'État.Dans les départements, c'est la création par la loi du 28 pluviose an VII des préfets et la mise en place d'une administration solide à l'échelon
local. Dans la France de 1800 encore agitée par des troubles et des désordres, les préfets sont les garants du rétablissement de l'ordre public dans le pays, mais aussi, au-delà de cette oeuvre de stabilisation, l'incarnation de l'autorité et de la permanence de l'État, du lien entre l'État et la Nation en transmettant avec "la rapidité du fil électrique," sans interruption du ministre à l'administré les décisions des autorités, en faisant vivre les bases inébranlables d'égalité et de liberté.


Lucien Bonaparte, ministre de l'intérieur dira dans sa missive adressée aux préfets : " Ralliez tous les coeurs dans un sentiment commun, l'amour de la patrie dirigez les volontés vers un but unique, le bonheur de tous. L'influence de vos travaux peut être telle que dans quelques mois, le voyageur parcourant votre département, dise avec une douce émotion : ici administre un homme de bien .


L'oeuvre institutionnelle considérable de Napoléon Bonaparte c'est aussi le code civil, l'organisation de l'armée et de la conscription. C'est la création de la Cour des comptes, de la Banque de France et du franc germinal, du baccalauréat, des grandes écoles d'ingénieurs. C'est l'institution de la Légion d'Honneur, pour récompenser les services civils et la valeur militaire. Toutes ces institutions, qui jaillissent de l'esprit de Napoléon Bonaparte, demeurent aujourd'hui encore après avoir traversé, presque sans changement, huit régimes politiques et deux siècles d'histoire.


L'action de Napoléon Bonaparte recouvre aussi, et je ne l'ignore pas, des fautes et des abominations, parmi lequel figure le rétablissement de l'esclavage. Parce qu'il ne faut pas oublier ce crime contre l'humanité, je présiderai personnellement le 10 mai la cérémonie qui sera organisée pour la première fois à Alençon, la " journée nationale des mémoires, de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions ?.


La figure de Napoléon n' est plus consensuelle et soulève des passions. J'ai répondu au désir de commémorer l'héritier de la Révolution française qui a consolidé l'oeuvre révolutionnaire par la création d'institutions qui ont démontré leur solidité face aux épreuves et aux évolutions profondes qui ont marqué notre pays tel ce chêne, symbole du corps préfectoral, auprès duquel je vais maintenant dévoiler une plaque, en hommage à Napoléon Bonaparte dont nous
commémorons aujourd'hui le bicentenaire de la mort.
Je vous remercie d'être présent à la cérémonie.

Mme Françoise TAHERI, Préfète de l'Orne, Photos Préfecture et SMLH61


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